L’année 2018 a débuté avec un homicide sur la rue Paillard, le premier des quatre meurtres à survenir sur le territoire du SPS l’an dernier.

Les meurtres de 2018 font grimper l’indice de gravité de la criminalité

Avec quatre meurtres sur le territoire en moins d’un an, pas étonnant de voir l’indice de gravité de la criminalité augmenter à Sherbrooke pour l’année 2018. C’est ce qui ressort des données publiéewwws par Statistique Canada pour la région sherbrookoise l’an dernier.

Globalement, le taux de criminalité est en baisse depuis les dix dernières années. L’an dernier, il se situait à 3991 cas pour 100 000 habitants.

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Les quatre homicides ont fait mal à l’indice de la gravité de la criminalité, au chapitre des crimes contre la personne qui a augmenté de 12,75 pour cent par rapport à 2017. Si on inclut tous les cas, l’indice est en baisse d’un pour cent, à 54,07 pour cent.

« Les quatre meurtres ont fait augmenter l’indice. Quatre homicides ce n’est vraiment pas habituel. À Sherbrooke, c’est plus un ou zéro par année », commente Philippe Paultre, chef de la section données et projets spéciaux du Service de police de Sherbrooke (SPS).

« Ce sont des événements qui n’ont aucun lien entre eux et qui ont tous été résolus. »

L’année a commencé par une triste affaire sur la rue Paillard le 8 janvier. L’aîné d’une famille de dix enfants, Tom Néron, a tué sa mère Arlène Girard à l’aide d’un couteau. L’individu de 36 ans a été reconnu non criminellement responsable pour troubles mentaux du meurtre pour lequel il était accusé. 

Le SPS a aussi enquêté sur une affaire d’homicide involontaire coupable d’un bébé secoué. Le père de 19 ans a été accusé dans cette affaire.

François Asselin a été accusé du meurtre au deuxième degré de son collègue de travail François Lefebvre. Deux scènes de crime avaient été faites à l’hôtellerie Jardin de ville et dans le parc industriel de Sherbrooke où le corps du déménageur de Trois-Rivières avait été retrouvé le 17 mai dernier. Asselin est aussi accusé du meurtre de son père à Trois-Rivières.

Le 18 juillet 2017, Félix Bergeron a été tué à son logement de la rue Sanborn au centre-ville de Sherbrooke. Robert Sargeant, William Pratte et Brandon Vaillancourt sont accusés du meurtre au deuxième degré du jeune homme de 21 ans.

Les agressions sexuelles en hausse

Le taux d’agressions sexuelles signalées à la police canadienne a encore augmenté au pays en 2018, relève Statistique Canada, et il ne semble pas y avoir d’essoufflement dans le nombre de plaintes déposées par les victimes, près de deux ans après que le mouvement de dénonciation #MoiAussi soit devenu viral. L’année 2018 a connu une hausse des agressions sexuelles rapportées à la police de 15 pour cent. En tout, quelque 28 700 crimes de cette nature ont été déclarés aux forces policières l’an dernier, soit 78 pour 100 000 habitants.

On remarque aussi le phénomène du côté du SPS, ajoute M. Paultre. « Les gens se déplacent au quartier général du SOS et viennent poser des questions. Ils veulent savoir si tel ou tel geste est illégal », dit-il.

« On sent qu’ils sont plus sensibilisés et tolèrent moins les gestes déplacés. Il y a eu plus de dénonciations. »

Les crimes contre la propriété sont en baisse de 10 pour cent, poursuit Philippe Paultre. Après une vague d’introductions par effraction sur le territoire du SPS en 2017, on a médiatisé le phénomène en 2018, ce qui a eu un effet positif, soutient-il.

« Globalement, le taux de criminalité baisse, mais le travail des policiers a évolué. Nous faisons plus de relations d’aide. C’est plus de travail pour nous quand même », précise-t-il.

« C’est pour cela que nous nous sommes ajustés. Des équipes spéciales ont été mises en place, notamment en intervention en santé mentale. »

On devra aussi se mobiliser contre le vol d’identité et l’utilisation de faux documents, souligne M. Paultre.