Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) exige des actions immédiates du gouvernement de François Legault pour contrer la sévère crise du logement qui frappe durement plusieurs régions du Québec.

Les logements encore plus rares dans la région

Les loyers se font encore plus rares à Sherbrooke. Le taux d’inoccupation des appartements locatifs de la région continue sa chute.

Pour la région métropolitaine de recensement (RMR), il a atteint 2,3 pour cent en 2019, annonce la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Ce taux se situait à 2,6 pour cent en 2018 et à 5,3 pour cent l’année précédente. En 2003, à son plus bas, le taux avait chuté à 0,78 pour cent.

Le taux général de logements inoccupés est maintenant à 1,8 % dans la province et a diminué dans toutes les régions métropolitaines. 

Conséquence directe de cette rareté, l’explosion du prix des loyers, les propriétaires profitant du peu d’offres pour exiger des augmentations au-delà de ce que la Régie autoriserait, craint le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). 

Pour sa part, le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) exige des actions immédiates du gouvernement de François Legault pour contrer la sévère crise du logement qui frappe durement plusieurs régions du Québec.

On s’éloigne de plus en plus du taux d’équilibre de trois pour cent pour s’assurer que tout le monde ait un logement, selon Normand Couture, coordonnateur de l’Association des locataires de Sherbrooke. Il redoute que les gens aient davantage de difficulté à se trouver un logement dans les prochains mois. 

« On sent déjà les conséquences, fait valoir M. Couture. Les propriétaires de logements ne sont pas fous, ils savent qu’il y a une rareté de logement. Les prix montent. Les lettres d’augmentation de loyer commencent à entrer. »

« Ce n’est pas facile de trouver un loyer quand tu as un revenu modeste. Aussi, les propriétaires sont plus sélectifs dans leur choix de locataire, même s’ils n’ont pas le droit. »

Le 1er juillet dernier, 13 ménages étaient à la rue à Sherbrooke. En 2003, lors de la pire crise du logement à Sherbrooke, une vingtaine de ménages s’étaient retrouvés sans logement, se souvient M. Couture. 

« On peut penser que ça sera encore plus prononcé l’été prochain que l’été dernier », anticipe-t-il.

« À Sherbrooke, il y a 6000 ménages qui déboursent 50 pour cent et plus de leur salaire pour se loger. Il nous faut du logement social. Le gouvernement doit faire plus. Plusieurs projets n’ont pas été réalisés. »

Normand Couture

La démolition annoncée de plusieurs immeubles à logements sur la rue Galt Ouest n’arrange pas les choses, enchaîne-t-il. «Ces logements seront remplacés par du logement social, mais en attendant les gens qui y résidaient ont dû se trouver un autre appartement. Ça a fait augmenter la demande c’est certain.»

«Il se construit des logements à Sherbrooke, mais ce sont surtout des unités de luxe.»

Depuis 2002

Les taux d’inoccupation des appartements locatifs ont atteint l’an dernier leur plus bas niveau depuis 2002, après une troisième année consécutive de baisse, a indiqué mercredi la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

Le taux d’inoccupation national pour les appartements construits à des fins de location était de 2,2 %, contre 2,4 % en 2018, toutes catégories confondues, a précisé la SCHL. Le taux d’inoccupation des logements en copropriété était de 1 %, contre 1,4 % l’année précédente.

Le taux d’inoccupation des logements locatifs à Vancouver était de 1,1 %, ceux de Toronto et de Montréal étaient de 1,5 %, et de celui de Halifax, de 1 %. Les taux d’inoccupation des copropriétés étaient de 0,3 % à Vancouver et de 0,8 % à Toronto.

À l’échelle nationale, les loyers moyens ont augmenté de 3,9 % pour un appartement locatif de deux chambres en raison du resserrement des disponibilités. Il s’agissait du rythme de croissance des loyers du même échantillon le plus rapide depuis 2001.