Le thérapeute du Phœnix de Sherbrooke, Nicholas Borrelli, considère l’ammoniaque comme étant nocive et n’accepterait en aucun cas la présence de cette matière sur le banc de son équipe ou dans le vestiaire. La substance est d’ailleurs interdite dans la LHJMQ.

Les jeunes hockeyeurs estriens se tiennent loin de l'ammoniaque

L’utilisation d’ammoniaque ne semble pas problématique dans le monde du hockey mineur ou dans des ligues de haut niveau, comme la LHJMQ. Tous semblent d’accord pour dire que les jeunes hockeyeurs de la région se tiennent normalement loin de cette substance « nocive » et « interdite ».

« Nous partageons le code d’éthique du joueur à tout le monde et il est bien inscrit de s’abstenir de consommer de l’alcool et des drogues, avance Jasmin Gaudet, directeur général chez Hockey Estrie. Le dopage sportif est également proscrit, bien évidemment. Même si le sel d’ammonium ne se trouve pas dans la liste de produits dopants de l’Agence mondiale antidopage ou de Hockey Canada, ce produit n’est pas toléré chez nous. »

À LIRE AUSSI: Inhalation d’ammoniaque: aucun impact sur les performances, disent des experts

Un jeune ingère de l’ammoniaque par erreur lors d'une partie de hockey

Rappelons qu’un hockeyeur de 17 ans de Granby a subi d’importantes brûlures à la bouche, à la gorge et à l’œsophage après avoir bu par accident une solution à base d’ammoniaque que certains de ses coéquipiers inhalaient afin d’améliorer leur performance sportive.

« L’ammoniaque irrite le nez et les poumons, ce qui va faire en sorte de respirer plus rapidement, informe le thérapeute du Phœnix de Sherbrooke, Nicholas Borrelli. Ça n’a aucun effet bénéfique sur les performances sportives. Et ça l’engendre plus de risques que de positif. Pour cette raison, on ne permet pas aux joueurs d’utiliser cette substance nocive chez le Phœnix, parce que c’est dangereux. »

Même si certains joueurs de la Ligue nationale de hockey utilisent le sel d’ammonium avant de sauter sur la patinoire, la Ligue de hockey junior majeur du Québec a établi en juillet 2016 que son utilisation est strictement interdite dans l’entourage des équipes, tant lors d’un entraînement que lors d’une partie.

La LHJMQ annonçait alors l’imposition d’une amende de 1000 $ à l’organisation si cette dernière se faisait prendre avec ce genre de produits. La directive a de nouveau été envoyée mardi. Dans le passé, la pratique était commune.

« Ces produits contiennent un gaz qui est dissous dans du liquide qui dégage une odeur très forte, stimulant la muqueuse nasale et provoquant une stimulation très brève du système nerveux central, pouvait-on lire dans l’avis envoyé. Il n’est aucunement démontré que cette stimulation ait un impact positif sur une augmentation durable de la vigilance et encore moins de la performance. Cependant, il s’agit quand même de produits irritants pour les muqueuses nasales, dont l’utilisation est néfaste pour la santé de nos joueurs. »

La Santé publique de l’Estrie en a également profité mardi pour mettre en garde contre l’utilisation d’ammoniaque lors de la pratique d’activités sportives.

Les équipes des Harfangs de Sherbrooke saisiront aussi la balle au bond. 

« Je n’ai jamais vu un joueur respirer les vapeurs d’ammoniaque, assure l’entraîneur-cadre des Harfangs, Mathieu Boutin. On encadre bien nos athlètes en ce qui concerne les suppléments et les drogues. On n’a jamais senti le besoin de parler d’ammoniaque à nos joueurs, mais à l’avenir, on les sensibilisera certainement là-dessus par précaution. »