La directrice de la santé publique en Estrie, la Dre Mélissa Généreux

Les enfants de l’Estrie sont plus vulnérables qu'ailleurs au Québec

Environ 1500 enfants de l’Estrie sont vulnérables dans au moins un domaine de développement à leur entrée à la maternelle, soit une proportion plus forte que la moyenne du Québec.

Tel est l’un des constats tirés du portrait de santé et bien-être des enfants de l’Estrie présenté par la directrice de la santé publique de l’Estrie, la Dre Mélissa Généreux, vendredi.

En conférence d’ouverture du Forum international sur la santé maternelle et infantile du Carrefour de solidarité international de Sherbrooke (CSI), Dre Généreux a tiré plusieurs constats sur la santé des enfants de la région.

Dans les domaines de la maturité affective, les compétences sociales et le développement cognitif et langagier, la proportion d’enfants de la région dépasse la moyenne québécoise, selon les données de 2017 concernant les enfants de cinq ans.

« On constate que ça va moins bien en Estrie qu’ailleurs au Québec et ça se détériore dans le temps », remarque la directrice de la santé publique en Estrie.

La proportion d’enfants vulnérables est passée de 26,8 % en 2012 à 29,4 % en 2017, alors que cette proportion est de 27,7 % dans le reste du Québec. 

Pour l’Estrie, les hausses sont plus marquées dans les MRC du Val-Saint-François avec un taux de 34,6 % et de la MRC de la Pommeraie à 35,9 %. 

« Il faut s’en préoccuper. L’enjeu avec la vulnérabilité des enfants touche des sphères assez larges. Ça ne repose pas sur une seule organisation. Oui le réseau de la santé, des services sociaux et la santé publique doivent s’en préoccuper. Les milieux communautaire, municipal, l’offre de services aux familles, de la petite enfance et le milieu scolaire doivent être mis à contribution pour mieux repérer ces jeunes. Même les chercheurs doivent être interpellés pour mieux comprendre et avoir des outils plus efficaces. Il faut intensifier les collaborations pour le bien-être des enfants », croit la directrice de la santé publique.

Dre Mélissa Généreux relève que les principaux groupes vulnérables sont les garçons, les enfants les plus jeunes de leur cohorte, les enfants qui n’ont pas le français comme langue maternelle, les enfants nées à l’extérieur du Canada et ceux nés dans des secteurs défavorisés.

En Estrie, la proportion selon les sexes s’établit à 37 garçons pour 21 filles qui présentent des facteurs de vulnérabilité, soit environ 1000 garçons vulnérables en Estrie à l’âge de cinq ans.

« Là où le bât blesse, ce sont nos garçons. Quatre garçons sur dix arrivent avec un contexte difficile à la maternelle. On constate que la vulnérabilité est plus grande dans les milieux défavorisés », signale la Dre Généreux.

Devant de tels constats, Dre Généreux croit qu’il y a lieu de faire mieux notamment en prévention.

« Il faut améliorer le repérage précoce et la prise en charge. On doit mieux comprendre les besoins des familles et les impliquer dans le processus. On doit faire en convergence, dans une vision commune. On doit être plus cohérents. Il y a des choix politiques qui peuvent être faits. Les ressources investies en petite enfance sont majeures. Il faut voir comment les investir. Il faut se questionner si c’est uniquement en maternelle quatre ans ou en agissant plus tôt et en amont du développement des problèmes auprès familles. Ce sont des choix de société qu’il faut faire », croit la Dre Généreux.