Le lac-à-l’épaule des élus sherbrookois s’est tenu à huis clos au Théâtre Granada lundi.
Le lac-à-l’épaule des élus sherbrookois s’est tenu à huis clos au Théâtre Granada lundi.

Les élus se donnent des objectifs à court terme

SHERBROOKE — Après près de trois ans de mandat, les élus de la Ville de Sherbrooke n’ont toujours pas dévoilé publiquement leur planification stratégique. Ils se réunissaient lundi dans un cinquième lac-à-l’épaule pour évaluer cette planification, l’adapter au contexte de la COVID-19 et fixer des objectifs réalistes pour les 12 à 15 prochains mois. 

Alors que le maire Steve Lussier estime qu’il faudra miser sur les infrastructures et l’amélioration continue pour sortir de la crise, la chef de l’opposition désignée, Évelyne Beaudin, croit que le temps nécessaire pour arriver à une planification stratégique démontre l’inefficacité d’un conseil composé d’indépendants.

« C’est certain que la COVID a retardé nos travaux. Nous aurions aimé terminer plus tôt, mais il faut planifier les mois à venir pour la relance. Il a entre autres été question de développement économique, de sécurité publique, d’environnement, de l’adaptation de notre administration, de sport et de culture et bien sûr de budget », résume le maire Lussier à la sortie de l’exercice, qui s’est tenu toute la journée à huis clos, au Théâtre Granada. 

Steve Lussier convient que les travaux des élus visaient davantage le moment présent. « Il fallait arriver avec des priorités claires, avec des projets de choses qui sont pour se faire. Nous voulons continuer dans le même sens pour les projets d’infrastructures, parce que la construction, c’est ce qui relancera l’économie en bonne partie. On va prioriser les chantiers déjà prévus et voir si nous pouvons nous en servir pour nous projeter dans le temps. »

Le maire parle aussi de la nécessité de poursuivre les travaux d’amélioration continue. « Les ressources humaines viendront nous représenter le plan réalisé dans les deux dernières années. Est-ce qu’on devrait miser davantage sur les nouvelles technologies, sur la zone d’innovation? Il n’est pas seulement question de coupes, mais aussi de se donner des priorités. Les changements climatiques vont nous influencer. Nous mettrons plus l’emphase sur les infrastructures sportives et culturelles que nous avons déjà. Si nous avions fait ce lac-à-l’épaule avant la COVID, nous aurions eu des conclusions différentes. »

Steve Lussier assure que les élus se sont dotés d’un plan d’action solide qui sera déposé publiquement en août. Parallèlement, les élus continuent de travailler sur un budget révisé qui devrait être déposé « le plus tôt possible », après les vacances d’été.

La conseillère Évelyne Beaudin rapporte qu’elle s’attendait surtout à des discussions sur les décisions budgétaires liées à la COVID-19 et à un débat sur la révision des comités. « On n’a abordé ni l’un ni l’autre. Nous sommes encore allés thème par thème pour essayer de trouver une vision commune. »

Mme Beaudin, seule représentante d’un parti politique autour de la table, blâme les indépendants pour le manque de cohésion. « Nous enchaînons les lac-à-l’épaule et nous sommes rendus tellement loin dans le mandat que l’échéance électorale se fait sentir. Ça me fait penser à mes étudiants qui ne font pas leurs lectures pendant la session et qui se réveillent avant l’examen. Les gens se sont rendu compte que leur bilan était faible et qu’il fallait trouver des propositions concrètes. »

Néanmoins, Évelyne Beaudoin juge l’exercice constructif. « C’est comme un aveu que le conseil n’est pas capable de se doter d’une vision commune à long terme. J’aime les idées que la Ville soit maître de son développement, avec une politique de vente et d’achat de terrains, et le concept d’accessibilité universelle. J’aurais souhaité qu’on lance un chantier sur la diversification des revenus et sur la possibilité d’étendre la collecte des matières compostables aux multilogements. »

Mme Beaudin estime que les nombreuses réflexions depuis le début du mandat sont des éléphants qui ont accouché de souris.