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Camille Gauthier-Boudreault, ergothérapeute et instigatrice du projet Dansons ensemble en 2021.
Camille Gauthier-Boudreault, ergothérapeute et instigatrice du projet Dansons ensemble en 2021.

Les élèves du Touret dansent pour déconstruire les préjugés

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
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 « T’as la groove? » Les élèves de l’école du Touret ainsi que plusieurs de leurs camarades de partout au Québec, dont ceux de la Maison Caméléon, ont pour leur part montré que oui dans une vidéo diffusée sur le web.

Au total, pas moins de 350 personnes présentant une déficience intellectuelle ont participé au projet Dansons ensemble en 2021 de Camillie Gauthier-Boudreault, une ergothérapeute de formation, qui consistait à danser sur la chanson « T’as la groove » du groupe québécois Les Brothers.

« La réponse a vraiment été positive », raconte la Sherbrookoise qui, au départ, avait proposé l’idée à quelques organismes de la région qu’elle connaissait. La danse créée par deux stagiaires de l’Université de Sherbrooke qu’elle supervisait a finalement été reprise par plus d’une vingtaine d’organismes et d’écoles de partout au Québec, allant de Sherbrooke jusqu’à la Côte-Nord.

L’intérêt de Camille Gauthier-Boudreault pour cette clientèle n’a rien de surprenant. Bien aux faits des enjeux entourant les personnes présentant une déficience intellectuelle, la jeune femme tente depuis plusieurs années de favoriser l’intégration de sa propre sœur vers la vie d’adulte.

« L’idée c’était de créer une danse accessible à tous avec quelques moments d’improvisations pour stimuler leur créativité et leur sens de l’initiative. Avec la pandémie, le sentiment d’appartenance s’est vu aussi diminué dans la communauté. La fierté qu’ont les personnes présentant une déficience intellectuelle de se voir dans cette vidéo favorise grandement l’estime et la valorisation de soi », croit la jeune femme.

Selon l’ergothérapeute spécialisée en recherche, il est également important de sensibiliser la population aux préjugés qui entourent la déficience intellectuelle. « Il faut cesser de remettre en question le potentiel de ces personnes. Plusieurs d’entre elles intègrent le marché de l’emploi », rappelle Camille Gauthier-Boudreault.

« Cette vidéo est la preuve que lorsqu’on leur donne accès à des outils adaptés, ils sont capables d’accomplir de grandes choses. »

Tous les élèves de l’école du Touret se sont « rassemblés » dans le cadre de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle.

Créativité et persévérance

À l’école du Touret, on mentionne que la dernière année remplie de défis méritait d’être soulignée par une Semaine québécoise de la déficience intellectuelle remplie d’activités à la hauteur des élèves.

Pour Julien Bilodeau, enseignant de musique à l’école du Touret, toutes les raisons sont bonnes pour mettre de l’avant la persévérance de ses élèves. Le projet de Camille Gauthier-Boudreault collait d’ailleurs parfaitement aux valeurs de l’établissement scolaire qui mise sur l’exploration des sens.

« Cette année, nous avons dû faire preuve de créativité en travaillant très fort pour offrir des projets sécuritaires et adaptés à nos élèves. La musique, c’est à mon avis une très belle porte d’entrée. J’ai sauté sur l’occasion de participer au projet connaissant les bienfaits qui y sont associés tant du point de vue physique que moral », raconte l’enseignant très fier du résultat final.

Dans les derniers jours, une mosaïque de tous les élèves de l’école a également été créée dans le but de « se rassembler sans se rassembler ». Des pancartes de sensibilation ont aussi été bricolées par les élèves et les membres du personnel.

« La pandémie a certainement eu des effets négatifs sur nos élèves. Nos classes multifactorielles sont fermées par prévention et nos jeunes n’entretiennent plus de relations avec leurs camarades des autres classes. La vidéo et la mosaïque leur ont permis de revoir des visages communs. Ils en sont très heureux et fiers. »

« Notre clientèle est essentielle et c’est important que l’on parle d’elle. Je veux que tout le monde sache à quel point nos élèves sont exceptionnels et résilients », conclut Julien Bilodeau.