Divans et matelas, qui ne sont pas valorisés à Sherbrooke pour le moment, pourront être acheminés dans les écocentres dans le cadre d'un projet pilote.

Les écocentres récupéreront les divans et les matelas

Divans et matelas, qui ne sont pas valorisés à Sherbrooke pour le moment, pourront être acheminés dans les écocentres dans le cadre d'un projet pilote.
Marc Denault
Le projet propose de récupérer sans frais les divans et les matelas pendant 16 semaines, entre mai et la mi-août, pour évaluer le nombre d'unités reçues, les coûts de gestion de ces résidus et proposer des modifications aux infrastructures des écocentres si nécessaire.
À l'heure actuelle, les divans et matelas ne sont pas acceptés aux écocentres. Ils doivent être déposés au centre de transfert de Valoris, où des frais d'une vingtaine de dollars sont perçus, ou sont récupérés lors des deux collectes annuelles d'encombrants.
« Ces matières sont dirigées à l'élimination vers un lieu d'enfouissement technique. [...] Les citoyens doivent repartir avec ces matières lorsqu'ils se présentent aux écocentres », lit-on dans le sommaire décisionnel publié par la Ville de Sherbrooke.
En conséquence, la Ville se dit aux prises avec des « dépôts sauvages », c'est-à-dire que les citoyens abandonnent leurs gros rebuts dans des endroits inappropriés. En février seulement, ce sont 23 tonnes d'encombrants, principalement des matelas et des divans, qui ont été cueillis par le Service de l'entretien et de la voirie, notamment dans le parc industriel régional, près de l'écocentre.
Cette situation a soulevé des remarques senties des conseillers Marc Denault, membre du comité de l'environnement, et Danielle Berthold, mardi, au conseil municipal.
« C'est une bonne nouvelle, parce qu'on voit que des gens ont déjà déposé leur matelas en bordure de rue alors que la collecte des encombrants est prévue en mai. Ce serait préférable d'attendre » a réagi Mme Berthold.
« On voit même des matelas dans des parcs maintenant. Les citoyens peuvent appeler le Service de police quand ils voient des gestes comme ça » a suggéré Marc Denault.
« Dans le projet pilote, il y a une proposition de regarder pour transporter ces matières vers Montréal et trouver une façon de les revaloriser. Ça se fait ailleurs. C'est beaucoup plus intéressant que de laisser ces objets sur le bord de la rue », ajoute-t-il.
Recyclage
Il n'existe que deux entreprises spécialisées dans le recyclage de matelas, soit Matt Canada et Recyc-Matelas, situées à Montréal. « Ces entreprises récupèrent plus de 90 % des composantes des matelas et le coût facturé varie entre 8 et 15 $ par unité » lit-on encore dans le sommaire décisionnel. Ces coûts excluent le transport.
M. Denault n'était pas en mesure de chiffrer la valeur du projet pilote tout en précisant que les sommes nécessaires seraient puisées à même le budget de la Division de l'environnement et de l'urbanisme. L'évaluation de l'impact budgétaire pourrait entraîner une tarification dans l'avenir si nécessaire.
En 2008, La Tribune faisait état d'un projet pilote semblable qui a finalement été abandonné. « En neuf ans, il y a eu beaucoup de représentations par les citoyens auprès du conseil et de nouvelles options se sont présentées pour la valorisation de ces biens-là », répond Marc Denault.
Le Centre d'excellence en valorisation des matières résiduelles et l'entreprise Défi-Polyteck, avec l'Université de Sherbrooke, étudient les avenues pour la valorisation des matelas en Estrie. Pour le moment, les divans continueront d'être éliminés en raison de la difficulté à leur donner une deuxième vie.
À noter que la collecte des encombrants est prévue dans la semaine du 1er mai pour les arrondissements du Mont-Bellevue et de Jacques-Cartier et dans le secteur du centre-ville, la semaine du 8 mai, dans Lennoxville et Fleurimont, et dans la semaine du 15 mai à Brompton et dans Rock Forest-Saint-Élie-Deauville.