Dr Alain Poirier
Dr Alain Poirier

Les défis de la Santé publique de l’Estrie entre deux vagues

Les nouveaux cas positifs de coronavirus se raréfient en Estrie. L’équipe de la direction de la Santé publique continue pourtant de relever des défis. Elle doit reprendre ses activités régulières tout en naviguant avec un personnel extrêmement sollicité au sein d’un réseau de la santé qui redémarre ses activités en conjuguant avec une pénurie de personnel et la période des vacances qui s’amorce.

« Un de nos enjeux, c’est que nos équipes bougent beaucoup. Quand des activités ont été délestées dans les hôpitaux, on avait pu avoir des infirmières qui étaient venues travailler avec nous. Mais les activités du CIUSSS reprennent graduellement et on rappelle les infirmières dans les salles d’opération par exemple. Il y a aussi le secteur de la vaccination qui avait pris un retard qu’il faut reprendre maintenant », indique le directeur de la Santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier.

« Nos équipes de santé au travail sont aussi en soutien auprès des milieux qui rouvrent, pour bien les orienter dans la réouverture », ajoute-t-il.

La Santé publique de l’Estrie se trouve donc en mode formation continuellement. « Quand des infirmières enceintes ou immunodéprimées doivent être retirées de leur milieu de travail régulier, elles viennent travailler avec nous. Ça n’a pas été difficile de convaincre les ressources humaines que c’était une bonne idée. Dans d’autres régions, on a essayé de faire travailler du personnel qui n’était pas formé en santé, mais ça n’a pas fonctionné malgré la bonne volonté des gens. Quand une infirmière appelle un patient pour une enquête, ce n’est pas un simple appel : on appelle pour discuter de la maladie de quelqu’un. La personne pose des questions, on doit lui donner des conseils, la rassurer, évaluer son état. Pour bien le faire, ça prend réellement une formation dans le domaine de la santé », indique le Dr Poirier.

En cette période de pandémie, la stabilisation de l’équipe de la Santé publique devrait-elle être une priorité du CIUSSS de l’Estrie-CHUS?

« Ça fait partie des priorités, mais il y a d’autres priorités. C’est un jeu d’équilibriste fragile », mentionne-t-il.

Point de vue partagé par Karine Duchaineau, directrice générale adjointe au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« L’équipe de la Santé publique est une priorité de l’organisation, mais nous en avons d’autres pour assurer une reprise équitable de nos activités. On pense par exemple à l’accès aux chirurgies et aux services de maintien à domicile des personnes vulnérables. Ça fait partie de l’ensemble des activités que nous devons maintenir ou reprendre pour faire face à nos obligations », mentionne Mme Duchaineau.

La direction de la Santé publique a trouvé le moyen de former des personnes qui, en cas de deuxième vague, pourront venir leur prêter main-forte rapidement, déjà formées, prêtes à amorcer les enquêtes épidémiologiques.

« L’idée de former beaucoup de personnes à faire des enquêtes, c’est d’avoir un pool de personnes disponibles s’il y a une deuxième vague ou si on est appelés à venir en aide à une autre région où les cas seraient plus nombreux », précise le Dr Poirier.

L’équipe de Santé publique, composée d’une centaine de personnes, doit aussi reprendre le travail sur ses mandats réguliers. On peut par exemple penser au travail effectué sur les maladies à déclaration obligatoire. « Elles sont moins nombreuses en raison de toutes les mesures de confinement et de distanciation, mais elles sont là », dit-il.

Même chose pour le travail sur la maladie de Lyme, alors que les cas se feront de plus en plus nombreux au cours des prochains mois. En 2011, 32 cas humains de maladie de Lyme ont été rapportés au Québec, un nombre qui a bondi à 304 cas en 2018 et à 

461 en 2019. De ce nombre, 177 cas étaient répertoriés dans la région sociosanitaire de l’Estrie.

Un seul nouveau cas de COVID-19 en Estrie

Selon la Direction de la santé publique de l’Estrie, un seul nouveau cas de personne infectée à la COVID-19 a été rapporté depuis le dernier bilan, portant le total à 938. Aucun nouveau décès n’a été déploré dans la région sociosanitaire de l’Estrie depuis le 24 avril. Rappelons que 25 personnes sont décédées de la maladie à coronavirus en Estrie.