Les cyclistes de retour sur le pont Jacques-Cartier

Les automobilistes qui empruntent régulièrement le pont Jacques-Cartier devront à nouveau céder une voie de circulation aux cyclistes, à compter de la prochaine saison de vélo.
Le conseil municipal a donné le feu vert, lundi soir, à la deuxième phase d'un projet pilote qui s'étendra de mai à novembre, à la lumière des résultats obtenus lors du projet mené sur le pont du 13 au 21 octobre 2016.
Si l'expérience de l'automne dernier a pu créer des bouchons de circulation pénibles à l'heure du retour à la maison, le Service des infrastructures urbaines de la Ville assure aujourd'hui avoir procédé aux ajustements nécessaires pour que la cohabitation se fasse sans problème cette fois-ci.
« Les gens doivent avoir sur le coeur les deux premières journées qu'on a fait ça, le jeudi et le vendredi. Je peux les comprendre parce que ç'a vraiment été chaotique, admet la directrice du SIU Caroline Gravel. Mais avec les modifications, vous vous souviendrez que le projet a perduré quelques jours et on n'a plus entendu parler alors ça s'est quand même bien déroulé. »
Le SIU a donc proposé quatre scénarios aux élus et celui retenu est le plus près du projet pilote de l'automne dernier. Il consiste à la fermeture d'une voie aux automobilistes en direction sud après le feu de circulation de la rue Tracy jusqu'à environ 100 mètres à la sortie du pont (vers l'Université de Sherbrooke).
Grâce à l'espace ainsi récupéré, un couloir cyclable unidirectionnel sera aménagé de chaque côté du pont, entre le trottoir et la voie réservée aux automobilistes.
À la sortie sud du pont, en attente du feu de circulation de la rue Denault, la troisième voie redeviendra en chaussée partagée automobile-vélo.
« Avec cette configuration, croit Mme Gravel, peu de congestion a été notée aux heures de pointe lors du projet pilote. La fermeture d'une voie a aussi permis de réduire la vitesse des automobilistes. »
Les aménagements seront peu coûteux puisqu'ils ne consistent qu'en du marquage sur la chaussée, sans bollard, et ils pourront être modifiés facilement au besoin, a aussi fait valoir Mme Gravel.
« Ce n'est que du marquage au sol. On n'a aucun autre modification à faire de façon permanente sur le territoire. Quand on va avoir mis 10 000 $ on va avoir pas mal fait le tour. »
La piste unidirectionnelle devrait davantage plaire aux cyclistes, selon les commentaires recueillis par les services municipaux.
Cette deuxième phase du projet pilote est prévue durer toute la saison de vélo, jusqu'en novembre.
« Si ça va bien, précise Mme Gravel. Mais si on voit qu'on enregistre des problèmes majeurs et qu'on ne peut pas faire perdurer l'exercice, on va cesser. C'est l'avantage du marquage au sol. On a juste à le cacher avec du noir et c'est fini. »
Quant à la pertinence d'aménager un tel espace pour les cyclistes pour traverser le pont Jacques-Cartier, Mme Gravel rappelle qu'en octobre, on pouvait compter jusqu'à 140 cyclistes par jour sur le pont.
« Ça fait partie de notre plan directeur de transport actif, ajoute-t-elle, alors on se doit en tant que Ville, puisqu'on l'a voté (le PDTA), d'essayer le plus possible de le mettre en action. »
Deux conseillers ont voté contre le projet.
Quelques faits saillants du projet pilote
- La perte d'une voie a eu un effet bénéfique sur la vitesse des véhicules.
- Un volume important de cyclistes emprunte le pont avant le projet pilote, malgré l'absence d'aménagements spécifiques (130 cyclistes le 6 octobre).
- Le 14 octobre, pendant le projet pilote, 141 cyclistes ont emprunté le pont.
- Trente pour cent de ces cyclistes n'empruntaient pas la piste cyclable. On suppose qu'ils préféraient circuler dans le sens de la circulation alors que la piste cyclable était bidirectionnelle.
Parlant au nom d'un groupe d'étudiants, de professeurs et d'employés du CHUS-Fleurimont, Arnaud Messier-Maynard est venu demander, lundi soir, un projet pilote semblable à celui du pont Jacques-Cartier pour les cyclistes qui doivent traverser le pont de l'autoroute 610 pour se rendre au travail.
Un projet pilote sur la 12e Avenue ?
Parlant au nom d'un groupe d'étudiants, de professeurs et d'employés du CHUS-Fleurimont, Arnaud Messier-Maynard est venu demander, lundi soir, un projet pilote semblable à celui du pont Jacques-Cartier pour les cyclistes qui doivent traverser le pont de l'autoroute 610 pour se rendre au travail.
Rappelant qu'une pétition de 1000 noms avait été déposée en mai 2015 pour réclamer la construction d'une piste cyclable dans ce secteur, entre la rue Brûlotte et le CHUS le long de la 12e Avenue, M. Messier-Maynard a voulu réactiver le dossier.
Il propose que sur le modèle de ce qui se passe sur Jacques-Cartier, on retranche une voie sur le pont de la 610 pour faire de la place aux cyclistes.
« On est conscient que ces travaux sur une route provinciale devraient se faire en accord avec le ministère des Transports, ajoute l'étudiant, mais on aimerait savoir si la Ville est prête à s'asseoir avec le MTQ pour étudier ce genre de projet. Et est-ce que ça pourrait être réalisable pour l'automne 2017? »
La directrice du Service des infrastructures urbaines Caroline Gravel a précisé que la Ville avait déjà approché le MTQ avec cette idée là. « Il faudrait relancer l'idée, refaire le comptage comme on a fait sur Jacques-Cartier, et voir leur ouverture à faire cet essai-là », précise-t-elle.
Le président du comité de mobilité durable, le conseiller Bruno Vachon, a quant a lui révélé que l'organisme étudiait la possibilité d'aménager un lien cyclable temporaire via le chemin des Pélerins pour accommoder les cyclistes en attendant mieux.