Le chef du Service de police de Sherbrooke, Danny McConnell, confirme que les besoins policiers sont de plus en plus grands et il espère l’ajout de ressources à la division des enquêtes en 2020.

Les crimes contre la personne en hausse à Sherbrooke

Le taux de criminalité à Sherbrooke était à son plus bas depuis 10 ans en 2018, en baisse de 4,61 %. Les crimes contre la personne ont toutefois connu une importante progression pour atteindre leur plus haut niveau dans la dernière décennie. Les meurtres, les agressions sexuelles et le harcèlement en sont les raisons principales selon le rapport annuel 2018 du Service de police de Sherbrooke (SPS).

Les crimes contre la propriété, par exemple les vols, les entrées par effraction, le vandalisme, ont connu une diminution de 10,46 %. Ce sont plutôt les crimes contre la personne qui ont connu une augmentation de 4,5 %, ce qui se traduira vraisemblablement par une demande de ressources supplémentaires lors de l’étude du budget 2020. 

« Les crimes contre la personne sont de plus en plus documentés, notamment quand on parle de menaces sur Facebook. Ça incite peut-être les gens à porter plainte. Pour ce qui est des agressions sexuelles, les gens ont été encouragés à porter plainte et ça se reflète dans les statistiques », rapporte Philippe Paultre, chef de section données et projets spéciaux au SPS.

« Ce qu’on dit, c’est que si vous êtes victime d’un crime contre la personne, le SPS est là pour enquêter et vous soutenir. Quand on signale ces états de fait, ce n’est pas pour décourager les victimes, mais bien les encourager à porter plainte », ajoute le directeur du SPS, Danny McConnell. 

À noter que quatre meurtres ont été recensés en 2018. « Ils sont indépendants l’un de l’autre et ne sont pas liés à des groupes organisés. »

« Les crimes contre la personne restent notre priorité. Ils sont très longs à enquêter et ils présentent plusieurs contraintes. Nous cherchons toujours à optimiser nos ressources tout en offrant le meilleur service possible aux citoyens. Vous constaterez que nous n’avons mené des enquêtes que dans 32 dossiers de drogue en 2018, contre 216 en 2017 parce que nous avons dû rediriger nos enquêteurs vers des crimes contre la personne, principalement des viols. »

Ajout de ressources

M. McConnell ne cache pas qu’il accepterait volontiers l’ajout de ressources dans ses services. « Différentes décisions de la Cour suprême, notamment l’arrêt Jordan, font en sorte que le travail est de plus en plus assidu et plus long. Dans le budget à venir, il y aura un certain nombre de demandes pour bonifier les ressources dans la division des enquêtes criminelles. Nous sommes à compléter une structure pour revoir la gouvernance, mais un peu d’aide, ce ne serait pas de refus. » 

Parmi les dossiers qui connaissent toujours une progression, ceux liés à un état mental perturbé et les propos suicidaires et tentatives de suicide. Alors qu’on comptait 1018 signalements concernant le suicide en 2017, on en dénombrait 1148 en 2018. Les dossiers d’état mental perturbé sont passés de 1391 à 1578 en 2018. « Je travaille activement avec l’organisme JEVI pour doter la région d’un centre de crise », précise Danny McConnell. 

« C’est un dossier qui est en progression. C’est lent. Les priorités sont différentes pour chacun. »

L’ajout de ressources dans l’Équipe mobile d’intervention sociale pourrait avoir un impact sur les statistiques de 2019. Si le maire Steve Lussier espère que les interventions en santé mentale diminueront, le directeur du SPS le corrige. « Le nombre d’interventions augmentera probablement parce que nous aurons plus de monde pour y répondre. »

Le conseiller Paul Gingues a suggéré que l’Union des municipalités du Québec intervienne auprès du ministère de la Santé pour qu’il donne un coup de main. Le maire Steve Lussier affirme qu’il en a été question lors du caucus des maires des grandes villes en septembre.

En ce qui concerne le cannabis, Danny McConnell s’est dit surpris du respect de la réglementation municipale pour les lieux de consommation. On note toutefois toujours des problèmes en matière de revente. « Il y a une recrudescence de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue. Nous verrons comment nous pourrons adresser la consommation des produits dérivés. » 

Enfin, dans la dernière année, on compte une augmentation de 30 % des dossiers traités pour la drogue de synthèse. « C’est préoccupant! »