Une quarantaine de personnes ont travaillé de concert mercredi pour soulever des pistes en prévision de la rédaction d’une politique du stationnement au centre-ville.

Les citoyens réclament des stationnements verts et étagés

Des stationnements verts, étagés, qui laissent suffisamment de place aux bornes de recharge pour les voitures électriques, c’est ce que demandent les citoyens dans leur vision d’une politique du stationnement au centre-ville. Ce sont quelques-une des grandes lignes qui se sont dégagées d’un exercice de consultation et d’idéation qui se tenait à la Capsule bistro cinéma mercredi.

Une quarantaine de citoyens, de commerçants, de représentants d’organismes communautaires et de représentants de la Ville s’étaient rassemblés pour une soirée qui mariait information et atelier coopératif. La mise en commun des idées soulevées mercredi devrait être effectuée d’ici la fin du mois d’avril pour en arriver à une première version d’une politique du stationnement au mois de mai.

La Ville cherchait à prendre le pouls de la population sur le nombre de cases de stationnement au centre-ville, sur la tarification et sur l’aménagement des infrastructures de stationnement.

Au terme d’une séance plénière, il semblait plutôt unanime de privilégier les stationnements étagés aux stationnements sur rue. Une équipe a entre autres suggéré des parcs de stationnement avec des espaces pour des jardins nourriciers et où il serait possible de récupérer l’eau. « Ils doivent être construits plus en hauteur qu’en superficie, doivent comporter de la nourriture pour les abeilles et prévoir des recharges pour les voitures électriques », a indiqué une participante.

Sont revenus les principes de décourager l’utilisation de l’auto solo, de maximiser les passages pour les piétons et de favoriser le transport durable, actif ou collectif. Un citoyen a soulevé l’idée d’élargir les plages de gratuité.

Autre idée : celle de proposer des stationnements incitatifs, en périphérie du centre-ville, pour les travailleurs ou les visiteurs qui abandonnent leur voiture pour plusieurs heures. Un système de navette pourrait leur permettre d’accéder au centre-ville.

Déjà évoquée au conseil municipal, la possibilité de partager les entrées de cour ou les stationnements privés, à l’aide d’une application mobile, fait son chemin. Les gens qui s’absentent toute la journée pourraient donc louer leur entrée pour ceux qui se rendent au centre-ville.

Débuts houleux

Le début de la soirée avait été houleux alors que certains citoyens ont reproché à la Ville d’avoir déjà décidé d’ajouter du stationnement dans le cadre du Quartier Well Sud. Le libellé de l’atelier « redéfinir la place du stationnement sans marginaliser les automobilistes » a fait réagir.

Philippe Cadieux, conseiller en partenariat à la Ville de Sherbrooke, a précisé que la proposition de Well Sud est de construire un stationnement étagé d’environ 650 cases, comparativement aux 192 actuelles pour le stationnement de la rue du Dépôt. « La proposition est de supprimer du stationnement sur rue et dans les arrière-lots. Nous nous trouvons dans un secteur où le taux de vacance des bâtiments est de 30 %, mais nous allons redévelopper la rue Wellington Sud et densifier le centre-ville... »

Parmi les constats exposés aux citoyens, notons que le centre-ville est le 6e pôle de déplacements à Sherbrooke et que 70 % des déplacements s’y font en voiture.

Le centre-ville compte 11 700 cases de stationnement, dont 1750 sont tarifées. La Ville de Sherbrooke, contrairement à d’autres villes, n’offre pas de tarif journalier. Les revenus générés par les stationnements sont d’environ 2,6 M$, mais les coûts de fonctionnement sont d’environ 200 000 $. Construire un stationnement de surface coûte 13 100 $ par case contre 33 800 $ par case pour un stationnement étagé.

Il est connu que la signalisation est déficiente au centre-ville et qu’elle devra être améliorée. Une citoyenne a d’ailleurs suggéré d’afficher le nombre de places de stationnement qui sont libres pour faciliter les déplacements.

Enfin, la conseillère du district du Lac-des-Nations, Chantal L’Espérance, a noté que des tendances s’étaient clairement dégagées de la soirée de mercredi. « Vous nous facilitez la tâche! »

Les citoyens voulant acheminer un mémoire à la Ville sur ce sujet peuvent le faire jusqu’au 30 avril.