Les circulaires dans la mire de la Ville

Le Bureau de l’environnement de la Ville de Sherbrooke réfléchit à une stratégie qui pourrait mener à la réduction du nombre de circulaires distribuées auprès des citoyens. Si la conseillère Nicole Bergeron a suggéré lundi que la Ville, à l’instar de Montréal et Mirabel, s’intéresse à la livraison sur demande de circulaires, la directrice du Bureau de l’environnement, Ingrid Dubuc, confirme que le sujet a déjà été soulevé.

« Dans notre stratégie de réduction des objets à usage unique, nous touchons les circulaires. En avril 2019, nous avons tenu un atelier de réflexion sur les objets à usage unique, dont les circulaires, mais aussi les pailles de plastique, les gobelets pour le café et les bouteilles d’eau. Il faudra se doter d’une stratégie objet par objet et le faire en concertation avec le milieu », résume Mme Dubuc.

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Rappelons que Nicole Bergeron trouvait intéressante l’idée de l’opt-in, selon laquelle seuls les citoyens intéressés par les circulaires pourraient les recevoir en apposant un autocollant près de leur porte.

« Jusqu’à maintenant, nous avons convenu que nous pouvions commencer à éliminer les sacs de plastique à usage unique dans les commerces même si notre stratégie globale n’est pas prête parce que nous avons eu la possibilité de rencontrer les commerçants. Nous avons entre autres travaillé avec l’Association des détaillants en alimentation du Québec. Il fallait qu’ils soient prêts et préparés à mettre des solutions de rechange en place auprès de leur clientèle », mentionne Ingrid Dubuc. Ce règlement entrera en vigueur le 22 avril 2020.

« Voir tous les enjeux »

En matière de circulaires, ceux distribués dans des sacs de plastique ne sont pas les seuls à être ciblés. « Nous pensons à tout ce qui a une durée de vie très limitée. Nous devons impliquer les parties prenantes et nous donner le temps de faire le tour de la boucle avec tout le monde. »

Certaines villes font face à de la contestation pour avoir tenté d’adopter un règlement qui réduirait la distribution des sacs des circulaires. « C’est ce que je veux dire par concertation. Si ça s’est moins bien passé dans d’autres villes, il faut comprendre pourquoi. Ça peut paraître simple d’arriver avec un règlement, mais si on veut que la population adhère, il faut voir tous les enjeux. Par exemple, les circulaires ont leur utilité. »

Ingrid Dubuc, directrice du Bureau de l’environnement à la Ville de Sherbrooke

L’impact d’un règlement sera-t-il réel? La pollution générée par les circulaires est-elle plus grande que celle provoquée par des envois massifs par courriel ou l’utilisation d’appareils mobiles? « Ça fait partie des éléments qui pourraient être étudiés, mais je ne suis pas en mesure de dire si nous le ferons. Une chose est certaine : nous appuierons nos recommandations sur des données scientifiques. Nous nous poserons la question à savoir s’il vaut la peine de faire cette analyse. »

Une stratégie globale pour les objets à usage unique doit être établie en 2020 avec un horizon d’action pour chaque objet. « Pour les circulaires par exemple, il faudra voir l’impact sur nos partenaires de récupération également. »

Ingrid Dubuc n’était pas en mesure de fournir des données, mardi, sur la quantité de circulaires distribuées à Sherbrooke ou sur le tonnage que génèrent ces objets en matières résiduelles.