Vincent Beaucher

Les chargés de cours de l’UdeS demandent la conciliation

Las de la lenteur des négociations, le Syndicat des chargées et des chargés de cours de l’Université de Sherbrooke (SCCCUS), qui représente environ 2600 membres à l’UdeS, a déposé une demande de conciliation.

La convention collective de l’instance syndicale est échue depuis le 31 mars 2018; celle-ci a fait le dépôt de ses demandes syndicales en juin 2018. 

Le président du SCCCUS, Vincent Beaucher, explique que le syndicat veut lutter contre la précarité qui concerne beaucoup de ses membres. 

« On veut trouver des mécanismes pour amener une meilleure stabilité aux chargés de cours (...) Annuellement, il y a une centaine de membres qui donnent huit cours et plus par année. Huit cours, c’est ce qui est considéré temps plein », commente-t-il en rappelant du même coup que plusieurs membres occupent d’autres emplois.

Au chapitre salarial, le SCCCUS réclame « entre 1 ou 2 % » ou la politique salariale gouvernementale (PSG) si celle-ci est meilleure jusqu’en 2022, et de façon rétroactive au 1er avril 2018. 

« C’est une rémunération qui tient compte des réinvestissements dans les universités. On veut se réaligner dans la moyenne des universités québécoises. On veut surtout travailler sur nos premiers échelons. Environ 2000 de nos 2600 membres sont au premier échelon. » 

Au moment d’écrire ces lignes, le SCCCUS n’avait pas eu de retour de la part du ministère du Travail. 

Selon Vincent Beaucher, on peut s’attendre à ce qu’un conciliateur soit nommé d’ici Noël ou encore début janvier. « On souhaite un règlement à la session d’hiver. »

Réunis en assemblée générale tenue à la fin novembre, les membres ont opté pour des actions de visibilité et des moyens de pression. Les conventions collectives de plusieurs syndicats viendront à échéance en 2020 sur la colline universitaire, notamment du côté des auxiliaires de recherche.  

Du côté de la direction de l’UdeS, la demande de conciliation faite par le SCCCUS est accueillie favorablement. « On croit que ça va nous aider à poursuivre les discussions. Elles se poursuivent depuis plusieurs mois, le climat est quand même bon entre nous. Pour nous, les chargés de cours sont très importants. On partage la même impatience que notre partenaire syndical, pour avoir des discussions qui peuvent aller plus vite », commente Sasha Cardinal, directrice générale du service des ressources humaines de l’UdeS, qui a répondu aux questions de La Tribune en l’absence du vice-recteur aux ressources humaines, Jean Goulet. 

Interrogée sur le dépôt salarial de la partie patronale, Mme Cardinal note que celui-ci se fera « dans la poursuite des négociations », soit dans les prochaines semaines. Au chapitre normatif, tout a été déposé, précise-t-elle. 

Quant à la précarité des chargés de cours, elle note qu’une très grande majorité d’entre eux ont déjà travail à temps plein, par exemple des avocats qui exercent dans des cabinets. « C’est normal que ces gens-là aient un statut à temps partiel, c’est souvent par choix. »

Elle estime qu’autour de 10 % des membres du SCCCUS sont « des chargés de cours de carrière ».