Les Cantonniers, on le sait, défendront les couleurs du Québec pour une deuxième année de suite, un exploit digne de mention. Sur les six équipes qui ont obtenu leur billet pour le championnat national midget AAA, les Young Nationals de Toronto, pour la région Centrale, sont la seule autre formation de retour à la coupe Telus.

Les Cantonniers prêts pour un long marathon

Les préparatifs sont terminés. Les Cantonniers de Magog sont maintenant en mode attente et c’est ce lundi 22 avril que l’entraîneur Félix Potvin déploiera son arsenal pour le premier match de sa troupe à la Coupe Telus à Thunder Bay contre les Trojans de Tisdale, représentants de l’Ouest.

La journée de samedi sera consacrée au déplacement en avion vers Thunder Bay. L’équipe partira d’abord de l’aréna de Magog en autocar à 9 h 30 en direction de Montréal. Toutes les équipes auront une dernière journée de repos dimanche après quoi ce sera le signal de départ lundi pour un long marathon pour les formations qui pourraient avoir sept parties à disputer en sept jours.

Les Cantonniers, on le sait, défendront les couleurs du Québec pour une deuxième année de suite, un exploit digne de mention. Sur les six équipes qui ont obtenu leur billet pour le championnat national midget AAA, les Young Nationals de Toronto, pour la région Centrale, sont la seule autre formation de retour à la coupe Telus.

« Le fait d’avoir eu la chance de nous qualifier pour la coupe Telus l’an dernier ne nous procure pas nécessairement un avantage. Je ne crois pas beaucoup à ça. Par contre, l’expérience de l’année dernière m’a convaincu que notre équipe d’entraîneurs avait abordé la compétition de la bonne manière. Je pense que nous avions fait les bonnes choses pour faire en sorte que nos joueurs aient encore de l’essence dans le réservoir en finale. Bien sûr, les gars n’étaient plus frais comme des roses comme en début de tournoi, ce qui est normal, mais je suis convaincu aujourd’hui que notre préparation avait été adéquate. C’est donc avec la même approche que nous avons planifié l’entraînement de l’équipe en avril et la semaine qui s’en vient », a commenté Potvin.

Repos bienvenu

Les Cantonniers n’ont pas disputé beaucoup de rencontres dans les séries éliminatoires de leur ligue. Ils ont éliminé Amos et le Lac Saint-Louis dans le minimum de rencontres et contre Châteauguay et Gatineau, les deux séries trois de cinq se sont arrêtées à quatre parties.

« Nos séries ont été plus difficiles qu’on peut le croire. Il ne faut pas se fier au nombre de parties. Notre joute contre Châteauguay qui a nécessité sept périodes de jeu et presque cinq heures de jeu a laissé des traces. C’était visible dans les parties qui ont suivi. On connaît le style physique et robuste de Gatineau et il a fallu jouer avec acharnement pour se défaire d’eux en demi-finale. Contre le Lac Saint-Louis en finale, trois joutes ont pris fin avec un écart d’un but et deux fois il a fallu se rendre en supplémentaire pour trancher. Il n’y avait aucun moment de répit. Qu’on délaisse la glace pour quelques jours après les séries n’était pas un luxe. Cela a fait du bien à tout le monde. On a repris le collier rapidement et l’enthousiasme des gars n’a jamais fait défaut. Les recrues ont hâte de goûter à ce championnat, les vétérans attendent leur revanche depuis un an. Tous les éléments sont en place pour aborder la compétition avec un optimisme prudent. Il y avait tout près de 150 équipes midget AAA au début de la saison qui avaient les yeux sur la coupe Telus. Il n’en reste plus que six, en principe les meilleures au Canada. Il n’y a personne dans notre équipe qui prétend s’en aller dans un party », fait voir l’ex-gardien de but des Maple Leafs de Toronto qui sera de nouveau en pays de connaissance en remettant les pieds en Ontario.

Quatre premiers

 Le premier objectif des équipes à la coupe Telus est de terminer parmi les quatre premiers au classement de la ronde préliminaire, ce qui donne accès à la demi-finale. « Rien ne sert de viser absolument la première position. Tant mieux si ça se produit, mais cela ne fait pas partie des discussions avec nos joueurs. On se concentre sur notre performance, on veut débuter sur le bon pied lundi et ensuite on passera au deuxième match. C’est complètement inutile de se projeter trop loin en avant. Dans ce genre de tournoi, c’est vraiment le moment présent et un match à la fois », a expliqué Félix Potvin.

Les Cantonniers pousseront-ils l’audace jusqu’à clôturer les activités de leur 40e anniversaire avec un deuxième titre national, le premier survenu en 2000 ? Réponse dans une semaine.

Magog en mission 

En participant à la prochaine coupe Telus du 22 au 28 avril, les Cantonniers tenteront de mettre fin à une disette de 18 ans du Québec à ce championnat national midget AAA. Curieusement, durant cette léthargie, le Québec a raté le podium à une seule occasion, soit en 2010. Autrement dit, le Québec passe souvent proche, mais trébuche à la ligne d’arrivée.

Les Gouverneurs de Sainte-Foy (aujourd’hui le Blizzard du Séminaire Saint-François) en 2001 et les Cantonniers en 2000 ont été les deux dernières équipes québécoises couronnées à la Coupe Telus. Si les Cantonniers réussissent à renverser la vapeur cette année, ils deviendraient donc la première formation de la Ligue midget AAA du Québec à s’assurer le titre national deux fois depuis l’an 2000.

Privées de l’or depuis 2002, les équipes du Québec ont néanmoins atteint la finale à huit reprises durant cette séquence infructueuse et neuf fois elles ont ramené le bronze à la maison.

La prolongation

Avec un peu de veine, le Québec aurait certainement pu décocher l’or à une ou deux occasions depuis 2002. À quatre reprises les équipes fleurdelisées ont laissé filer la victoire en prolongation. Ce fut le cas en 2004 (Collège Charles-Lemoyne), 2012 (Collège Esther-Blondin), 2014 (Grenadiers de Châteauguay) et 2017 (Blizzard du Séminaire Saint-François).

En 2014 le Collège Esther-Blondin se voyait déjà dans le cercle des champions et menait 5-1 après 40 minutes. Or, faisant preuve d’indiscipline, le Collège Esther-Blondin a couru à sa perte pour finalement baisser pavillon 6-5 en prolongation devant Red Deer. L’état-major des représentants québécois en avait eu long à dire aux officiels après cette défaite frustrante, mais Gaston Therrien, alors président de la ligue, avait été sans équivoque et pour lui le Collège Esther-Blondin n’avait que lui-même à blâmer pour s’être effondré de la sorte.

Le poids du Québec

Les Cantonniers sont maintenant ceux qui ont le mandat de redonner au Québec une médaille d’or. Doit-on voir cela comme une pression supplémentaire pour les troupiers de Félix Potvin ? « Pas du tout, de répondre sans hésitation le mentor des Magogois. C’est évident qu’on entend parler de tout ça à l’approche du championnat, mais on ne peut rien changer au passé. On ne se dirige pas vers Thunder Bay en ayant le poids du Québec sur nos épaules. Vous pouvez être certains que nos joueurs vont tout donner pour s’assurer de la médaille d’or, mais l’objectif n’est pas de sauver l’honneur du Québec. Les époques changent, les joueurs aussi. Ce qui s’est passé en 2005, en 2010, ce n’est pas de notre ressort. Pourquoi s’en faire avec ça ? »

Reste qu’on a hâte de voir le Québec remonter sur la marche la plus haute du podium.