Anne Marcotte (en bleu), championne canadienne senior chez les 48 kilos, s’est inclinée dans un combat qui l’opposait à Emilia Dermott du Beaver Club d’Ottawa.

Les boxeurs sherbrookois bien testés

À l’approche des Championnats canadiens de boxe, les pugilistes du Club de boxe de Sherbrooke ont trouvé chaussure à leur pied samedi. Des athlètes du réputé Beaver Club d’Ottawa ont fait le voyage pour participer au gala et le moins que l’on puisse dire c’est que les visiteurs n’avaient pas l’intention de faire office de figurants.

Loïck Lahaie, qui s’est classé 2e aux Championnats canadien, a gagné son combat, mais par décision partagée face à Ian Newman. Les deux premiers rounds ont été à l’avantage du Sherbrookois, le troisième a été plus difficile.

« Durant le premier round, j’étais vraiment plus rapide et plus intelligent. Il y avait une différence de poids c’est certain parce qu’il me mettait de la pression et il était vraiment lourd. Le troisième round je n’avais plus de jambes alors j’ai fait du corps à corps. J’ai trop vécu d’affaires dans la vie pour abandonner. C’est ma vie la boxe. »

Il s’agissait d’une excellente préparation selon Loïck en vue des Championnats canadiens qui se dérouleront au mois d’avril.

« J’ai affronté un gars que je ne connais pas et c’est ça aux Canadiens, des adversaires que je ne connais pas du tout. C’est un avantage pour moi. Je vais être extrêmement prêt lorsque je vais arriver aux Canadiens. Mon objectif est d’être sur l’équipe nationale. »

Anne Marcotte à plat

Le dénouement a été beaucoup moins satisfaisant pour Anne Marcotte, championne canadienne senior chez les 48 kilos, qui s’est inclinée dans un combat qui l’opposait à Emilia Dermott, elle aussi championne canadienne, mais chez les juniors. La représente du Beaver Club se bat toutefois chez les 51 kg, une catégorie de poids supérieure à celle de la Sherbrookoise.

« Ça ne s’est pas passé comme ça aurait dû, je n’étais pas assez rapide, admet Anne Marcotte. J’étais lourde sur mes pieds. Ce n’est pas satisfaisant. »

Cette contre-performance survient à un bien mauvais moment pour Anne Marcotte qui est en pleine préparation pour les Championnats canadiens.

« C’était de voir ou j’étais rendue dans ma préparation et je vois que ce n’est pas à point encore. C’est une mauvaise journée au bureau, mais en boxe tu ne peux pas te reprendre. »

Tony ! Tony ! Tony !

C’est sous un tonnerre d’applaudissements qu’Anthoni Grenier a remporté son combat face à Hamza Roufid du Canada Fighting Club de Montréal. Le Coaticookois a dominé le combat de trois rounds de deux minutes du début jusqu’à la fin. C’est une 14e victoire pour Anthoni Grenier qui n’a subi qu’une seule défaite.

« J’aurais aimé que ce soit trois minutes, j’avais l’impression que je pouvais plus marquer à la fin des rounds, indique l’athlète de 27 ans. Mais mon adversaire ne voulait pas faire trois minutes, peut-être qu’il n’était pas en forme, mais moi je l’étais. »

Anthoni Grenier veut remonter dans le ring au moins trois ou quatre fois cette année pour prendre le plus d’expérience possible avant la compétition des Gants dorés.

« Je vais pratiquer mon équilibre et ma défensive. Je me laisse trop emporter par mes coups, je veux trop faire mal et mes jambes restent en place. Ça ne me dérange pas d’en prendre et j’aime ça en donner. Je ne veux pas que les gens s’ennuient en voyant mon combat. »

Dans les autres combats de la carte, Isaï Beauregard, Emerick Croteau et Derek Pelletier du Club de boxe de Sherbrooke ont remporté leur duel. Olivier Lapierre, Mia B.Spooner, Junior Pelletier et William Laroche ont toutefois dû s’avouer vaincus.

Et de 1000 pour Benoit Maltais

Benoit Maltais a arbitré son premier combat de boxe en 1997 à Granby et il s’en souvient encore. Le Saguenéen d’origine n’a jamais vraiment arrêté depuis et célèbre maintenant son 1000e combat en carrière. Et même après 22 ans, il est toujours aussi passionné par le sport.

L’arbitre Benoit Maltais a arbitré un 1000e combat de boxe olympique samedi soir à Sherbrooke.

« Le spectateur le mieux placé c’est l’arbitre, explique l’ancien boxeur qui a notamment arbitré des combats de Kéven Bizier, Stéphane Monast, Mikaël Zewski et Sébastien Demers. Il y a des combats incroyables parfois. Il a des boxeurs qui ont un respect et une bonne technique et qui travaillent pour l’emporter. »

« Parfois on voit de beaux renversements, poursuit celui qui estime avoir arbitré au moins une fois tous les boxeurs de Sherbrooke des 20 dernières années. J’aime écouter discrètement ce que les entraîneurs disent à leur boxeur. Parfois les boxeurs appliquent ces conseils et le vent change de côté. »

Benoit Maltais estime d’ailleurs que chaque gala de boxe professionnel devrait mettre en valeur des boxeurs olympiques pour les faire connaître.

Il n’est pas prêt non plus à prendre sa retraite du sport.

« C’est mon mode de vie, je vais en faire tant que la santé va le permettre, mais un moment donné ce sera important de laisser la place aux jeunes »