Le promoteur Robert Côté a présenté le projet résidentiel de 17 étages qu’il souhaite construire le long la rue du Pacifique.

Les 17 étages du Bonaparte bien accueillis

Le Bonaparte, ce projet résidentiel de 17 étages et de 50 M$ du promoteur Robert Côté, le long de la rue du Pacifique, a reçu un accueil chaleureux des quelque 80 citoyens présents à une soirée d’information jeudi. La séance organisée dans la salle communautaire du Pacifique, le complexe déjà construit par le promoteur en 2015, visait à tester la température de l’eau avant d’enclencher une réelle étude du dossier à la Ville de Sherbrooke.

En bref, M. Côté propose de déplacer la rue Pacifique dans le prolongement de la rue Roy pour la faire aboutir tout près de la rue Dieppe. Le long de la nouvelle voie de circulation, il construirait un bâtiment commercial et une tour de 200 appartements comptant au total 17 étages. Celle-ci, vitrée, offrirait des appartements de trois à cinq pièces et demi, aurait une salle communautaire avec une vue sur la rivière et une piscine sur le toit.

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L’architecte Jean Mailhot, d’Architech Design, rappelle que la Ville avait consenti à la construction d’un édifice de sept étages, d’un édifice commercial de deux étages et de 160 logements supplémentaires répartis sur neuf étages en 2013. Or, le projet aurait évolué. En profitant du dénivelé naturel du terrain, le bâtiment de 17 étages projeté serait plus haut de quatre à six étages que les édifices déjà construits le long de la rue McManamy.


«  Je dois rentabiliser mon terrain. Pas de volume, pas de projet. Sinon, je dois faire deux bâtiments de neuf étages.  »
Robert Côté

« La présence d’un bâtiment commercial de proximité sera indispensable parce que 25 % de la clientèle du secteur n’aurait pas de voiture », laisse entendre Robert Côté, qui souhaiterait amorcer la construction aussitôt que la Ville lui accordera les permis.

Dans un vote à main levée, seulement cinq personnes se sont opposées au projet.

Pourquoi 17 étages au lieu des neuf approuvées au départ?, a demandé un citoyen. « Je dois rentabiliser mon terrain. Pas de volume, pas de projet. Sinon, je dois faire deux bâtiments de neuf étages. Si mon projet est rejeté, c’est ce que je ferai : deux fois neuf étages. Et la rue ne sera pas déplacée. Mais ce serait mieux 17 étages. Ça cacherait moins la vue. J’espère que la logique va l’emporter. » À noter que le projet approuvé en 2013 ne fait état que d’un bâtiment de neuf étages.

Une citoyenne s’est montrée emballée. « Personnellement, ça m’emballe. Vous faites toujours des projets avec de la classe. J’ai peur que vous vous tanniez et que vous vendiez le terrain à d’autres. Je suis bien avec ce que vous proposez. »

Un homme a dit craindre la densité de la circulation automobile qui serait générée, même s’il se disait favorable au projet. Une résidente du Pacifique en a profité pour dénoncer que le passage piétonnier près de la rue Dieppe soit très peu respecté par les automobilistes.

Robert Côté, heureux de l’adhésion des citoyens présents, rapporte que son projet est déjà déposé à la Ville. « J’attends juste qu’ils se bougent. Ils disaient que tout le monde serait contre, mais ce n’est pas vrai. Maintenant, qu’ils passent à l’action. »

Gingues ouvert

Le conseiller du district, Paul Gingues, estime que la Ville se doit d’étudier la proposition de M. Côté. « Le vote à main levée semblait représentatif de gens du secteur. Il faudra se poser la question très prochainement au comité consultatif d’urbanisme. Les gens ont peut-être une réticence par rapport à la hauteur, mais on me dit depuis que je suis en politique qu’il faut arrêter l’étalement urbain. Si on veut arrêter l’étalement urbain, il faudra penser hauteur. Si c’est beau et bien fait, qu’on pousse la note pour que le bâtiment soit vert, ça mérite d’être étudié. Et moi, je pense que le déplacement de la rue serait un plus. Je trouve intéressant que la vue ne soit pas bloquée pour les citoyens qui resteraient derrière. »

Enfin, M. Gingues rapporte que les commentaires qu’il a reçus par courriel sont plus partagés que l’opinion relevée dans la séance d’information de jeudi.