Le propriétaire de la Bibitte mobile, Pierre-Olivier Ouellet, tente de rendre l'entomologie accessible à travers la province et de réconcilier ses visiteurs avec les insectes incompris.

Les « bibittes » ont la cote

Ils ont suscité tant la peur que la curiosité ou l’émerveillement, mais chose certaine, ils ont volé la vedette au parc du Domaine-Howard cette fin de semaine : les insectes de la Bibitte mobile, qui déployait sa collection de 10 000 spécimens pour une première fois à Sherbrooke, auront attiré près de 1500 personnes samedi sous le chapiteau aménagé au Rendez-vous d’Howard.

Pour le propriétaire, Pierre-Olivier Ouellet, c’est un achalandage au-delà des attentes. Son populaire « insectarium ambulant », qui visite les Sherbrookois ces 7 et 8 septembre, est né d’un désir de rendre l’entomologie accessible partout en province.

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Devant d’impressionnantes bêtes comme les mantes religieuses ou les tarentules, M. Ouellet voit ses visiteurs épatés, mais il se félicite aussi de les voir quitter moins apeurés qu’à leur entrée, affirme-t-il.

« La peur des araignées, l’arachnophobie, est la phobie la plus répandue sur terre », fait remarquer celui qui avait revêtu l’habillement d’un expert des années 30 pour l’occasion.

Pour apaiser le mépris et l'incompréhension des insectes, son exposition s’attarde au rôle écologique de certaines espèces. Le biologiste connaît bien leur importance, c’est pourquoi des textes éducatifs accompagnent les insectes mis en vedette.

Les fausses croyances sont elles aussi à combattre. « Je dirais que quelque chose qui est peu compris au Québec, c’est le terme venimeux. Les gens pensent automatiquement que si c’est venimeux, c’est mortel. En fait, très peu de venins sont mortels. Au Québec, on a plus de 900 espèces de guêpes et la plupart sont venimeuses. Les piqûres sont douloureuses, tout comme celles de l’abeille à miel ou du bourdon. Ça fait hyper peur aux gens, mais quand on leur explique, ils vont avoir beaucoup moins peur des insectes. »  

L’événement est conçu pour les familles, indique-t-il. Son grand chapiteau aux airs de forêt tropicale invite notamment les visiteurs à manipuler des espèces vivantes, à confectionner des cadres souvenirs, à découvrir le goût des insectes, où à réaliser une chasse aux trésors – des cocons de soie.

Passionné des insectes, Tristan Roy ne tenait plus en place sous le chapiteau de la Bibitte mobile.

Ami de la nature

Le jeune Tristan Roy ne tenait plus en place. Ce qu’il a préféré ? « Tout! », répond-t-il avec assurance. Il s’attendait à un bel après-midi, mais il a été plus qu’agréablement surpris de voir un véritable scorpion vivant. Même s’il n’aurait pas particulièrement aimé le tenir dans ses mains, il n’a pas peur des bestioles. « La nature est mon amie », établit-il fièrement.

C’est un passionné d’insectes, explique son père, Alexandre Roy. La famille de Saint-François-Xavier-de-Brompton est venue au Rendez-vous d’Howard spécifiquement pour l’exposition, dont elle a connu l’existence sur les réseaux sociaux.

« Ça nous a permis d’essayer de nouvelles choses. C’est impressionnant de tenir une tarentule dans ses mains! » partage M. Roy.

Sherbrooke est le premier arrêt de la tournée automnale du Festival des insectes de la Bibitte mobile. Des expositions à Montréal, Québec, Rimouski, Chicoutimi et Saint-Georges sont aussi prévues.

Le coût d'entrée est de 5 $ par personne. 

Le Festival des insectes de la Bibitte mobile aura attiré près de 1500 personnes samedi sous son chapiteau du Rendez-vous Howard.

+ Festivités d'époque

Sherbrooke a fait un bond de près de 90 ans en arrière, ce week-end, à l’occasion du traditionnel Rendez-vous d’Howard. Juste à temps pour vivre les débuts du jazz, et de la formation Dixie Sherby.

Les six musiciens de l’ensemble vivaient leur toute première performance en public, samedi après-midi. Les membres d’origine sherbrookoise unissent leurs talents à temps perdu depuis un an, inspirés par l’énergie du Dixieland, une musique de La Nouvelle-Orléans « qui met de la joie dans le cœur des gens », comme le partage Marc-Olivier Robidas, à la trompette et au chant.

« C’est difficile de rester immobile, c’est très communicatif comme musique », lance le membre du groupe. La formation attirait l’attention des passants au parc du Domaine-Howard, alors qu’elle se déplaçait et improvisait par moments.  

Personnages d’époque, initiation à la culture abénaquise, rencontre avec des artistes locaux, thé à l’anglaise : le nombre d’attraits au Rendez-vous d’Howard est proportionnel à la dimension du domaine.

Au départ, l’événement avait été créé pour inviter les citoyens à s’y promener: ses allures de domaine privé semblaient les en empêcher. Les temps ont changé, peut-on constater en ce samedi bondé.

C’est également une façon de revivre l’époque où Charles Benjamin Howard, riche industriel qui a également été député fédéral, sénateur et maire de Sherbrooke, ouvrait les portes de son domaine aux citoyens, quelques jours par année.

« C'est comme si tu te promenais dans le temps », lance Julie DiTomasso, venue en famille pour le conte Réguines et fantômes : enquête sur le Chemin des Cantons.

« C’est la première fois que je viens. Je ne pensais pas qu’il y avait autant d’activités, je vais devoir revenir demain! » lance-t-elle à la plus grande joie de sa fille Éloïse, qui a déjà dans sa mire les tours de poneys et de calèche.

« La nourriture est vraiment très abordable », fait aussi remarquer Mme DiTomasso.

L'événement, qui a débuté vendredi, se poursuivra dans la journée de dimanche.

Déambulant et improvisant des airs inspirés des débuts du Jazz, le nouvel ensemble Dixie Sherby vivait sa première prestation en public. Les membres du groupe : Marc-Olivier Robidas (trompette), Louis-Jordan Ruel (saxophone soprano), Gabriel Breton (guitare), Zachary Lavigne (tuba), Dominic Dion (percussions) et Antoine Martin (trombone).