Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, était de passage dans les bureaux de La Tribune, lundi, pour discuter des enjeux régionaux de la campagne électorale.

Legault promet 10 M$ pour la décontamination des sols

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, promet de verser 10 M$ à la Ville de Sherbrooke pour l’aider à décontaminer ses terrains. De passage en table éditoriale à La Tribune lundi, M. Legault a affirmé que s’il est élu le 1er octobre, il accorderait cette aide financière ponctuelle et récupèrerait une partie de l’argent investi grâce à la hausse de la valeur des terrains.

« J’avais déjà proposé dans le projet Saint-Laurent de décontaminer les terrains dans les grandes villes pour permettre d’attirer des entreprises avec des emplois bien payés. Je prends l’engagement de créer un fonds spécial de 10 M$ à Sherbrooke, un fonds qui sera géré d’un côté par Investissement Québec, d’où viendra l’argent, et en collaboration avec la Ville de Sherbrooke. Plusieurs approches peuvent être privilégiées. Ce sera soit la Ville ou le privé qui fera l’acquisition de certains terrains, mais les 10 M$ serviront à décontaminer. »

Comme le dévoilait La Tribune en juillet dernier, au moins 125 terrains ont été ou sont contaminés sur le territoire de la Ville de Sherbrooke, selon le répertoire publié par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Parmi ceux-ci, l’ancienne gare du CP, le site Hooper de la rue Galt Ouest, et le terrain du Village de Chine.

« Ce sont des terrains qui permettront d’attirer des entreprises. Ce qu’on nous dit, autant l’ancien maire que le nouveau maire, c’est qu’il est difficile de développer le centre-ville à cause de ces terrains contaminés.

« Ce qu’on se rend compte, c’est qu’à moyen terme, c’est payant pour le gouvernement de le faire. Quand on additionne la valeur actuelle du terrain et le coût de la décontamination, et qu’on compare avec la nouvelle valeur marchande quand on met en place une zone d’innovation, celle-ci est supérieure à notre coût. Si la valeur du terrain s’apprécie, on repaye le gouvernement en premier. »

En juillet, Michael Howard, directeur adjoint du Service de la planification urbaine et du développement durable à la Ville de Sherbrooke, affirmait que les programmes gouvernementaux pour la décontamination étaient très sévères. Il relevait que le site du garage municipal et celui de la salle de diffusion intermédiaire devraient être décontaminés. 

Un coup de pouce pour le train

La décontamination de l’ancienne gare du CP, par exemple, pourrait par ailleurs contribuer à l’établissement d’une nouvelle gare et d’une cellule commerciale ou résidentielle si le projet de train de passagers entre Montréal et Sherbrooke se concrétisait. 

« Nous sommes les champions du camion au Québec et pourtant nous avons un fabricant de trains au Québec. C’est important d’avoir des dessertes de train. Je suis très ouvert au projet qui est en marche actuellement. On brûle beaucoup moins de GES si on effectue le transport en train par rapport au transport en camion. C’est une question de transition. Nous sommes pour le transport en commun. Il ne faut juste pas le faire en faisant souffrir indûment les automobilistes. C’est sûr que dans 25 ans, il y aura beaucoup plus de gens qui utiliseront le transport en commun, mais il faut d’abord qu’il y ait une offre. »

M. Legault s’est montré prudent devant l’échéancier du promoteur visant à mettre un train en service en 2019. « Il y a beaucoup de choses qui dépendent du fédéral. Je ne m’engagerai pas dans un délai. »