La cyberdépendance ne se calcule pas nécessairement en heures passées derrière un écran.

L’écran qui fait oublier

SHERBROOKE — Les accros aux réseaux sociaux, jeux vidéo, pornographie en ligne ont accès à un nouvel outil. Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS offre désormais un programme pour contrer la cyberdépendance. Le programme de douze rencontres destiné aux personnes âgées de 15 à 35 ans débute cet automne.

« Une équipe d’experts a élaboré une offre de service qui sera donnée en groupe et qui traitera de différentes thématiques liées à la cyberdépendance et l’ensemble des problématiques qui y sont reliées de façon spécifique. Dès qu’on aura suffisamment d’inscriptions, soit une dizaine, nous commencerons les rencontres », explique le coordonnateur des services de proximité en santé mentale et en dépendance au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Richard Vaillancourt, ajoutant que les rencontres auront lieu au Centre Jean-Patrice Chiasson, situé sur la rue King Ouest.

La cyberdépendance se manifeste de la même manière que les autres dépendances. « Comme pour la drogue, l’alcool ou le jeu de hasard, la cyberdépendance mène les gens à délaisser l’ensemble de leurs champs d’intérêt au profit, dans le cas de la cyberdépendance, de l’utilisation d’internet. Des gens vont choisir de s’isoler, d’éviter des rencontres sociales, de ne plus manger en famille pour demeurer en lien avec leur tablette, leur ordinateur ou leur cellulaire », souligne M. Vaillancourt.

La cyberdépendance ne se calcule pas nécessairement en heures passées derrière un écran. « L’informaticien qui passe 40 heures par semaine devant son ordinateur n’est pas cyberdépendant. Il remplit sa fonction sociale. Un étudiant qui délaisse ses cours pour aller sur internet, un employé qui néglige son travail pour aller sur internet ou un parent qui passe 12 heures sur internet par semaine, mais qui ne s’occupe pas de ses enfants à cause de cela, voilà trois exemples de gens qui délaissent leur fonction sociale », spécifie le coordonnateur.

Ouvert à tous

Si le programme est destiné aux adolescents et aux jeunes adultes, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS ne refusera aucun cyberdépendant.

« Il faut comprendre que si le programme s’adresse aux 15 à 35 ans, c’est parce que cette tranche d’âge est particulièrement touchée par la cyberdépendance selon les données probantes. Si une personne de 37 ans ou de 14 ans nous contacte, on ne la refusera pas. Et si un parent nous contacte à propos d’un enfant de 10 ans, on le traitera aussi, mais peut-être de façon individuelle si on juge que ce n’est pas approprié de l’intégrer aux rencontres de groupe. On fera la part des choses », note M. Vaillancourt, précisant que le service est aussi offert aux proches de cyberdépendants.

À l’extérieur de Sherbrooke, étant donné qu’il est peu probable d’atteindre la masse critique, le service sera offert de façon individuelle. « Même en groupe, il est important de souligner qu’on n’est pas dans une formule de témoignage et partage d’expériences de vie comme dans les Alcooliques anonymes, mais plutôt de séances d’information, d’ateliers, d’un travail de réflexion et de distribution de documentation », mentionne le coordonnateur.

Ceux qui veulent avoir plus d’information sur le programme ou veulent s’y inscrire n’ont qu’à contacter le Centre Jean-Patrice Chiasson ou se rendre dans un CLSC. Aucune référence médicale n’est requise pour participer aux rencontres.