Les activités de l'école de ski nautique Jean-Perrault ont dû être annulées 12 fois l'été dernier en raison de la mauvaise qualité de l'eau du lac des Nations.

L'eau du lac des Nations cotée D 60 % du temps

Les activités de l'école de ski nautique Jean-Perrault ont dû être annulées 12 fois l'été dernier en raison de la mauvaise qualité de l'eau du lac des Nations. La Ville de Sherbrooke s'active à trouver les sources de contaminants qui entraînent la détérioration de la qualité de l'eau et répètera la démarche de 2016 pour l'aider dans ses recherches.
Avec l'école de ski nautique, la Direction de la santé publique et le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, la Ville avait mis sur pied un programme de surveillance estival comportant des analyses bactériologiques. Dix stations d'échantillonnage avaient été installées dans le lac des Nations et cinq d'entre elles permettaient d'établir une cote pour la qualité de l'eau.
« Nous avons réalisé qu'il faut douze heures à une contamination pour traverser le lac. En raison de la configuration du cours d'eau, il y a une plus grande stagnation près du pavillon Armand-Nadeau. L'Université de Sherbrooke a formulé quatre recommandations. Elle suggère entre autres d'ouvrir le barrage la nuit pour permettre à l'eau de s'écouler. Mais ce serait difficile à faire parce que ça nécessite la présence d'opérateurs sur les lieux », explique Chantal Pelchat, chargée de projet en environnement à la Ville de Sherbrooke.
Les autres recommandations concernent la construction d'une station météo, le mode d'échantillonnage dans le lac et les mesures de turbidité lors de l'échantillonnage.
« Il y avait des grandes différences entre la plage Blanchard et l'eau du lac », relève Mme Pelchat.
Cote D 21 fois sur 37
Pour l'été 2016, la cote D a été obtenue 21 fois sur les 37 jours d'échantillonnage, soit 60 % du temps. La cote D devait entraîner la suspension des activités de ski nautique. « C'est un dur constat, mais cette collecte de données est importante pour corriger la situation. Nous sommes arrivés à trouver un parcours alternatif dans le secteur est du lac pour le ski nautique », explique Mme Pelchat. Les activités de ski ont donc pu se poursuivre quand il pouvait être établi que la qualité de l'eau était meilleure à l'est qu'à l'ouest.
« Cette année, au lieu de calculer la cote avec cinq stations, nous effectuerons des calculs séparés pour le secteur est et le secteur ouest. »
Pour 2017, une équipe de recherche et de réparation tentera de trouver les raccordements illicites de conduites sanitaires au réseau pluvial. « Nous avons des doutes qu'il y a des raccordements inversés. Nous donnerons la priorité aux rejets pluviaux en amont du lac des Nations », rapporte Michael Howard, directeur du Service de la planification urbaine et du développement durable.
Les recherches mèneront dans le secteur des rues de Quatre-Pins, Roy et Mi-Vallon.
Les indices pointent vers le secteur Hertel, où la concentration de coliformes fécaux augmente drastiquement dans la rivière Magog.
« Nous avons trouvé des problèmes majeurs entre le poste Hertel et le parc des Quatre-Pins. Nous avons trouvé trois gros cas de conduites sanitaires déboîtées qui s'écoulent dans le pluvial. Nous les réparons avec nos budgets. Si les besoins sont plus grands, nous reviendrons en parler au conseil », explique Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines.
La conseillère Christine Ouellet suggère de prendre des mesures préventives pour empêcher les mauvais raccordements lors de la construction de nouvelles maisons.
« Dans les nouveaux quartiers, les raccordements doivent être faits par des plombiers, des professionnels. Nous avons une poignée en ce sens-là. Le recours est là », a ajouté son collègue Bruno Vachon.