La Ville de Sherbrooke redoublera d’ardeur pour sensibiliser les quelque 3500 propriétaires riverains d’un lac, d’une rivière ou d’un ruisseau qui n’ont pas encore revégétalisé leurs berges.

Le temps presse pour la remise en état des berges

Le sursis accordé aux citoyens résidant en bordure d’un lac, d’une rivière ou d’un ruisseau pour remettre en état les berges prendra fin le 31 octobre. Les propriétaires riverains devront à ce moment avoir planté des végétaux et avoir cessé la tonte du gazon dans une bande de cinq mètres le long des cours d’eau. La Ville de Sherbrooke redoublera d’ardeur pour sensibiliser les quelque 3500 propriétaires concernés.

Le règlement s’applique aux rives du lac Magog, des rivières Magog, Saint-François, Massawippi et aux Saumons, ainsi qu’aux rives des ruisseaux. Les propriétaires doivent se procurer un certificat d’autorisation gratuit pour planter des végétaux dans la bande riveraine, simplement pour permettre à la Ville de les informer des bonnes façons de faire. En 2018, 40 certificats ont été délivrés.

L’an dernier, la Ville a procédé à la distribution gratuite d’arbres et arbustes à 400 riverains et elle entend répéter l’exercice le 1er juin, exclusivement pour les 3500 propriétaires concernés par la règlementation.

Selon les documents rendus publics par la Ville de Sherbrooke, certains propriétaires étaient surpris d’apprendre qu’un ruisseau traversait leur propriété alors qu’ils croyaient qu’il s’agissait d’un fossé. Dans le même sens, ils jugent incohérent de protéger les berges des ruisseaux, mais pas celles des fossés. Certains ont aussi estimé que les ruisseaux présentaient une importance moindre qu’un lac ou une rivière.

Michael Howard, le directeur adjoint au Service de la planification urbaine et du développement durable, déconstruit cette perception. « Que ce soit un bord de rivière, de lac ou de ruisseau, l’eau se ramasse à la même place à la fin. Pour les citoyens, qu’on soit sur le bord du lac ou du ruisseau, il y a le même poids écologique dans la balance. »

Les documents municipaux laissent aussi filtrer que plusieurs citoyens souhaiteraient un dédommagement financier et que certains d’entre eux ont avoué qu’ils attendraient d’avoir un avis d’infraction avant de commencer la plantation.

« On a déplacé la date butoir à la fin de cette année pour se donner toute une année d’accompagnement et d’influence. Il faut savoir que certains propriétaires n’ont pas besoin de faire des interventions », résume Yves Tremblay, directeur du Service de la planification urbaine et du développement durable.

Des exemples d’aménagements

Les citoyens pourront par ailleurs voir des exemples de remise en état des berges en se rendant au lac des Nations. Tous ceux qui sont concernés ont déjà été avisés par lettre et ont reçu un guide pour leur expliquer les raisons de la règlementation.

« En plus du don de végétaux, nous ferons des démos de la remise en état des berges au lac des Nations, du côté de l’hôtel. Ce seront des démonstrations de différents types d’aménagement. Ce seront des sections de 100 pieds, comme un terrain de grandeur normale. Il y aura des panneaux avec le nom des espèces de plantes pour que les gens puissent se les procurer à leur pépinière », explique Michael Howard.

La Ville poursuivra son travail en soutien aux citoyens cette année et compte amorcer ses inspections l’an prochain pour s’assurer que les 3500 propriétaires se sont conformés au règlement. Des constats d’infraction pourraient alors être distribués. La Ville étudiera aussi la possibilité de réglementer les fossés pour interdire le contrôle de le végétation sur une largeur de un ou deux mètres.

La conseillère Danielle Berthold a salué la décision de ses pairs de repousser au 31 octobre la date limite pour procéder à la remise en état des berges. « Elle n’a été que bénéfique pour que les citoyens s’approprient ce nouveau programme. »

Paul Gingues, lui, a voulu s’assurer que toutes les mesures seraient prises pour encourager les citoyens à se conformer avant de donner des constats d’infraction.