La directrice de la Santé publique de l’Estrie, Mélissa Généreux

Le tatouage amateur, un phénomène qui gagne en popularité

Le tatouage de type « Stick N’Poke » réalisé par des amateurs gagne en popularité dans la région. La directrice de la Santé publique de l’Estrie, Mélissa Généreux, met en garde la population et recommande plutôt de se tourner vers des professionnels.

« La méthode Stick N’Poke gagne en popularité en Estrie. Ce n’est pas quelque chose qui est nouveau... Ça existe depuis quelques années. Ce n’est pas tant la technique qui peut être inquiétante, mais le fait que ce soit réalisé de manière amateur, dans des lieux, bien souvent, qui ne sont pas conçus à des fins de tatouage (...) On va cibler les mineurs ou les jeunes adultes. Le recrutement se fait lors de partys, par bouche-à-oreille, par les médias sociaux ou dans les lieux publics. Il y a une perception de risques qui est réduite chez les jeunes en se disant que c’est une technique naturelle, artisanale, même ancestrale. Ce n’est pas parce qu’on utilise tous ces qualificatifs-là que c’est plus sécuritaire pour la santé », explique Dre Généreux.

Avec cette méthode, les tatoueurs travaillent simplement avec une aiguille, ils n’ont pas besoin de machines ou d’installations. Bref, une technique relativement simple et facilement accessible.

En matière de menaces pour la santé, on peut penser aux risques de contracter l’hépatite B et C, de même que le VIH, note Dre Généreux, qui souligne que c’est plus rare dans le cas du VIH.

Les personnes s’exposent aussi à des risques d’infection bactérienne, qui peuvent mener jusqu’à une septicémie ou une cellulite. Jusqu’ici, la Santé publique ne recense aucun cas de complication.

Dre Généreux a fait le point, mardi, sur les services itinérants de tatoueurs amateurs.

Quelques dizaines de personnes auraient été tatouées au cours des dernières semaines avec la méthode « Stick N’Poke » par les deux tatoueurs rencontrés par le Service de police de Sherbrooke (SPS), selon Dre Généreux. « Le fait rassurant, selon les pratiques que les tatoueurs nous ont rapportées, il n’y avait pas lieu de s’inquiéter outre mesure pour les personnes qui ont été tatouées. »

Rappelons que deux hommes de 19 et 21 ans ont sollicité des mineurs au parc Ma Villa dans le secteur de Saint-Élie. Ils offraient des tatouages permanents à aiguille à plusieurs mineurs au coût de 20 $ de l’heure. Ils étaient recherchés par le SPS. L’affaire ayant fait grand bruit sur les médias sociaux ce week-end, les deux hommes se sont présentés eux-mêmes au poste de police. La Santé publique a aussi eu un échange avec les jeunes hommes après avoir été contactée par le SPS pour une menace potentielle à la santé de la population. Qui sont les personnes qui ont été tatouées par ces deux hommes? « Ils nous disent ne pas avoir tatoué de mineurs, mais on a l’évidence que d’autres mineurs ont été tatoués, pas forcément par ces jeunes-là. »

À la lumière des informations recueillies, cet incident n’est pas un cas isolé. D’autres tatoueurs amateurs sont aussi à l’œuvre, parfois dans des espaces où les conditions d’hygiène ne sont pas respectées et/ou dans un contexte il peut y avoir une consommation d’alcool.

Si une personne souhaite se faire tatouer, elle doit se tourner vers un expert professionnel, recommande Mélissa Généreux, et elle doit être en mesure d’exercer un consentement éclairé. Les personnes qui auraient été témoins d’activités de tatouage ne respectant pas les règles de l’art peuvent contacter la Direction de la santé publique de l’Estrie au 819 829-3400, poste 42250. Elles peuvent aussi communiquer avec elle par sa page Facebook, en message privé.