Ce sont les horaires de travail qui sont au coeur du litige à Sintra. Pour Guy Clément, qui travaille pour cette entreprise depuis les 32 dernières années, accepter serait comme un recul de 20 ans.

Le syndicat dénonce les changements d’horaire imposés chez Sintra

Des changements à l’horaire de travail chez Sintra compliquent les négociations pour le renouvellement de la convention collective. Après 20 ans de pratique, l’employeur exige des modifications, ce qui ne plaît pas aux employés.

« Présentement, les employés font des journées de neuf heures du lundi au jeudi et font une journée de quatre heures le vendredi matin, ce qui leur permet de se remettre en forme le vendredi après-midi et d’avoir deux jours avec leur famille, explique le président du conseil central de l’Estrie — CSN, Denis Beaudin. Depuis 20 ans, ils ont un horaire de travail et aujourd’hui, ils veulent des changements qui ont des conséquences importantes sur les travailleurs. »

« L’employeur donne deux options : soit de faire quatre fois dix heures, ce qui est bon pour la vie familiale. Mais avec la difficulté du travail, c’est inacceptable. À la fin de leur neuf heures, ils doivent aller se reposer, ils sont à bout. Ce serait dangereux. L’autre option, c’est de faire cinq journées pleines. Ils perdent une demi-journée de congé », poursuit-il, ajoutant qu’au moins deux des quinze employés devraient partir si l’horaire venait qu’à changer.

Selon M. Beaudin, des conséquences familiales ou en matière de sécurité pourraient être observées avec les nouveaux horaires. « Ils ont des emplois très difficiles dans la carrière et dans le concassé. Ils ont réussi à avoir un horaire de travail acceptable, donc on veut le maintien de cet horaire », demande-t-il.

Le syndicat ne comprend pas pourquoi l’employeur tient absolument à changer l’horaire de travail. « S’il y a vraiment une problématique, on va trouver une solution, mais ce n’est pas par les changements d’horaires que ça passe. »

Actuellement, les négociations en sont au point mort entre l’entreprise et le syndicat. « On n’a même pas parlé d’argent. Tant qu’on ne règle pas l’horaire, ça n’ira pas plus loin », commente Denis Beaudin, rappelant que la convention collective est échue depuis le 31 décembre dernier.

L’opérateur de chargeuses, Guy Clément, travaille chez Sintra depuis 32 ans. « On recule de plus de 20 ans. Il y a 20 ans, on n’avait pas des horaires comme les employeurs veulent nous faire faire. Je leur ai demandé pourquoi ils voulaient nous faire faire ce genre d’horaire et ils m’ont dit que ce n’était pas payant de démarrer les machines pour quatre heures le vendredi », déplore-t-il.

« Nos anciens dirigeants avaient fait cet horaire-là, pour faire de la maintenance le vendredi, continue-t-il. De ma part, c’est la santé et sécurité qui m’inquiète. Nous sommes dans un domaine dangereux. Il fait très chaud l’été et très froid l’hiver. »

« Plus les journées sont longues, plus il y a des risques d’accident », résume M. Clément, assurant que les employés sont prêts à négocier.
La direction a décliné la demande d’entrevue.