Dany McConnell, directeur du Service de police de Sherbrooke

Le SPS imposera des amendes en dernier recours

Même s’il compte utiliser la discussion et l’éducation avant de s’y rendre, le Service de police de Sherbrooke dispose du pouvoir d’imposer des amendes allant de 1000 $ à 6000 $ pour les personnes qui ne respecteront pas le décret gouvernemental d’éviter les rassemblements.

« Ces pouvoirs seront utilisés dans le cas d’absolue nécessité. Nous demandons la collaboration, la responsabilisation et l’autorégulation des citoyens de Sherbrooke. Nous n’allons pas courir après les gens pour donner des constats d’infraction. Des étapes seront suivies et nous voulons d’abord éduquer les gens », signale le directeur du Service de police de Sherbrooke, Dany McConnell.

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En point de presse, dimanche, il a invité les gens de 70 ans et plus avec les parties de cartes, les 18 à 35 ans avec les partys et l’ensemble de la population avec les rassemblements familiaux à tout cesser le temps que durera la crise de la COVID-19.

« Arrêtez tout ça immédiatement. C’est terminé. Si nous sommes appelés à intervenir sur ces types de situations, nous allons demander d’arrêter et expliquer avant d’utiliser les moyens coercitifs s’il n’y a pas de collaboration », signale le directeur McConnell.  

Contrairement à certaines autres villes comme Québec, le SPS n’a pas eu à intervenir concernant des plaintes de rassemblements liées à la COVID-19.

« À Sherbrooke, nous n’avons pas eu de cas semblables. Je veux féliciter la population. Je demande aux citoyens de ne pas amener le service de police à appliquer des moyens de coercition. Ce n’est pas le but. Bien avant cela, nous allons évaluer la situation, demander la collaboration, éduquer, demander, que pour leur bien et celui des autres pour éviter la propagation de la COVID-19, de collaborer avec nous. Mais nous pourrions aller jusqu’à utiliser des moyens coercitifs. Ça restera cependant la dernière mesure à prendre. C’est une crise sanitaire, voire économique, mais pas de sécurité publique pour l’instant. Cette distanciation sociale est très importante. Nous ne sommes plus à l’heure des choix », rappelle Dany McConnell.

C’est en vertu de la loi sur la santé publique que les corps policiers pourront émettre de tels constats d’infraction pour les gens qui ne veulent pas comprendre.

« Le SPS collabore avec les autorités de la santé publique dans le seul but de freiner la propagation de la COVID-19. L’objectif est de protéger la population de Sherbrooke », assure M. McConnell.


« Les fêtes de famille sont terminées. »
Steve Lussier

Le maire de Sherbrooke Steve Lussier estime que la collaboration de la population est présente.

Il a répété les règles de base de se laver les mains, de se distancier socialement et d’éviter les rassemblements.

« Des organismes ont annulé leurs rassemblements. Les fêtes de famille sont terminées. On demande de mandater une seule personne de la famille pour faire l’épicerie. On peut même se la faire livrer », indique le maire de Sherbrooke.

Nouveaux cas

Le coordonnateur des mesures d’urgence à l’organisation municipale de la sécurité civile (OMSC) à Sherbrooke, Stéphane Simoneau, a signalé que les prédictions se concrétisaient avec la multiplication des cas d’infection à la COVID-19 parmi la population.

 « Nous ne sommes pas étonnés des dernières nouvelles que nous avons apprises. On comprend maintenant plus l’urgence des plans mis en œuvre depuis plus d’une semaine. Le citoyen a appris à faire les choses différemment. Il y a plus de gens convaincus qu’il y a de gens qui restent à convaincre », estime M. Simoneau.

Malgré les nouveaux cas aux Résidences Soleil, le niveau d’alerte n’a pas été modifié à Sherbrooke.

« Cette éclosion est circonstancielle et localisée. Nous surveillons de près l’évolution de la propagation sur notre territoire, mais pour l’instant les indicateurs nous demandent de ne pas de changer le niveau d’alerte. Tous les préparatifs sont faits, dont le plan de contingence », mentionne M. Simoneau.

Le coordonnateur des mesures d’urgence à l’OMSC a invité la population au calme.

« Il est important de collaborer, de s’entraider et d’écouter les consignes. Le sens des valeurs humaines et la collaboration vont être la façon de s’en sortir », estime Stéphane Simoneau.