La conseillère et cheffe intérimaire de Sherbrooke Citoyen Évelyne Beaudin est en attente d’un avis juridique des services de la ville afin de rétablir les faits. « Je déteste la désinformation plus que tout », clame-t-elle.

Le sondage lancé par Beaudin n’a rien d’illégal  

SHERBROOKE — Le ministère des Affaires municipales contredit le directeur général de la Ville de Sherbrooke à propos du sondage en ligne lancé par Sherbrooke Citoyen : la Loi sur les cités et villes ne régit pas ce type d’intervention. Évelyne Beaudin réclame un mea culpa de la part de Daniel Picard qui a « entaché [sa] réputation et donné des armes à [ses] adversaires politiques ».

« M’accuser d’enfreindre la loi, c’est une accusation grave de la part d’un directeur général », souligne Mme Beaudin.

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Rappelons que deux jours après le lancement du sondage destiné aux employés municipaux et visant à connaitre des façons d’améliorer l’efficacité de l’appareil municipal, Daniel Picard avait accusé Évelyne Beaudin d’avoir enfreint la Loi sur les cités et villes.

« Par ses actions, en sollicitant les employés, nous considérons que Mme Beaudin a enfreint plusieurs règles de la Loi sur les cités et villes. Dans la loi, le pouvoir de communication auprès de la fonction publique est clairement identifié à l’article 114 et il appartient au dg », avait-il déclaré devant les médias qu’il avait lui-même convoqués.

Or, vérification faite par le 107,7 auprès du ministère des Affaires municipales, l’article 114 n’encadre pas ce genre d’initiative.

« La loi n’établit pas de limites précises sur les initiatives et les démarches que les élus peuvent entreprendre individuellement auprès d’employés municipaux pour alimenter leur réflexion sur les affaires municipales, par exemple par le biais d’un sondage qu’ils peuvent remplir sur une base volontaire », peut-on lire sur le site du 107,7, qui relate un courriel reçu du ministère.

« Je ne suis pas surprise puisque ça corrobore ce que nous avions comme information de notre côté. Mais je reste sur ma position : pour qu’un directeur général d’une municipalité dise au public qu’une élue a enfreint la loi, il faut qu’il soit triplement sûr de lui, il faut qu’il ait fait toutes les vérifications nécessaires, ce qui n’est manifestement pas le cas ici », réagit Évelyne Beaudin, conseillère et cheffe intérimaire de Sherbrooke Citoyen.

« Après la sortie de M. Picard, je l’ai rencontré et je lui ait demandé s’il avait un avis juridique sur la question, mais il m’avait répondu que non, que c’était son interprétation de la loi », poursuit Mme Beaudin.  

Appuyant l’initiative du directeur général, le maire Steve Lussier avait participé au point de presse de M. Picard. Mme Beaudin exige-t-elle des excuses de sa part également?

« Ce n’est pas lui qui a dit que j’enfreignais des lois. Mais avant de s’associer à une telle démarche, le maire devrait faire preuve d’une plus grande prudence. Pour moi c’est encore une fois une démonstration de partisanerie », affirme la conseillère.

De son côté, la Ville est restée muette vendredi après-midi. Daniel Picard a refusé une demande d’entrevue de La Tribune. « La direction générale maintient sa position après l’avoir validée », s’est contentée de répondre la Ville dans un courriel.

Après l’avoir amené sur la place publique, « le dossier sera traité à l’interne », conclut le courriel.

Une initiative qui fait réagir

Jusqu’à maintenant, Sherbrooke Citoyen a reçu assez peu de réponses au sondage. Plusieurs employés municipaux ont toutefois communiqué avec Mme Beaudin via différentes plateformes.

« Les interactions que j’ai eues avec les employés m’ont fait réaliser plein de choses et c’est beaucoup plus gros que ce que j’avais anticipé. Ça alimente beaucoup ma réflexion. Il y a énormément de gens qui ont des choses à dire, mais qui ne sentent pas qu’ils ont accès au pouvoir ou l’écoute nécessaire pour faire changer les choses. Il y a peut-être un problème avec notre structure décisionnelle », commente Mme Beaudin.

Un rapport de consultation sera remis au conseil municipal dans les prochaines semaines, possiblement au prochain conseil. Mme Beaudin s’attend-elle à un bel accueil alors que Steve Lussier a déjà affirmé que les données recueillies par le sondage ne seront pas considérées par le conseil?

« Je ne peux pas forcer les gens à accueillir les bonnes idées positivement, mais j’espère que les gens sont capables d’aller au-delà de leur couleur politique et de simplement regarder une bonne idée, sans égard de sa provenance », souhaite la conseillère.