Selon Richard Bergevin, président du SEE, les évaluations sont la responsabilité des enseignants et il faut respecter leur autonomie professionnelle. « Ça ne doit pas être une mécanique informatique qui fait augmenter la note. »

Le SEE dénonce le gonflement des notes à 60 %

Le Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE) reproche à trois écoles secondaires de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) d’arrondir à la hausse les notes d’élèves qui sont tout près de la note de passage, autour de 58 ou 59 %.

Le président du SEE, Richard Bergevin, précise qu’il blâme surtout le ministère de l’Éducation, qui envoie des « messages ambigus » par rapport à cette pratique.

Les écoles secondaires qui ont opté pour cette pratique sont l’école internationale du Phare, le Monarque (anciennement Val-du-Lac) et Mitchell-Montcalm. Richard Bergevin fait valoir que le régime pédagogique est très clair sur la note de passage : celle-ci est de 60 %.

Les évaluations sont la responsabilité des enseignants, note-t-il en rappelant qu’il faut respecter leur autonomie professionnelle. « Ça ne doit pas être une mécanique informatique qui fait augmenter la note. »

Il fait du même coup valoir qu’on ne peut pas se substituer à la Loi sur l’instruction publique (LIP). À ses yeux, il faut faire une distinction entre le traitement statistique qui peut être fait pour un examen unique du Ministère, qui est « une situation particulière » et les nombreuses évaluations des élèves qui s’étalent sur environ 10 mois.

Marge de manœuvre 

La CSRS fait valoir de son côté qu’elle a demandé un avis permettant cette pratique.

Ce sont les écoles qui décident au terme d’une consultation — notamment auprès d’un grand nombre de professeurs — si elle opte pour cette pratique ou non. Cette consultation doit être menée chaque année, si bien que la pratique pourrait changer si les résultats de la prochaine consultation étaient différents.


« La marge d’erreur, on parle grosso modo de 2 % »
Patrick Levasseur

« On a expliqué au personnel enseignant qu’avec le système informatique GPI, qui gère les résultats et les bulletins, il y a un processus d’arrondissement des résultats qui peut être au désavantage des élèves. La marge d’erreur, on parle grosso modo de 2 % », explique le directeur de l’école internationale du Phare, Patrick Levasseur, en ajoutant que la position était unanime au sein de son école.

Il donne ainsi l’exemple d’un élève qui aurait obtenu 60,008 au résultat final et dont la note serait de 59 au GPI avec les notes arrondies au terme de trois étapes. Avec une conversion des notes de 58 et 59 %, on en arrive à la note de passage. Cette façon de faire donne donc une marge de manœuvre par rapport au système, explique-t-il.

« Au-delà de tout ce débat, si un enseignant croit qu’un élève est en échec, il est en échec », fait valoir M. Levasseur, en disant la même chose pour les cas de réussite.

Si M. Levasseur ne peut quantifier exactement le nombre d’élèves touchés par cette pratique, il souligne que le nombre est « minime ».

Il dit trouver regrettable qu’on puisse laisser croire à la population qu’une note de 55 pourrait devenir 60. « Un 57, ça va rester 57. » La CSRS soutient du même coup qu’il n’est aucunement question de répondre à une commande de Québec pour améliorer le taux de réussite.

D’autres cas ailleurs au Québec ont fait les manchettes.