Le salaire minimum est passé de 7 $ au 1er mai 2001 à 12,50 $ au 1er mai 2019.

Le revenu disponible a grimpé de 2015 à 2019

La hausse du salaire minimum de 0,50 $ le 1er mai est le prétexte tout désigné, selon la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques (CFFP), pour regarder l’évolution récente du revenu de ceux et celles qui travaillent au salaire minimum. Est-ce que, sous l’angle du revenu disponible, donc incluant l’intervention de l’État par les impôts et les prestations, la situation de ces familles s’est améliorée depuis cinq ans?

L’objectif de la CFFP était de répondre à cette question et de présenter l’évolution du revenu disponible des ménages qui travaillent au salaire minimum de 2015 à 2019.

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« Dans tous les cas types analysés, la hausse du salaire minimum en 2019 a amélioré la situation financière des ménages qui travaillent 35 heures par semaine au salaire minimum. Même si cette hausse de revenu augmente également les charges fiscales et réduit quelque peu les prestations, une bonne part de l’augmentation reste dans les poches des ménages », concluent les auteurs du rapport, Luc Godbout, professeur titulaire et chercheur principal, et Suzie St-Cerny, professionnelle de recherche.

« Par rapport à l’évolution depuis cinq ans, tous les ménages analysés voient leurs revenus disponibles croître entre 2015 et 2019, d’un minimum de 13,1 % pour la personne seule à un maximum de 19,5 % pour le couple avec deux enfants où les deux conjoints travaillent au salaire minimum à temps plein. Cette amélioration découle notamment de la hausse du salaire minimum horaire de 2,15 $ l’heure entre le 1er janvier 2015 et le 1er mai 2019. En présence d’enfants, il faut notamment ajouter les bonifications à l’Allocation canadienne pour enfants et l’Allocation famille », peut-on lire, notant qu’il faut tenir compte de l’inflation de cette période précisant que l’IPC a crû de 4,9 % entre 2015 et 2019. « Ainsi, le revenu disponible a augmenté plus rapidement que l’inflation », soulignent les chercheurs.

Hausse du pouvoir d’achat

En comparant cette fois le revenu disponible de 2015, ramené en dollars de 2019 à l’aide de l’IPC, et le revenu disponible de 2019, les chercheurs observent que le pouvoir d’achat de tous les ménages analysés a crû entre 2015 et 2019, soit de 7,8 % pour la personne seule; de 8,3 % et 8,8 % pour le couple sans enfants selon qu’un ou deux des membres travaillent; de 10,1 % pour la famille monoparentale avec un enfant et finalement, pour le couple avec deux enfants, leur pouvoir d’achat s’accroît entre 11,6 % et 13,9 % selon qu’un seul des conjoints ou les deux participent au marché du travail.

Le seuil de faible revenu mesuré par la MPC est un indicateur de référence au Québec. Ce faisant, les calculs démontrent une amélioration pour chacun des ménages analysés et travaillant au salaire minimum. La couverture des besoins de base s’est améliorée pour tous. Et, pour la première fois, en 2019, le couple sans enfants dont un des conjoints participe au marché du travail au salaire minimum obtient un revenu disponible lui permettant de couvrir entièrement ses besoins de base déterminés par la mesure de la MPC. Dans le cas d’un couple avec deux enfants dont les deux conjoints participent au marché du travail, le revenu disponible excède maintenant de 47,3 % la mesure de la MPC, une amélioration de 20,2 points de pourcentage en 5 ans.

Notons que le salaire minimum est passé de 7 $ au 1er mai 2001 à 12,50 $ au 1er mai 2019 alors que la rémunération moyenne des salariés rémunérés à l’heure était de 15,55 $ et de plus de 24,60 $ pour ces mêmes dates.

Dans le cadre de l’augmentation du salaire minimum à 12,50 $, Illusion-Emploi de l’Estrie, un groupe de défense collective des droits des personnes non syndiquées, a fait parvenir une carte, une enquête effectuée auprès de travailleuses et de travailleurs sous le seuil du 15 $ et une prise électrique au cabinet du premier ministre du Québec, au ministre du Travail de l’Emploi et de la Solidarité sociale et aux députés caquistes de l’Estrie. Le message de l’organisme qui prône un salaire minimum à 15 $ est que le gouvernement n’est pas connecté à la réalité.