Le débat sur le Publisac soulève les passions à Montréal, opposant les impacts environnementaux, les pertes d’emplois potentielles et l’impact notamment dans le monde de l’alimentation.

Le Publisac seulement sur demande?

La conseillère Nicole Bergeron propose que Sherbrooke étudie la possibilité d’imiter Montréal dans son intention d’interdire la distribution automatique du Publisac à toutes les portes. Elle suggère plutôt que les citoyens désirant recevoir le sac de circulaires s’identifient pour limiter l’impact environnemental d’une telle activité.

Dans la période de messages des élus, au conseil municipal, Mme Bergeron a souhaité porter le sujet à l’attention du Bureau de l’environnement. « C’est peut-être déjà sous étude, mais j’aimerais qu’on se penche sur l’idée d’aller de l’avant avec la proposition d’un autocollant opt-in pour le Publisac. Je suis contente de voir qu’une autre ville a décidé d’aller dans ce sens-là. »

La conseillère ne veut pas s’avancer sur un échéancier pour en arriver à une proposition. « Nous demandons aux commerçants de faire des gestes. Les sacs de plastique à usage unique, ce sera terminé. Je comprends qu’il y a quelque chose d’important pour des commerçants qui est relié au Publisac et que des citoyens veulent bénéficier de cette information. Je ne le conteste pas. Est-ce qu’on devrait le faire à l’inverse de ce que nous faisons en ce moment? »

Nicole Bergeron estime qu’en évitant d’inonder tous les citoyens, on réduira le gaspillage. « On le voit dans notre porte-à-porte. C’est abandonné. C’est jeté. Il y en a beaucoup qui ne l’ouvrent même pas. En permettant aux gens d’utiliser un autocollant pour obtenir le Publisac, on pourrait être surpris de la réduction. Il y a peut-être des impacts pour des commerçants, mais il faut aussi le regarder d’un point de vue environnemental. S’il y a des négociations à y avoir, nous pourrons le faire. »

Selon elle, le bannissement des sacs de plastique fait l’objet de discussions depuis deux mandats. L’idée a fait son chemin, mais pourrait aussi être poussée plus loin. « Ça mérite au moins qu’on s’y attarde. Ça peut être une solution de compromis. »

Dans l’interdiction des sacs de plastique à usage unique déjà annoncée, qui entrera en vigueur le 22 avril 2020, le Publisac fait figure d’exception, comme les sacs permettant de transporter des aliments jusqu’à la caisse d’un commerce et ceux utilisés pour les médicaments liquides au comptoir d’une pharmacie.

Mme Bergeron croit que le Bureau de l’environnement sera le meilleur pour se pencher sur la question et se dit prête à entendre les raisons qui pourraient amener à rejeter son idée.

Le concept a soulevé les passions à Montréal, opposant les impacts environnementaux, les pertes d’emplois potentielles et l’impact notamment dans le monde de l’alimentation, où la concurrence générée par l’envoi de circulaires profiterait aux consommateurs. Des syndicats, dont Unifor, les Teamsters et la FTQ, ont d’ailleurs plaidé dans les derniers jours que l’idée fragiliserait l’économie et nuirait à des familles à faibles revenus.