Le coût d’implantation d'une vague de surf dans la gorge de la rivière Magog était évalué à 1,5 M$ alors que les retombées annuelles estimées s’élevaient à 1,4 M$.

Le projet de vague de surf est mort

C’en est fait du projet de vague de surf dans la gorge de la rivière Magog. Lors de son conseil d’administration la semaine dernière, Destination Sherbrooke a recommandé l’arrêt du projet, citant l’impact sur l’environnement, les sommes nécessaires à la poursuite du projet et l’évaluation négative des sites considérés.

L’idée d’une vague de surf émanait d’une consultation citoyenne en 2015, « la bonne IDée », qui demandait au public de proposer des projets à vocation touristique avant de voter pour leur concept favori. Le coût d’implantation de l’activité dans la gorge de la rivière Magog était évalué à 1,5 M$ alors que les retombées annuelles estimées s’élevaient à 1,4 M$. Selon l’analyse de pertinence touristique, on prévoyait une affluence de 10 000 surfeurs par année. Une somme de 30 000 $ avait été investie pour évaluer la faisabilité du projet. 

Selon un communiqué diffusé par Destination Sherbrooke, d’autres sites ont été considérés, soit le barrage de Rock Forest, le parc Dussault, le barrage Drummond, le ruisseau Lyon, le pont Noir au lac des Nations et le barrage Kruger sur la rivière Saint-François. Le débit d’eau trop variable, l’accès non sécuritaire et le faible potentiel touristique ont joué contre ces emplacements.

Dans la gorge de la rivière Magog, la présence d’une espèce menacée, le fouille-roche gris, et d’une frayère à dorés jaunes, a amené une recommandation d’éviter tout empiètement sous la ligne des hautes eaux. Destination Sherbrooke a alors décidé d’attendre les plans et devis du pont des Grandes-Fourches pour arrimer les deux projets.

L’inexistence de piliers dans la rivière pour la construction du pont, la recommandation d’évitement de la part des ministères et la caractérisation environnementale, les sommes nécessaires et les évaluations négatives des autres sites ont toutes joué contre le projet. La présence d’un pilier au pont des Grandes-Fourches aurait permis d’étudier un nouveau concept de faisabilité. 

Les sommes résiduelles au budget d’immobilisation pour la vague de surf, soit environ 20 000 $, seront injectées dans les infrastructures d’accueil, autrement dit, dans la signalisation, les panneaux d’accueil et les aires de repos.

Ouverture à la créativité

La Ville aurait-elle dû imposer de plus grandes contraintes lors de la consultation citoyenne pour éviter d’investir autant d’énergie sur un projet qui n’aboutit pas? « Plus on met de contraintes, plus on tue la créativité. Il fallait laisser l’appel le plus ouvert possible », estime Amélie Boissonneau, coordonnatrice aux communications à Destination Sherbrooke.

Des propos auxquels fait écho la présidente de l’organisme paramunicipal, Annie Godbout. « Nous avions le devoir de regarder sérieusement le dossier parce que nous avions amorcé une démarche de participation citoyenne. On ne peut pas consulter la population et rejeter des projets du revers de la main. Si on met trop de balises, ce n’est pas une bonne chose. »

Même si Destination Sherbrooke n’a pas l’intention de ranimer un autre projet suggéré dans le cadre de « la bonne IDée » et qu’aucune nouvelle consultation n’est prévue, Annie Godbout continuera de croire au potentiel des consultations citoyennes.

« Avec la gorge, bien qu’elle soit belle et attrayante, nous avions le souvenir d’événements malheureux et nous savions qu’il reste à améliorer la qualité de l’eau. Mais c’est une infrastructure naturelle qui mérite d’être exploitée. Je n’abandonne pas l’idée de faire d’autres consultations. »