Le porte-parole du projet, Olivier Ross, a présenté les avancées du dossier à quelques dizaines de personnes.

Le projet de piste cyclable élargit ses horizons

Les cyclistes pourraient avoir de la compagnie sur la piste multifonctionnelle reliant Sherbrooke à Saint-Joseph-de-Coleraine. Si le projet est mené à terme, les marcheurs, fondeurs, fat bikers, raquetteurs et peut-être même les motoneigistes auraient droit d’utiliser les 94 kilomètres de route d’un projet évalué entre 18 et 25 millions de dollars.

Des municipalités ont été consultées en 2014 pour savoir si elles étaient intéressées à développer un axe touristique, explique le chargé de projet pour le Centre local de développement du Haut-Saint-François, Guillaume Simard. « Depuis ce temps, le projet a toujours été vivant. C’est long de créer une cohésion entre une dizaine de municipalités dans trois régions. Ça a de l’impact sur le développement du projet, qui est plus vivant que jamais. Il y avait aussi une problématique de mobilité durable. Pédaler dans cette partie du tronçon est très difficile », indique M. Simard, en faisant référence aux routes 108 et 112. 

Déjeuner-conférence

Après avoir tâté le terrain auprès de certains organismes, le citoyen au cœur du projet, Olivier Ross, a tenu à informer les citoyens de Sherbrooke, lors d’un déjeuner-conférence présenté à La Capsule. Quelques dizaines de personnes se ont assisté à la rencontre afin de constater les avancées du projet. 


« On a la base, après on expose le projet et on y va en grand. »
Guillaume Simard

« J’ai eu le temps de faire la tournée de tous les grands joueurs de Sherbrooke, comme la Chambre de commerce, Destination Sherbrooke, Commerce Sherbrooke et des gens qui ont déjà un pied dans le milieu communautaire. J’ai recueilli 25 études, passant de la Véloroute des Bleuets au Lac-Saint-Jean à des sondages. Une fois qu’on a tout ça, il faut se trouver une équipe pour réaliser le projet. Il faut garder la population intéressée, créer des infolettres, créer de la documentation et une image de marque. On a la base, après on expose le projet et on y va en grand », explique M. Ross.

« Tout le monde est intéressé, particulièrement Destination Sherbrooke, poursuit-il. Le plan c’est go big or go home. »

« On voulait rencontrer la population pour expliquer là où on en est avec le projet. On voulait recueillir l’opinion des gens pour savoir quel axe est le plus intéressant pour ces gens-là. Je suis extrêmement heureux de la réponse de la réponse des citoyens. Il y a eu de beaux échanges. »

Citoyen de Dudswell et embauché en mai pour piloter ce dossier, Guillaume Simard assure que la municipalité est très intéressée par le projet. « Il y a un nouveau conseil municipal à Dudswell qui veut dynamiser le volet attractif de la région. Il veut attirer des résidants et des touristes », indique-t-il.

Weedon est particulièrement proactive dans ce dossier. « On dépose un projet au FARR de 500 000 $ pour faire un premier tronçon à Weedon, qui passerait devant la Fromagerie. Plusieurs fromageries, comme celle de Saint-Gérard, attendent avant de faire des rénovations pour pouvoir desservir ces clients », explique M. Simard. 

L’ancien pont ferroviaire situé entre la rue Bowen et la route 143 pourrait subir une transformation. Celui-ci ferait partie du projet reliant Sherbrooke et Saint-Joseph-de-Coleraine et offrirait une option aux cyclistes voulant passer de l’est à l’ouest de Sherbrooke.

Les cyclistes emballés

Les cyclistes ont hâte de pouvoir utiliser la piste multifonctionnelle, qui pourrait voir le jour entre Sherbrooke et Saint-Joseph-de-Coleraine. 

Francis Labrèche et Timon Janzing-Bachelet, qui parcourent une dizaine de kilomètres de manière quotidienne, ont affirmé leur enthousiasme par rapport au projet de piste multifonctionnelle qui leur est proposé par Olivier Ross et Guillaume Simard.

« C’est un ajout de taille à ce qui est déjà existant, analyse M. Janzing-Bachelet. Ça permet de consolider le réseau que l’on a déjà et de donner de nouveaux horizons aux cyclistes qui utilisent déjà la piste des Grandes-Fourches, vers North Hatley et vers Lennoxville. »

« Ça a un potentiel de revitalisation de secteurs plus pauvres et il y a un potentiel touristique, ajoute M. Labrèche. Ça permet aussi d’aller vers une région qui n’était pas accessible de manière sécuritaire vu les routes qui permettent de s’y rendre qui sont beaucoup trop passantes. »

Francis Labrèche utiliserait souvent cette piste, puisqu’il est propriétaire d’un terrain dans le Haut-Saint-François. « L’intérêt est là. Le parcours non officiel de Sherbrooke est déjà très utilisé. On a besoin de plus de kilomètres de pistes cyclables à Sherbrooke. De plus, j’ai un terrain dans le Haut-Saint-François. La seule manière d’y aller actuellement, c’est en auto. Cependant, il y a tellement de beaux paysages! Il faut que les Estriens se réapproprient ces territoires et se rendent compte du potentiel, surtout que c’est à côté », ajoute-t-il, réitérant sa confiance et assurant qu’ils mettront l’épaule à la roue. 

De son côté, l’agent de liaison avec la communauté chez Vélo Québec, Jonathan Fleury pense que cette piste n’amènerait que du positif à Sherbrooke. « C’est un projet qui pourrait devenir un symbole clair pour la région. Il faut maintenant impliquer tout le monde : les élus, les entreprises et surtout les citoyens. Je sens qu’il y a un intérêt, on le voit sur les réseaux sociaux. La population en générale est intéressée par le transport actif. De plus, pour les petites municipalités qui n’ont pas de transport en commun, ce genre de piste devient une solution », résume-t-il.