Véronique Vigneault, candidate péquiste défaite dans la circonscription de Richmond

Le PQ Estrie déjà tourné vers 2022

Malgré le revers historique du Parti québécois lundi, les instances estriennes tablent déjà sur le futur.

« À partir du moment où une forteresse est brisée, ça ouvre la porte aux autres partis », pose d’emblée comme constat le président régional du PQ en Estrie, Michel Breton, en soulignant que le règne libéral a été rompu dans six des sept circonscriptions de la région lundi soir.

Ajouté au fait que la Coalition avenir Québec du premier ministre désigné François Legault maintient en ce début de mandat son engagement à réformer le mode de scrutin, cela laisse miroiter des possibilités intéressantes dans quatre ans.

« Avec quatre partis sensibles et majeurs qui assument leur historique, moi j’y crois encore », exprime M. Breton.

Le politicien d’expérience était engagé mercredi dans une tournée de ses sept associations de comtés.

Le verdict de lundi est un deuil pour certains, dit-il, et il importe de se soucier du moral des troupes.

M. Breton, qui a lui-même encaissé quatre défaites dans la circonscription d’Orford, « en 2007, 2008, 2012 et 2014 » défile-t-il, est bien placé pour comprendre.

« Ça prend beaucoup de grandeur d’âme pour se présenter, pour recruter des bénévoles, et pour vivre ensuite cette perception de rejet. C’est épuisant. Mais avec le temps on en arrive à comprendre que ce n’est pas personnel. »

Une fois la poussière retombée, les pancartes enlevées et les dépenses électorales compilées, l’association péquiste tiendra un caucus régional en préparation du caucus national qui aura lieu le 17 novembre.

« Il faut entamer une réflexion profonde sur ce qui s’est passé et sur ce qu’on devra faire. »

Le président régional du PQ en Estrie, Michel Breton

Début de carrière

Candidate défaite dans la circonscription de Richmond, Véronique Vigneault est partante pour la reconstruction.

« C’est la fin d’une campagne, mais c’est le début de ma carrière politique », lance-t-elle avec dynamisme.

« Je ne sais pas encore à quoi va ressembler mon action politique, mais je sais que je serai là dans quatre ans. J’ai compris que ce que je veux, c’est servir les gens, faire avancer des idées et le faire dans le magnifique comté de Richmond. »

Celle qui a troqué le bleu péquiste pour le rose sur ses pancartes électorales en cours de campagne, pour marquer sa désillusion de la joute politique, se dit satisfaite du verdict des électeurs de Richmond.

C’est elle qui a le mieux fait chez les péquistes dans les sept circonscriptions estriennes en allant chercher 17,84 % des votes exprimés. « J’ai fait presque le même score que la candidate libérale (19,81 %), souligne-t-elle. En plus que dans Richmond, je faisais face à un candidat vedette de la CAQ (André Bachand) bien implanté dans le milieu. La vague, on n’a pas pu la contrer. »

Mme Vigneault assure qu’elle ne sera pas revancharde. Elle voit en André Bachand une parenté d’intérêts. « Je me dis faisons leur confiance et voyons ce qu’ils peuvent construire. Nous jugerons dans quatre ans. »

Comme M. Breton, elle s’enthousiasme de la réforme annoncée du mode de scrutin. « C’est la bonne nouvelle de cette campagne électorale. Dans quatre ans, ça va être complètement autre chose. On va être capable de voter avec notre cœur. »

Son collègue dans la circonscription de Sherbrooke, Guillaume Rousseau, se lancera aussi, dans les prochains jours, dans une analyse de la défaite.

« C’est la moindre des choses de tirer des leçons de ce qui s’est passé. En campagne électorale, on n’a pas le temps de faire ça. Il faudra identifier les faiblesses et les bons coups, tenter de comprendre ce qui n’a pas marché et déposer un rapport pour le parti dans Sherbrooke. »

Trop tôt par contre pour dire s’il s’impliquera dans la redéfinition du parti au niveau national. « Je ne suis plus membre de l’exécutif depuis un an, mais si on me sollicite, je répondrai présent. »

Dans la circonscription de Mégantic, la candidate Gloriane Blais annonce déjà que l’aventure est terminée pour elle, après quatre tentatives de se faire élire sous la bannière du Parti québécois en 11 ans.

« Je considère que faire du Québec un pays, c’est le plus beau cadeau qu’on puisse offrir aux générations futures. Et je pense que si on développe notre confiance, on peut y arriver. » Mais ce sera sans elle. « C’était clair que c’était la dernière fois. J’ai donné. C’est terminé pour moi. Je vais maintenant me concentrer sur ma famille. »

Résultats du Parti québécois en Estrie :

Richmond (Véronique Vigneault) 17,84 %

Saint-François (Solange Masson) 16,2 %

Sherbrooke (Guillaume Rousseau) 14,59 %

Mégantic (Gloriane Blais) 12,55 %

Orford (Maxime Leclerc) 12,38 %

Brome-Missisquoi (Andréanne Larouche) 10,7 %

Granby (Chantal Beauchemin) 9,65 %

Source : DGEQ