Les frères Nicolas (Voltigeurs) et Patrick (Phoenix) Guay se serrent la main à la fin de la série.

Le Phœnix éliminé dans un match de fou

Même dans les films d’Hollywood, on ne voit pas de scénarios aussi spectaculaires. La cerise sur le sundae pour le Phoenix aurait été un but en deuxième prolongation, mais ce ne fut pas le cas. Après avoir forcé la tenue de deux prolongations et vu deux buts des Voltigeurs être refusés en temps supplémentaire, la troupe de Stéphane Julien a été éliminée en cinq parties à la suite d’une défaite de 3 à 2.

Le Phœnix s’est battu jusqu’à la toute fin, mais a dû s’avouer vaincu face à une formation qui aspire aux grands honneurs. Même si le gardien de but Dakota Lund-Cornish a réservé sa meilleure prestation pour ce cinquième match en n’effectuant rien de moins que 69 arrêts, l’honneur d’atteindre le carré d’as de la LHJMQ est revenu aux Voltigeurs. 

« C’est la première fois que je vois ça, deux buts refusés en prolongation, admet l’entraîneur Stéphane Julien. Les gars se sont bien battus. Quand on regarde les lancers, on comprend que les Voltigeurs ont souvent été dans notre territoire. La perte de Félix Robert a fait mal, mais les gars n’ont jamais arrêté d’y croire et ils ont tout donné. C’était comme une partie Cendrillon durant laquelle tout pouvait arriver. »

On aurait pu s’attendre à une autre longue soirée pour le Phoenix au Centre Marcel-Dionne lorsque Pavel Koltygin a inscrit les siens à la marque tôt en première période.

Mais Lund-Cornish s’est montré intraitable par la suite, permettant ainsi à Julien Anctil de niveler le pointage au second vingt. 

Après avoir multiplié les arrêts, Lund-Cornish a finalement cédé devant un plomb de Joe Veleno alors qu’il ne restait que deux minutes à la deuxième période. 

Olivier Crête-Belzile a toutefois ralenti les ardeurs des Drummondvillois avec un but dans les derniers instants des 60 minutes réglementaires.

Le Phoenix croyait bien être en vacances après un but des Voltigeurs en prolongation, mais lors de la révision de la séquence, les arbitres ont remarqué un hors-jeu. Peu après, les Voltigeurs ont une fois de plus touché la cible, mais de l’obstruction avait été créée sur Lund-Cornish. 

Le Phœnix refusait alors de mourir et Samuel Poulin croyait bien que le temps des vacances n’était pas encore venu pour son équipe et lui :

« Après ces deux séquences, je sentais que c’était à notre tour de marquer, a avancé le capitaine. Je suis très fier de mes coéquipiers. Ils ont montré beaucoup de caractère face à une très bonne équipe. »

Il aura fallu attendre le milieu de la deuxième période de prolongation pour assister au but critique de Maxime Comtois. 

« Lund-Cornish a été vraiment solide. Il a tenu notre équipe dans la partie du début jusqu’à la fin. C’est ce que l’on s’attendait de lui », a confié l’entraîneur. 

« On va retenir de cette série notre mauvais départ lors des deux premiers matchs, fait remarquer Alex-Olivier Voyer. Mais lors des trois dernières parties, j’ai vraiment aimé l’effort des gars. On voit à quel point on possède un bon groupe. On affrontait une méchante machine de hockey. Samuel et moi, on a joué énormément. J’ai pigé dans mes réserves, mais Samuel est comme un cheval. Il aurait pu continuer encore et encore. On aurait espéré un meilleur résultat. On souhaitait un retour à Sherbrooke pour nos amateurs, mais on n’a pas marqué le fameux but. »

Du côté des locaux, Anthony Morrone a fait face à seulement 23 tirs contre 72 pour Lund-Cornish. 

« Je me sentais dans ma zone, a confié Lund-Cornish. Tout le monde m’aidait à bien voir la rondelle ou à bloquer les tirs. Tout aurait pu arriver. Les Voltigeurs ont profité d’un rebond chanceux. C’est ça, le hockey. On est tristes présentement, mais on a déjà hâte à l’an prochain. »