C’est un signalement fait par les autorités médicales qui a mené à une enquête policière du Service de police de Sherbrooke, puis du dépôt des accusations. Selon l’acte d’accusation, les gestes qui sont reprochés au père auraient été posés le 26 février.

Le père du bébé secoué libéré

Une accusation de voies de fait graves a été déposée contre un jeune père de l’arrondissement de Brompton à Sherbrooke, qui aurait secoué son bébé.

La jeune victime alléguée dans cette affaire est âgée d’à peine six semaines.

L’individu de 19 ans, qui ne peut pas être nommé pour ne pas identifier l’enfant, a été amené menottes aux poings devant le juge Conrad Chapdelaine, vendredi, au palais de justice de Sherbrooke.

Étant donné qu’il ne possède pas d’antécédent judiciaire, la procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre a consenti à le remettre en liberté.

Représenté par Me Jessyca Duval de l’aide juridique, l’accusé s’est engagé à respecter les conditions de remise en liberté qui lui ont été imposées par le tribunal.

Il ne pourra communiquer avec la mère de l’enfant, sa famille immédiate de même que la victime alléguée dans cette affaire. Il ne pourra se trouver seul en présence de mineurs et devra respecter un couvre-feu de 22 h à 7 h.

Le dossier a été reporté au 25 avril.

C’est un signalement fait par les autorités médicales qui a mené à une enquête policière du Service de police de Sherbrooke, puis du dépôt des accusations. Selon l’acte d’accusation, les gestes qui sont reprochés au père auraient été posés le 26 février.

« L’enfant a été conduit au CHUS au cours des derniers jours. Après les examens médicaux, les médecins ont enclenché le protocole en place dans des cas semblables », mentionne le porte-parole du Service de police de Sherbrooke, Martin Carrier.

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, le bambin présenterait des séquelles « très graves ». Des hématomes au cerveau ont été trouvés et il pourrait perdre la vue.

Le SPS a été informé de cette situation de traumatisme crânien non accidentel (TCNA) vers 16 h, jeudi en fin d’après-midi.

Autres cas

Cette affaire n’est pas sans rappeler celle de Michée Roy qui a été reconnu coupable en mars 2017 de négligence criminelle causant la mort de son enfant de 69 jours.

Une accusation de voies de fait graves avait d’abord été portée contre l’individu entre le moment où l’événement avait été porté à l’attention des autorités en janvier 2015.

C’est le décès de l’enfant qui avait incité le ministère public à modifier l’accusation en celle d’homicide involontaire coupable en juin 2015.

Le petit Kylen était resté dans un état neurovégétatif pendant plusieurs semaines avant de succomber environ six mois après avoir été secoué par son père.

Michée Roy a été condamné à 12 ans de prison dans cette affaire.

Il a porté la cause en appel.

En début de semaine, trois juges de la Cour d’appel du Québec ont pris en délibéré sa demande de pouvoir compléter une nouvelle preuve qu’il veut soumettre au tribunal. Un neuropathologiste ontarien pourrait effectuer une nouvelle expertise dans la cause à partir notamment de l’analyse de parties du cerveau de l’enfant qui ont été conservées.