Alcide Clément est le fondateur du Club souverain de l’Estrie, le groupe initiateur de la pétition de 1 116 000 signatures qui a mené à la reconnaissance de la Journée nationale des patriotes en 2002.

Le patriote de l'Estrie

Alcide Clément ne prétend pas y être arrivé seul. N’empêche que c’est lui qui a fondé, en 1984, le groupe qui parviendra plus tard à faire reconnaître la journée des Patriotes comme une journée nationale et à la faire inscrire au calendrier.

« Si on ne sait pas d’où on vient, on ne sait pas où on va », a sagement lancé à La Tribune l’homme de 84 ans, alors qu’il assistait au traditionnel déjeuner-conférence de la Journée nationale des patriotes dimanche à Sherbrooke. « C’est une question d’identité, de la reconnaissance de notre langue, de notre culture et de nos coutumes. »

Aujourd’hui affiché sous le nom de Comité estrien de la Journée nationale des patriotes, le Club souverain de l’Estrie, à l’époque piloté par M. Clément, a travaillé pendant 15 ans pour faire reconnaître les luttes des Patriotes de 1837-1838 ainsi que leur idéal démocratique. 

« Ça a commencé dans la cave chez nous. Ensuite, on s’est mis à faire le tour des écoles secondaires pour faire signer des pétitions. Ça marchait beaucoup par bouche-à-oreille », raconte-t-il, ajoutant que les timbres qui ont servi à envoyer de nombreuses lettres au gouvernement étaient payés par les membres.  

Alors déterminés à faire reconnaître « l’aboutissement de l’histoire des Québécois », M. Clément et ses collaborateurs ont reçu deux fois la visite de Bernard Landry, alors qu’il était premier ministre. « Il s’est réveillé. Ça lui a fait chaud au cœur », se souvient-il.

Grâce aux appuis que le Club souverain de l’Estrie avait reçus, d’abord de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal ainsi que d’établissements scolaires et d’associations de partout au Québec, une pétition fut signée par 1 116 000 citoyens.

À la suite de cette mobilisation, Bernard Landry décréta en 2002 que la journée des patriotes serait dorénavant désignée Journée nationale des patriotes, afin de « souligner l’importance de la lutte des Patriotes de 1837-1838 pour la reconnaissance de leur nation, pour sa liberté politique et pour l’établissement d’un gouvernement démocratique ». 

L’année suivante, la journée s’est officiellement inscrite au calendrier en devenant un jour férié « grâce aux efforts déployés par une autre collaboratrice d’Alcide Clément, soit Pierrette Rozon », soutient le Comité estrien de la Journée nationale des patriotes. 

Hommage à M. Landry 

Dans le cadre de la célébration annuelle organisée dans le secteur Saint-Élie, lieu de résidence de M. Clément, le Comité estrien de la Journée nationale des patriotes a tenu à rendre hommage à l’ex-premier ministre du Québec Bernard Landry, décédé en novembre dernier. 

Le président du Mouvement national des Québécoises et des Québécois, l’organisme qui a décerné jeudi la Médaille René-Lévesque à M. Landry, était présent pour adresser quelques mots. 

« Les événements de 1837-1838 ont été une page marquante de notre histoire, soutient Étienne-Alexis Boucher. Depuis, chaque moment et chaque région ont fourni son lot de Patriotes : des pionniers, des entrepreneurs, des mères de famille, des chercheurs, etc. Mais souvent, les noms de ces gens-là sont tombés dans l’oubli. Or, l’action de certaines personnes est telle que l’on ne peut que se les remémorer, considérant qu’elles ont façonné l’histoire d’un peuple. Bernard Landry est de cette catégorie-là. Finalement, quand on regarde sa vie, chacune des grandes étapes de sa vie se confond avec des moments marquants de l’histoire du Québec. »