Steve Lussier a été le premier à prêter serment devant tous ses collègues du nouveau conseil municipal.

Le nouveau conseil assermenté

Le nouveau conseil municipal sherbrookois a maintenant toute la légitimité pour siéger et entériner des décisions. À l’hôtel de ville vendredi, les 16 conseillers et le maire ont tous été officiellement déclarés élus par la présidente d’élection Line Chabot avant de prêter le serment de travailler dans l’intérêt des citoyens.

Les élus sont entrés à la file indienne derrière cinq policiers du groupe d’apparat du Service de police de Sherbrooke. Assis dans l’ordre des numéros des districts qu’ils représentent, au milieu de la salle du conseil, ils ont symboliquement pris une chaise à la table du conseil une fois leur serment prononcé.
Steve Lussier est ainsi devenu le 58e maire de la ville de Sherbrooke. S’il a été le premier à poser la main sur les saints évangiles, il a pris la parole seulement quand tous ses collègues du conseil ont été assermentés.

« Des discours, j’en ai écrit beaucoup dans la dernière semaine. Je veux remercier la population pour la confiance et Bernard Sévigny pour le travail qu’il a accompli au cours des huit dernières années à titre de maire », a lu Steve Lussier, trop nerveux pour décrocher du texte qu’il avait rédigé.

« C’est à nous de poursuivre le travail de nos prédecesseurs et d’y ajouter notre vision, nos orientations. Au cours des prochaines semaines, nous adopterons un budget et nous établirons les balises de la direction que nous prendrons. Conseillers, conseillères, la population nous a accordé sa confiance. Maintenant, c’est à nous de nous en montrer dignes », a-t-il dit, n’oubliant pas de remercier sa conjointe qui l’a soutenu pendant la campagne.

Annie Godbout a été la première à offrir un moment d’émotion, versant quelques larmes en remerciant ses enfants. « J’ai vraiment une famille fantastique », a-t-elle lancé après avoir souligné que la politique est une affaire de famille depuis longtemps chez les Godbout.

Nicole Bergeron la suivait, elle aussi émue par le soutien que lui prodigue son conjoint. « Quand on se sent appuyé et qu’on est sur notre X, ça fait toute la différence. » Chez les Bergeron aussi la politique est une affaire de famille. « Je veux remercier ma mère, qui a 90 ans. Elle a été la première conseillère à Bromptonville. Je le dis encore : tu es mon modèle. »

Les liens familiaux constituaient un thème fort. « C’est ma troisième cérémonie d’assermentation, mais ma mère en est à sa cinquième ou sixième, parce que mon père Alfred Demers a siégé ici lui aussi », a dit Rémi Demers.

Paul Gingues pensait lui aussi à son père. « C’est l’aboutissement d’une vie d’attente. Quand j’étais tout petit, mon père était conseiller municipal et j’écoutais aux portes des réunions. Je reconnaissais déjà à cette époque l’organisation de quelque chose. Ce soir c’était très émouvant parce que j’ai 50 ans et c’est ce soir que ça s’est fait. »

Le citoyen Pierre Bouchard a tenté un coup d’éclat en s’interposant au moment où Vincent Boutin se levait pour prêter serment. « Je dénonce M. Boutin, Mme Berthold pour avoir lâchement attaqué une conseillère dûment élue... C’est cheap! », a-t-il lancé en référence à la plainte déposée au Directeur général des élections contre la conseillère Évelyne Beaudin.

Vincent Boutin a fait fi de cette attaque pour remercier sa conjointe Ève, qui tient le fort avec des enfants de trois ans et neuf mois. « Tu me permets de vivre cette passion. Sans toi, il n’y aurait pas de Vincent Boutin en politique. »

Pierre Avard, élu dans le district du Pin-Solidaire, a remercié celle qui occupait son siège avant lui, Hélène Dauphinais. « J’ai senti sur le terrain qu’elle était presque irremplaçable. On va faire de notre mieux. »
Élue depuis maintenant 19 ans, Chantal L’Espérance est devenue la conseillère ayant le plus d’expérience autour de la table. Évelyne Beaudin, elle, remporte la palme de la plus jeune élue, à 29 ans.
Le député Pierre-Luc Dusseaut était présent pour l’assermentation.

Enfin, Daniel Bergeron a officiellement été nommé chef de cabinet du maire Steve Lussier, alors que Sylvain Vessiot agira à titre d’attaché politique. Steve Lussier n’a pas fait d’approche auprès de Jean-François Rouleau ou de candidats défaits pour rejoindre son cabinet.

Grande discrétion autour des comités

Comme le maire Steve Lussier, les conseillers municipaux sont demeurés discrets, vendredi, sur les responsabilités qu’ils souhaitent se voir confier. La plupart sont demeurés vagues, même si Paul Gingues et Évelyne Beaudin se sont montrés un peu plus ouverts.

« Je ne vous cacherai pas que je suis musicien, travailleur autonome. J’ai fait de la gestion aussi. On verra bien, mais j’ai des aptitudes pour ces domaines », a commenté Paul Gingues.
Le comité de la culture pourrait donc lui sourire. « Ça pourrait être intéressant, mais si je ne l’ai pas, on travaillera avec un autre comité. Tout m’intéresse. » M. Gingues a été plus évasif sur une présence potentielle à l’exécutif.

Évelyne Beaudin « compte les dodos » avant la première séance du conseil du 20 novembre. « Pour moi c’est difficile de cibler un comité parce que tout m’intéresse. Je ne voudrais pas en nommer un, parce que je ne serai pas déçue, quelle que soit la décision de M. Lussier. S’il y avait un comité du type Femmes et ville, c’est sûr que j’aimerais pouvoir y contribuer. Même chose s’il y a un comité étudiant. Je pense que j’ai toutes les compétences et l’expérience pour l’exécutif. Ce n’est pas parce que je suis la plus jeune que j’ai le moins d’expérience en politique. En même temps, il y a beaucoup de monde qui aspire à siéger à l’exécutif. »

Mme Beaudin explique au passage avoir obtenu un avis juridique concernant son éligibilité à l’élection, éligibilité remise en question à la suite d’une plainte du Renouveau sherbrookois. L’avis lui confirmerait la légitimité de sa candidature.

En début de semaine, Steve Lussier avait affirmé vouloir garder la conseillère Annie Godbout près de lui. « C’est un honneur et une fierté de savoir que les gens nous font confiance. En ce moment, je suis ouverte pour plusieurs comités. Je rêve de faire de la politique à temps plein. Plus j’aurai de responsabilités, plus je serai heureuse. »

Vincent Boutin a beaucoup aimé piloter le comité du sport et du plein air dans les quatre dernières années, mais il se dit ouvert à travailler là où le maire jugera bon de le placer. « Je veux aider ma communauté, peu importe la place. »

Pierre Avard n’a pas d’attentes. « Ma priorité sera les citoyens de mon quartier. Je ne ferme aucune porte. 

Si on m’appelle pour l’exécutif, je vais y aller. Je pense être autant en mesure que d’autres personnes de relever des défis. J’ai beaucoup d’expérience syndicale. »

Marc Denault dit n’avoir jamais fait de représentation auprès des maires pour obtenir des comités.

Karine Godbout, elle, a identifié son « top 3 » sans vouloir le révéler. Elle admet « ne pas avoir l’idée de se positionner pour l’exécutif pour l’instant ».