La Chaudronnée de la rue Bowen Sud fait partie des endroits où les personnes vulnérables au grand froid peuvent trouver refuge, comme l’a fait Myshell-Alexandre Carpentier, jeudi.

Le milieu se mobilise contre le froid

Face au froid intense qui s’est installé et qui sévira au cours des prochains jours, tous les organismes communautaires liés à l’itinérance se mobilisent derrière le même mot d’ordre : ne laisser personne à l’extérieur.

Qu’il s’agisse d’offrir un repas chaud, un gite pour la nuit ou encore des vêtements chauds, tous les organismes contactés par La Tribune jeudi ont indiqué être en mesure de répondre aux demandes liées au froid intense qui pourrait perdurer au-delà du jour de l’An.

C’est le cas de la Chaudronnée de l’Estrie où, étrangement, on ne retrouvait jeudi matin qu’une quinzaine de personnes attablées à la cafétéria à l’heure du petit déjeuner, alors que le mercure indiquait — 24 degrés à l’extérieur.

« C’est normal qu’il n’y ait pas beaucoup de monde ce matin, c’est la journée des chèques (d’aide sociale) aujourd’hui, explique Richard-Daniel Paré, usager et membre du conseil d’administration de l’organisme. À moins de n’avoir absolument rien à manger, les gens préfèrent rester chez eux lorsqu’ils reçoivent leur chèque. Aussi, comme c’est le temps des Fêtes, il y en a plusieurs qui sont avec leur famille », ajoute M. Paré.

Beau temps mauvais temps, la Chaudronnée sert quelque 150 repas par jour, indique Lucie Lefebvre, intervenante de soutien et responsable de l’éducation populaire autonome. Elle souligne qu’une attention particulière est apportée au menu lorsque des températures extrêmes sévissent comme celles des derniers jours. « On s’assure qu’ils aient assez de protéines, mais aussi des vitamines suffisantes pour affronter ces froids-là », indiquait Mme Lefebvre en montrant les fruits frais que contenaient les assiettes de petits déjeuners servies aux usagers.

Le mot d’ordre de ne laisser personne au froid fait aussi partie du plan d’intervention de la Coalition sherbrookoise des travailleurs de rue ainsi que de l’Armée du salut, deux organismes qui œuvrent surtout auprès de la clientèle du centre-ville.

Le directeur général de la Coalition, Étienne Bélanger-Caron, indique que l’organisme assure la présence de deux intervenants sur le terrain, y compris durant le temps des Fêtes. « On est quand même assez bien rodés pour intervenir en situation de froid intense, car c’est une situation qui se répète d’année en année, indique M. Bélanger-Caron. On a toujours des manteaux, des foulards, des tuques, des mitaines ou des sacs de couchage, qu’on peut fournir au besoin », énumère le directeur général en précisant que la Coalition assure la présence de deux travailleurs sur le terrain, principalement le soir et la nuit. Ceux-ci sont en mesure d’intervenir dans presque toutes les situations, dit-il.  

« Que ce soit en période de grand froid ou pas, lorsqu’on fait face à une personne en détresse, notre travail, c’est d’abord et avant tout d’établir une relation avec la personne et de l’amener ensuite vers la ou les ressources appropriées qui, elles, ont probablement ajusté leurs activités en fonction de la situation », explique le directeur général de la Coalition sherbrookoise des travailleurs de rue, en faisant référence notamment à l’Accueil Poirier, situé lui aussi au centre-ville.

Centre de jour

Réclamée par le milieu communautaire depuis 2015, l’existence d’un centre de jour au centre-ville « aurait certainement été utile » dans une période de grands froids comme celle-ci, estime par ailleurs M. Bélanger-Caron, qui appuie la sortie effectuée par la directrice de la Santé publique de l’Estrie, Mélissa Généreux, au début du mois de décembre.

« Plusieurs partenaires sont mobilisés actuellement au développement de ce projet-là. Je pense qu’il y a des avenues intéressantes qui vont être traitées au début de 2018. Mais il faut d’abord réunir les conditions propices à la pérennité du projet », dit M. Bélanger.