Sur les 5000 interventions des pompiers de Sherbrooke chaque année, plus de 3000 consistent à des appels de premiers répondants.

Le métier de pompier réinventé

Il y a 25 ans, le Service de protection contre les incendies de Sherbrooke (SPIS) créait une véritable révolution relative aux tâches des pompiers.

En intervenant comme premiers répondants médicaux, les pompiers de Sherbrooke jetaient les bases de ce qui représente, un quart de siècle plus tard, la moitié de leurs interventions.

« Les pompiers sont impliqués dans toutes les urgences qui ne sont pas criminelles. Les urgences médicales sont des situations problématiques qui doivent être prises en charge rapidement. Nous faisons partie de la chaîne préhospitalière sans remplacer le service ambulancier paramédical, qui est essentiel », signale le directeur du SPIS, Stéphane Simoneau.

Ce dernier mentionne que la disposition des postes incendies permet un temps de réponse rapide sur tout le territoire sherbrookois.

« Notre disposition en fonction du temps réponse crée de meilleurs temps lors d’arrêts cardiaques entre autres. L’intervention des pompiers premiers répondants peut faire une différence », signale Stéphane Simoneau.

En 2017, huit personnes qui se trouvaient en arrêt cardio-respiratoire ont été réanimées.

« Ces gens-là sont fonctionnels aujourd’hui. Sans cette intervention rapide, ils n’auraient pas survécu. Il y a aussi toutes les autres interventions lors d’étouffement ou d’allergies », signale le directeur du SPIS.

Pionnier

Cette proposition syndicale appuyée par la direction qui a été suivie par les élus avait permis à Sherbrooke de faire figure de pionnier en la matière au Québec en 1994.

Lévis, Montréal, puis Magog ont suivi l’initiative sherbrookoise de mettre en place le service de premiers répondants pour des corps de pompiers permanents.

« Ce projet-pilote est devenu la norme. Ça fait partie de nos spécialités comme la désincarcération, le sauvetage nautique, le sauvetage en espaces clos, le sauvetage en milieu élevé ou les interventions avec les matières dangereuses », énumère le directeur Simoneau.

Sur les 5000 interventions des pompiers de Sherbrooke chaque année, plus de 3000 consistent à des appels de premiers répondants.

« C’est de huit à dix interventions par jour comme premiers répondants. Le métier a changé au fil des ans. Les pompiers interviennent sur des incendies dans moins de 20 pour cent des appels. Le reste ce sont les autres spécialités », souligne Stéphane Simoneau.

Devant ce constat, une réflexion a été entreprise sur le changement d’appellation du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke.

« La sécurité civile englobe maintenant toutes les urgences », constate Stéphane Simoneau.

Avec l’ouverture de la nouvelle caserne dans l’arrondissement de Lennoxville en juin prochain, tout le territoire sherbrookois sera desservi par les premiers répondants médicaux.