«Le centre de foires de Drummondville est un concurrent direct. Ils sont agressifs dans le marché et le centre est configuré comme un centre de congrès. Non seulement c'est un concurrent sur le marché des foires, mais il nous fait mal aussi sur celui des congrès », explique Denis Bernier, directeur général de Destination Sherbrooke.

Le marché des congrès rétrécit

Si l'année 2016 était loin d'être catastrophique en matière de congrès à Sherbrooke, elle connaissait une diminution par rapport à la cuvée exceptionnelle de 2015. Destination Sherbrooke avance plusieurs facteurs pour expliquer ces statistiques à la baisse, mais prévient que 2018 s'annonce meilleure.
L'organisme paramunicipal dévoilait son rapport d'activités 2016 lundi en atelier de travail public à l'hôtel de ville. Selon les chiffres publiés, le nombre de congrès est passé de 53 en 2015 à 41 en 2016. Dans le même sens, le nombre de participants et de nuitées attribuables à des congrès a chuté de plus de 20 %.
« L'année 2015 avait été exceptionnelle, mais avant ça, nous n'avions pas atteint le chiffre de 40 congrès depuis 2011, donc l'année dernière n'a pas été catastrophique. Il faut savoir que nous comptabilisons les congrès à partir d'un plancher de 40 nuitées et que dans les deux ou trois dernières années, il y a une mouvance dans l'organisation de ces événements. Certains congrès reviennent aux deux ans plutôt qu'aux années. Des entreprises décident d'envoyer moins d'employés, ou les participants restent moins longtemps. Le marché s'est rétréci. L'an dernier, nous avions sept congrès qui comptaient moins de 40 nuitées », explique Lynn Blouin, directrice promotion, accueil, tourisme d'affaires et sportif à Destination Sherbrooke.
Est-ce à dire que le Fonds d'aide aux congrès et événements, un fonds de 75 000 $ (dont 60 000 $ de la Ville de Sherbrooke) créé en 2016 ne porte pas ses fruits? « Le fonds est une carte très intéressante. Nous sommes à semer pour les années à venir parce que la compétition est très forte », indique Rémi Demers, président de Destination Sherbrooke.
« Les autres villes s'organisent. Notre parc hôtelier a besoin de rafraîchissement. On le voyait venir qu'il y aurait une diminution. Le fonds est sorti en mars l'an dernier, mais les congrès se réservent entre 16 et 18 mois d'avance. On sait que 2018 sera une grosse année », précise Mme Blouin.
Parallèlement, le Centre de foires, qui accueille notamment des salons, a fait mieux qu'en 2014, mais moins bien qu'en 2015. Il a permis de récolter des revenus de 1 M$. « Le Centre de foires va bien. Essentiellement, c'est ce qu'on constate », résume le directeur général de Destination Sherbrooke, Denis Bernier.
« Depuis que le centre de foires de Drummondville est en activités, avez-vous noté des pertes de congrès ou d'activités que vous aviez déjà eus? », a interrogé la conseillère Nicole Bergeron.
« Oui, le centre de foires de Drummondville est un concurrent direct. Ils sont agressifs dans le marché et le centre est configuré comme un centre de congrès. Non seulement c'est un concurrent sur le marché des foires, mais il nous fait mal aussi sur celui des congrès », a dit Denis Bernier.
« C'est une bien drôle de décision gouvernementale de financer un centre de foires si proche d'un autre avec des fonds publics. Je ne l'ai jamais compris », a commenté Serge Paquin.
Le conseiller Jean-François Rouleau a qualifié le Centre de foires d'échec. « La formule n'est pas bonne. Il faut la changer. Ça doit être un débat dans la prochaine campagne électorale. »
En matière d'événements sportifs, Sherbrooke a accueilli un événement de plus en 2016, 10 % plus de participants, mais a connu une diminution du nombre de nuitées. En contrepartie, les nuitées ont augmenté de 23 % pour les autres événements, soit les compétitions culturelles ou académiques ou les événements grand public.