La Ville de Sherbrooke a tendu la main aux agriculteurs, à la mi-juillet, pour leur proposer de travailler ensemble pour régler les problèmes liés à la gestion des fossés et des cours d'eau.

Le fossé rétrécit entre la Ville et les agriculteurs

La Ville de Sherbrooke a tendu la main aux agriculteurs, à la mi-juillet, pour leur proposer de travailler ensemble pour régler les problèmes liés à la gestion des fossés et des cours d'eau. La main tendue a été acceptée et le dialogue devrait reprendre en septembre.
Nicole Bergeron
Le 11 juillet, plus d'une trentaine d'agriculteurs avaient accepté l'invitation de la Ville au bureau d'arrondissement de Brompton. Des représentants de l'UPA, du MAPAQ et de l'entreprise Gestrie-Sol ont participé aux discussions.
« Dans le cadre des consultations sur le règlement 1200, il y avait eu beaucoup de questions sur la gestion des cours d'eau et des fossés, donc nous avons entrepris d'organiser une soirée qui était consacrée à ce sujet. Sans mauvais jeu de mots, il s'était creusé un fossé entre la Ville et le secteur agricole. Il y a des règles qui sont difficilement applicables et qui font perdre beaucoup de temps aux agriculteurs. Certains citoyens rapportent avoir été victimes de coups d'eau parce qu'un travail avait été mal fait sur une terre agricole. Les agriculteurs nous disent qu'ils veulent remédier aux problèmes, mais qu'ils ne peuvent pas tout faire tout seuls. Certains nous ont permis d'aller sur leurs terres pour constater des choses. Nous avons donc pu nous rapprocher et nous pourrons intervenir avec eux », résume Nicole Bergeron, conseillère de l'arrondissement de Brompton.
Qu'est-ce qu'un cours d'eau?
Les tensions proviennent entre autres de la définition de ce qu'est un cours d'eau aux yeux du ministère de l'Environnement. Aux yeux des agriculteurs, certains cours d'eau reconnus sont plutôt des tranchées, des étangs artificiels ou des bassins provoqués par des pluies abondantes. Les travaux admis autour d'un cours d'eau reconnu doivent être encadrés selon les règlements du ministère.
« Il y a une incompréhension entre la façon dont la Ville applique les restrictions et les besoins des agriculteurs », explique un agriculteur qui préfère ne pas être identifié. « Il y a tellement de restrictions qu'il devient impossible de faire de l'agriculture. Le fond du problème, c'est la rigidité du règlement appliqué par la Ville. »
Nicole Bergeron reconnaît que la réalité de la gestion des cours d'eau et des fossés touche plusieurs résidants de Brompton. « Nous avons des problèmes qui ne sont pas nécessairement ceux des espaces urbains. Depuis la fusion, nous essayons de supporter les citoyens des zones agricoles pour la gestion des cours d'eau et l'entretien des fossés. Maintenant que nous avons une politique de gestion des cours d'eau, il faut expliquer comment elle sera appliquée. Nous avons décidé d'aller à la rencontre des agriculteurs pour établir un dialogue qui n'était peut-être pas assez présent à la Ville. Nous avons présenté la suite des choses et avons expliqué comme une firme externe nous accompagnerait pour régler nos différends. C'est une firme qui a déjà accompagné d'autres MRC. Nous prenons l'attitude de tendre la main, d'informer et d'accompagner. Il était temps qu'on le fasse. »
Mme Bergeron croit que la réunion aura été utile. « Je pense qu'elle a eu l'effet escompté. On sent une volonté de part et d'autre de travailler ensemble et de voir les bonnes pratiques qui se font ailleurs. Nous pourrons maintenant nous comparer avec ce qui se fait ailleurs pour savoir si nous sommes plus sévères. Ce qui ressort, c'est que les propriétaires veulent prendre leurs responsabilités, mais ne veulent pas être responsables de tout. Il faut que nous arrêtions de nous voir comme des ennemis. Nous voyons la lumière au bout du tunnel. Nous avons mis beaucoup d'énergie dans ce dossier. Nous voulons accompagner, mais s'il faut sévir, nous sévirons. Avant de tomber dans la répression, il faut toutefois informer et sensibiliser. »