Le coût des chantiers pourrait grimper

La Ville de Sherbrooke entreprendra ses travaux routiers annuels le 11 mai, date à laquelle le gouvernement du Québec permettra la réouverture des chantiers de construction. La hausse du coût des matériaux entraînera toutefois un débat sur les sommes à débourser par la Ville, alors qu’elle s’était déjà entendue sur des prix avec ses fournisseurs avant la pandémie.

La directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke, Caroline Gravel, peine à évaluer les coûts supplémentaires qui seront engendrés par la pandémie. 

« Nous commençons à avoir des fournisseurs qui nous annoncent que leurs prix ont monté en raison de la situation exceptionnelle. Pour le moment, ces demandes ont été regroupées et envoyées au Service des affaires juridiques. Nous ne prendrons pas de décisions à la pièce, comme c’est habituellement le cas, mais nous donnerons un avis pour l’ensemble des fournisseurs. Les contrats étaient signés, la situation est exceptionnelle, mais la Ville non plus ne pouvait pas le prévoir. Il faudra donc voir qui doit payer pour ces mesures exceptionnelles », dit-elle.

La planification des chantiers, amorcée en janvier et modifiée depuis, ne tient pas compte des absences imprévisibles de travailleurs qui pourraient contracter la COVID-19. 

« Nous tenons compte des mesures de distanciation, nous sommes en train de nous équiper en visières et en matériel de protection, mais nous ne savons pas si le nombre de travailleurs touchés sera de zéro, deux ou dix. Avec la pénurie de main-d’œuvre, nous n’avons pas beaucoup de remplaçants qui attendent notre appel. Nous avons déjà eu de la misère à former notre monde actuel », raconte Mme Gravel. 

En conséquence, si la maladie frappait, des chantiers pourraient connaître un retard important.

Dans les coûts supplémentaires, il faudra aussi prévoir les dédommagements pour les employés qui se rendront sur les chantiers avec leur propre véhicule. « Normalement, ils s’y rendent avec le camion. On les met à quatre par véhicule, mais maintenant, ils ne pourront pas être plus que deux. Nous ne pensons pas que ce seront des dépenses majeures. »

La directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke, Caroline Gravel, signale que le Service des affaires juridiques se penche actuellement sur le coût des chantiers routiers, pour lesquels certains fournisseurs souhaitent augmenter leurs prix.

Le début des travaux le 11 mai, une semaine plus tard que la date anticipée dans les dernières semaines, décalera la planification de sept jours. En fin d’année, certains chantiers pourraient donc être reportés. Les fabricants de structures de puisards en béton étant fermés, les chantiers nécessitant ces structures seront décalés, même ceux qui avaient déjà été reportés l’an dernier. 

Quant aux vacances de la construction, qui durent trois semaines à la Ville de Sherbrooke, Mme Gravel attend toujours de savoir si elles se tiendront comme prévu. « Nos employés sont aussi ceux qui travaillent au déneigement l’hiver. Ne pas leur donner de vacances, ce serait les mener au bord de l’épuisement. Notre planification tient donc compte des vacances normales. »

Le nouveau calendrier de travail qui sera présenté aux élus lundi ne comportera pas de date pour les travaux confiés au privé, puisqu’il faut d’abord octroyer les mandats et convoquer des rencontres de planification. « Tout le monde, y compris les élus, devra comprendre que l’estimation du temps pour chaque chantier sera revue chaque semaine en fonction de la réalité sur le terrain. »

En conséquence, même si le travail de Mme Gravel vise à éviter que des chantiers paralysent des secteurs en raison du nombre important de travaux, il est possible que des chantiers se tiennent en même temps dans plusieurs secteurs névralgiques en raison des impondérables.