Cinq ans après avoir interrompu sa résidence en médecine pour fuir la guerre en Afghanistan, Kubra Sultani a été honorée par le prix \"Excellence\", remis par le président du conseil des commissaires, Gilles Normand.

Le courage au quotidien récompensé au Gala des Bravos

Dix-huit. C'est le nombre de médicaments que William Tisdel prend quotidiennement afin d'atténuer les symptômes des maladies chroniques qui l'affligent, ce qui n'empêche pas le Sherbrookois d'être sur la bonne voie pour terminer ses études secondaires au même moment que les jeunes de son âge.
« J'ai de l'arthrite qui s'attaque à tous mes organes, à tous mes ligaments et à tous mes muscles. Chaque semaine, je fais de la chimiothérapie. Malgré ça, je retourne toujours à l'école », explique William Tisdel.
L'adolescent de 15 ans, qui étudie au Triolet, s'est vu remettre un Bravo dans la catégorie « Défi » dimanche, lors du 16e Gala des Bravos de la Commission scolaire de la région de Sherbrooke (CSRS).
« C'est une belle tape dans le dos qui m'encourage à ne pas lâcher », reconnait-il.
La CSRS a vanté la bonne humeur de dernier, ce qui lui a permis de s'adapter et de devenir un leader positif au Triolet.
« Mon fils, c'est mon héros, assure Shannie Roy. De voir que chaque jour, il vit avec une certaine douleur, mais qu'il se lève et va à l'école, qu'il joue au baseball, c'est un beau modèle. On n'a pas le droit de se plaindre. »
« Pas tout seuls »
Atteint du syndrome Gilles de la Tourette en plus de souffrir d'arthrite avec enthésite, une forme d'arthrite juvénile qui se manifeste au niveau des membres et des yeux et provoque notamment des douleurs et des raideurs, William Tisdel a reçu son éducation à la maison pendant quatre ans avant d'effectuer un retour réussi à l'école au secondaire, une parenthèse névralgique dans son parcours scolaire rendue possible grâce à une multitude d'intervenants.
« C'est dur de suivre les autres quand tu as toujours des rendez-vous spécifiques avec plein de spécialistes, souligne le père de William, Vincent Tisdel. Quand tu as quatre rendez-vous par semaine, tu ne peux pas aller au même rythme que le reste du groupe. L'éducation à la maison était plus adaptée. »
« C'est une décision qu'on a prise avec les médecins pour qu'il se rebâtisse son estime et qu'il retrouve confiance en lui pour revenir solide à l'école. On a été encadrés par la direction, les examens étaient accrédités et on a eu l'aide du Centre de réadaptation Estrie, qui nous a donné un coup de pouce. Nous n'étions pas tout seuls dans cette aventure-là », précise Mme Roy.
Résilience
Émilie Dolbec, 12 ans, de l'école du Boisé-Fabi, a quant à elle démontré énormément de résilience pour maintenir une moyenne d'environ 80 pour cent après un changement d'école et le décès tragique de son père, la veille de Noël 2015.
« Je me suis engagée avec mes notes et j'ai fait preuve de courage. Elles avaient baissé, mais j'ai pu les remonter grâce à un peu de tout : ma mère, mes professeurs et mes amis », mentionne la lauréate d'un Bravo « Engagement ».
« Elle a montré beaucoup de courage pour continuer ses activités, opine sa mère Isabelle, visiblement émotive. Elle s'est engagée à son école et a continué d'être là pour les autres, même si c'est elle qui en avait beaucoup besoin. »
Au total, 82 trophées Bravos répartis selon les catégories « Défi », « Engagement » et « Excellence » ont été remis à autant de lauréats dimanche lors du gala tenu au Centre culture de l'Université de Sherbrooke et animé par la comédienne sherbrookoise Emmanuelle Laroche. Les meilleurs numéros artistiques de quelque 185 élèves de la CSRS ont également animé la cérémonie qui vise à souligner la réussite scolaire sous toutes ses formes.
Prendre sa place à grande vitesse
Résidente en médecine dans son pays, Kubra Sultani a tout sacrifié pour fuir la guerre qui menaçait l'Afghanistan. Plus de cinq ans plus tard, elle parle couramment français et s'apprête à terminer ses études secondaires.
« Ça n'a vraiment pas été facile », tempère néanmoins la récipiendaire d'un trophée Bravo dans la catégorie « Excellence ».
« Avec trois enfants, ç'a même été très difficile. J'ai vécu une dépression également, mais je voulais faire preuve de courage et je n'ai jamais abandonné », relate Mme Sultani.
« Comme je n'avais pas de documents et que je ne suis pas retournée dans mon pays pour obtenir mon diplôme, je n'ai pas d'équivalence », précise la femme de 40 ans, qui étudie au Centre St-Michel.
Honorée dimanche pour sa ténacité et sa persévérance qui lui ont permis de « traverser toutes les étapes de la francisation », celle qui compte maintenant se diriger vers l'éducation à l'enfance assure qu'elle ne regrette pas son choix et se montre au contraire très optimiste à l'égard des années à venir.
« Je suis très contente d'être ici, c'est une chance pour moi et très contente du prix que j'ai reçu. Pour notre avenir, c'est la meilleure chose. Je sais qu'un jour je vais réussir à terminer mes études et trouver un travail pour le reste de ma vie. »