Steve Lussier: «Je serai le maire le plus honnête qu'il n'y aura pas. Si je me rends compte qu'il s'est passé des choses anormales dans un dossier, je peux vous le dire, la population va le savoir.»

Le consortium reste seul en lice

L’entente d’exclusivité entre le Ville de Sherbrooke et le consortium du Fonds immobilier de la FTQ, de SherWeb et du Groupe Custeau a officiellement pris fin mardi. Jeudi soir, selon le maire Steve Lussier, aucune nouvelle proposition de projet pour les terrains de l’Hôtel Wellington n’avait été déposée. Le consortium était donc encore officiellement seul en lice.

« Je n’ai pas encore de proposition », confirme M. Lussier d’entrée de jeu.

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Pourtant, La Tribune a obtenu copie d’une lettre d’intention du promoteur Philippe Dusseault datée du 5 février(voir autre texte).

« J’ai reçu des lettres de quatre ou cinq personnes qui sont intéressées par la revitalisation du centre-ville, mais personne n’est arrivé avec un projet. Je suis réceptif à voir ce qu’ils ont à offrir, la seule chose, c’est qu’il faut être correct aussi dans la vie. Il y en a qui ont travaillé fort sur le projet du consortium. Ils sont dans le stade final. Je pense que le consortium a un beau projet même s’il reste de petites choses à régler. »

Le maire mentionne que les élus auront l’occasion de discuter à nouveau lundi et que la décision est reportée à la fin février pour permettre à tous les conseillers d’être présents le soir du vote. Son collègue Julien Lachance, par exemple, sera en congé la semaine prochaine.

« On va statuer premièrement sur ce dossier-là. Si jamais des gens arrivent avec d’autres projets, je les analyserai également. »

Fin de l’exclusivité

S’il a toujours été tenu pour acquis que l’entente d’exclusivité arrivait à échéance le 15 février, le libellé du contrat laisse plutôt croire qu’elle est échue depuis le 13 février à 23 h 59, soit 90 jours après le début de la prolongation du contrat initial.

Au Fonds immobilier de la FTQ, on se refusait toujours à commenter le dossier en profondeur. « Le dossier est entre les mains de la Ville. Nous la laisserons continuer à faire ses travaux, mais nous sommes toujours prêts à échanger sur ce qu’on considère être un beau projet de revitalisation pour la ville de Sherbrooke », dit Patrick McQuilken, conseiller principal aux relations de presse et aux communications du Fonds immobilier.

M. McQuilken ne se formalisait pas que la date pour la fin de l’entente d’exclusivité soit passée sans qu’une décision ait été rendue. « Il est courant que les dates de clôture des dossiers ne soient pas respectées. »

Au Fonds immobilier, on affirmait ne pas savoir quand la décision serait rendue par les élus. Aucune demande de modification du projet ne lui était parvenue jeudi. « La Ville a tous les documents entre les mains et c’est à elle de nous revenir. »

Le maire Steve Lussier avait pourtant une version un peu différente, après avoir annoncé la tenue d’une séance extraordinaire le 28 février. « C’est bizarre parce qu’ils étaient avec moi hier (mercredi) et on s’est tous entendu là-dessus. Le consortium est venu me rencontrer à l’hôtel de ville, mais la FTQ n’était pas là. »

Comment se fait-il qu’elle n’ait pas été informée de la teneur des discussions? « Je n’en ai aucune idée. Je fais juste vous dire la vérité qu’on s’est rencontrés hier.

« Le monde met de la pression partout, partout. Moi je n’en veux plus de pression. Je veux m’assurer que le dossier est bien fait. On ne peut pas passer à côté d’investisseurs qui s’en viennent dans notre ville comme ça et je vais toujours continuer à le dire. [...] Je vous ferai remarquer qu’on a M. Royer [LP Royer] qui veut construire en avant. Il ne se construit pas si l’autre n’arrive pas. Il y a un paquet de facteurs pour la rentabilité économique. »

Chez SherWeb, on continue de refuser de commenter le dossier tant qu’il se trouve entre les mains de la Ville. Rien n’indiquait toutefois la moindre intention de se retirer du projet pour le moment.

Enfin, Steve Lussier y va d’une promesse. « Je serai le maire le plus honnête qu’il y aura pas. Si je me rends compte qu’il s’est passé des choses anormales dans un dossier, je peux vous le dire, la population va le savoir. Jusqu’à maintenant, il n’y a rien d’anormal. Je n’ai rien vu d’anormal. »