Le conseil veut son mot à dire sur les Jeux de la francophonie

Plusieurs élus municipaux réclament que la possibilité de présenter les Jeux de la francophonie à Sherbrooke en 2021 fasse l’objet de discussions au conseil municipal. Si le maire Steve Lussier affirmait mercredi que la Ville n’avait plus d’intérêt à organiser cet événement, même après le désistement de Moncton-Dieppe, les conseillers estiment qu’il n’aurait pas dû annoncer une décision avant de les avoir consultés. Le sujet est inscrit à l’ordre du jour de l’atelier de travail qui sera tenu à huis clos lundi.

Le président du comité du sport et du plein air, Vincent Boutin, annonçait sur Facebook jeudi avoir demandé au maire de revenir sur sa décision et de travailler en équipe. « Si on remet les choses en perspective, à l’époque, c’est avec une résolution du conseil qu’on avait décidé d’aller de l’avant et de poser notre candidature. Ça reste au conseil d’étudier le dossier et de prendre la meilleure décision pour les Sherbrookois. »

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Sherbrooke met une croix sur les Jeux de la francophonie

M. Boutin rappelle que le plan d’affaires prévoyait en 2016 des dépenses de 52 M$ séparées également entre le gouvernement du Canada, le gouvernement du Québec et le comité organisateur. La Ville de Sherbrooke prévoyait dépenser 9 M$ alors que les différents partenariats permettaient de couvrir le reste du montant que devait trouver le comité organisateur. « On avait budgété de manière à nous assurer que nous n’aurions pas de mauvaises surprises. »

Vincent Boutin estime que les nouveaux élus ont le droit qu’on leur présente le dossier. « Si on voit que les coûts ont augmenté, on prendra la décision en conséquence. On verra selon nos finances, mais on ne fait pas des jeux pour faire des jeux. Il y aurait des retombées sportives et culturelles. C’est une occasion qui ne se représentera peut-être jamais. »



« On parle de 60 pays participants. Je ne comprends pas que le maire ait pu repousser les jeux du revers de la main sans en discuter. C’est désolant et inapproprié. Ce n’est pas au maire de décider ça à lui seul. »
Pierre Tremblay

Parmi les retombées, M. Boutin cite un terrain synthétique que la Ville doit de toute façon construire. « On partagerait les coûts et on comblerait un besoin. »

Son collègue Pierre Tremblay abonde dans le même sens. « Je veux que l’organisation reçoive le message clair que Sherbrooke est encore sur les rangs. Ce n’est pas un non aussi catégorique que ce que le maire a dit. On parle de 60 pays participants. Je ne comprends pas que le maire ait pu repousser les jeux du revers de la main sans en discuter. C’est désolant et inapproprié. Ce n’est pas au maire de décider ça à lui seul. Il devra comprendre que le conseil municipal, ce n’est pas juste lui. »

Évelyne Beaudin estime qu’il s’agit peut-être d’une deuxième chance d’obtenir un événement d’envergure. « Il faudrait voir les coûts et les bénéfices. C’est l’élément qui manque. Un gouvernement municipal, ça ne sert pas qu’à s’occuper des poubelles et des égouts. On doit aussi regarder comment la ville peut se distinguer. »

Mme Beaudin se désole que le sujet soit abordé à huis clos. « Comme d’habitude, les citoyens n’auront pas accès au débat et ils auront droit à la pièce de théâtre habituelle par la suite. »

Danielle Berthold n’est pas contre le débat mais présume que le résultat sera le même. « Je trouve l’idée bonne d’amener le sujet autour de la table à huis clos, mais il faut être réaliste. 2021, c’est demain et on n’a pas provisionné d’argent. Dans mon livre à moi, c’est passé et on passe à un autre appel. Nous investissons déjà dans les infrastructures du centre-ville. Est-ce qu’on a trouvé l’arbre à dollars? Ce n’est pas réaliste de penser qu’on peut avoir les Jeux de la francophonie.»

Le maire Steve Lussier rapporte avoir été en discussion avec des ministres depuis trois semaines. « On le savait déjà, mais on ne pouvait pas en parler. Quand j’ai eu à répondre aux questions mercredi, j’y suis allé avec mon gros bon sens. Mais il était déjà prévu que nous en parlions lundi. »

M. Lussier refuse d’en dire plus sur la nature du dossier qui sera présenté lundi.