La direction du Cégep de Sherbrooke a réagi publiquement, vendredi, au sujet de la résolution adoptée par le Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS-CSN), réclamant la démission de la directrice générale, Marie-France Bélanger. Sur la photo, la présidente du CA, Me Julie Banville, et Éric Gagné, directeur des études.

Le conseil d’administration réitère son appui à la directrice du Cégep

Le conseil d’administration du Cégep de Sherbrooke a réitéré publiquement son appui à sa directrice générale, Marie-France Bélanger, vendredi lors d’un point de presse.

L’instance a tenu une séance extraordinaire jeudi soir. « Celle-ci n’avait pas pour but de se prononcer sur la confiance envers Mme Bélanger, car il est clair que cette confiance n’a jamais été remise en doute », a souligné la présidente du conseil d’administration, Me Julie Banville. « Les membres ont lancé un message clair à Mme Bélanger (...) Elle n’a jamais ménagé aucun effort pour défendre le Cégep, pour qui elle travaille depuis plus de 30 ans. Humaniste, elle a démontré beaucoup d’implication dans sa communauté et pour sa région. » Mme Banville a été applaudie à ce moment.

« Mme Bélanger n’est pas avec nous ce matin, elle est très affectée par la situation et c’est facilement comprenable. Elle est toujours au Cégep, elle n’a pas démissionné et c’est toujours notre directrice. Elle évite cependant les apparitions publiques pour le moment... » a souligné Mme Banville. 

Le directeur des études, Éric Gagné, a tenu à préciser certaines informations qui ont été véhiculées. Il a fait savoir que l’établissement n’est pas intervenu publiquement avant vendredi parce qu’elle devait d’abord respecter ses instances. 

« Ce qui est survenu, c’est une répartition plus équitable des ressources affectées à la coordination départementale, qui tient compte des réalités de chaque département (...) 

Surembauche

L’enjeu important dans ce conflit concerne la surembauche. 

« Les salaires sont financés par une enveloppe (...) fermée. Ce qui est dépensé en trop doit être récupéré l’année suivante. L’exercice de répartition des ressources d’enseignement se fait annuellement à cette période-ci, à partir d’un calcul prévu à la convention collective des enseignants. Nous devons embaucher notre personnel enseignant en fonction d’une estimation du personnel enseignant, du nombre d’étudiants qui pourrait être admis l’automne suivant. Le financement pour embaucher le personnel enseignant nous est confirmé seulement en octobre de l’année suivante à partir des données du recensement de la population étudiante. Vous comprendrez qu’il est très difficile d’estimer le nombre d’étudiants attendus l’automne suivant. » 

Éric Gagné a tenu à préciser « qu’il n’y a aucune coupe ou diminution des ressources allouées à l’enseignement en classe n’a été effectuée » ou encore dans l’encadrement des étudiants ni dans les ressources attribuées au comité de programme.

« Ce qui est survenu, c’est une répartition plus équitable des ressources allouées aux coordinations départementales, ce qui n’affecte aucunement les ressources allouées à l’enseignement, une répartition plus adaptée qui tient compte davantage de la réalité et des particularités de chaque département. » 

Prévisions difficiles

Ces prévisions sont d’autant plus difficiles à prédire que les comportements des étudiants ont beaucoup changé. Ils ne sont plus aussi nombreux à déposer leur demande d’admission au premier tour, soit au 1er mars, ou ils attendent au 2e tour, énumère M. Gagné. Ces situations nouvelles complexifient le phénomène de surembauche, a-t-il fait valoir, en ajoutant qu’on doit ajouter à cela la pénurie de main-d’œuvre et la baisse démographique. 

« Ce qu’on a réduit, c’est le financement accordé aux projets pédagogiques. Ce que nous proposons, c’est de rembourser la surembauche sur deux ans en attribuant huit équivalents temps complet à la dette générée. Ce que le syndicat demande, c’est de creuser volontairement la surembauche, donc la dette, pour faire la démonstration que le calcul désavantage le Cégep. Vous comprendrez que nous ne pouvons adhérer à une telle stratégie dans un contexte de saine gestion des fonds publics. » 

M. Gagné a qualifié de démesurée et injustifiée la position prise en assemblée lundi.

La directrice a reçu de nombreux mots d’encouragement, ont souligné les deux porte-parole. 

Le SPECS rejette l’analyse de la direction

La décision du conseil d’administration de ne pas donner suite à la demande de démission de la direction générale du Cégep de Sherbrooke, Marie-France Bélanger, « sera transmise aux membres du SPECS-CSN » afin qu’ils puissent l’évaluer », a fait savoir le Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS-CSN).

L’exécutif du SPECS-CSN dit s’opposer « fortement à l’analyse faite par la direction des études quant à l’impact des compressions budgétaires à l’enveloppe de l’enseignement pour l’année 2019-2020 ». 

« S’il faut croire M. Éric Gagné, le directeur des études, le retrait de la ressource permettant d’engager l’équivalent de huit enseignantes et enseignants à temps complet (8 ETC) pourrait se faire alors que « les services pédagogiques offerts aux étudiantes et aux étudiants ne seront nullement affectés (…) » Devons-nous comprendre que l’élimination des projets d’innovation pédagogiques, de l’aide à la recherche pédagogique, des ressources permettant des projets liés aux arts, à la danse à la musique affectent nullement les services pédagogiques? » a soutenu le syndicat par voie de communiqué. 

Il a été impossible de s’entretenir avec le SPECS-CSN, vendredi. 

L’instance syndicale souhaite que la direction attende « avant de sabrer dans les ressources enseignantes » en attendant le réinvestissement annoncé par Québec. 

Lors du point de presse, le directeur des études Éric Gagné a fait valoir que certains paramètres désavantageaient l’institution dans le calcul de la tâche des enseignants.

« Par exemple, les classes de 32 étudiants. Quand on commence en août et qu’en septembre il en reste 24, c’est à partir du 24 que nous sommes financés. D’autres collèges qui ont des grandes classes vont démarrer des groupes de 40, pour arriver au recensement à des groupes de 32, ce qui permet d’arriver financièrement. Mais on ne peut faire ça, nos classes ne fonctionnent qu’à 32. C’est vrai qu’il y a un problème au niveau du calcul des tâches qui nous désavantagent à Sherbrooke, mais ça va se régler lors des négociations des conventions collectives. »