Israël Boutin a reconnu avoir rendu du matériel sexuellement explicite à une personne de moins de 16 ans en vue de faciliter la perpétration d’une infraction sexuelle, soit du leurre informatique, et de menaces.

Le confident d’une ado coupable de leurre informatique

Israël Boutin a plaidé coupable à une accusation de leurre informatique commis alors qu’il agissait comme confident auprès d’une adolescente de 13 ans.

La peine minimale de 90 jours à purger les fins de semaine a été imposée par la juge Claire Desgens de la Cour du Québec, jeudi, au palais de justice de Sherbrooke à l’homme qui avait le double de l’âge de la victime.

« Évidemment, on me fait part que vous avez commis ces gestes alors que l’adolescente vous avait confié des choses. À cet âge, les jeunes filles sont instables de leur développement. Elles ont des crises identitaires y compris concernant leur sexualité. L’impulsion sur les médias sociaux fait des cocktails explosifs dans les dommages pour ces victimes. Votre démarche avec cette adolescente est questionnable. Tout ce qui concerne l’intégrité sexuelle des mineurs est un sujet extrêmement important. Rien n’est toléré à cet égard », a signalé la juge Desgens en imposant la peine à l’accusé.

Boutin a reconnu avoir rendu du matériel sexuellement explicite à une personne de moins de 16 ans en vue de faciliter la perpétration d’une infraction sexuelle, soit du leurre informatique, et de menaces.

L’homme de 27 ans, qui ne possède pas d’antécédent judiciaire, a eu plusieurs conversations sur Messenger avec une adolescente de 13 ans, alors qu’il avait 26 ans.

« Il y a eu beaucoup de conversations qui dérangeaient. Il a transmis des photos nues de lui dans l’objectif de recevoir des photos semblables d’elle non pas pour avoir des activités sexuelles avec elle, mais pour vérifier si elle avait de bonnes valeurs », a expliqué la procureure aux poursuites criminelles Me Isabelle Dorion.

Ce sont les parents de l’adolescente qui ont surpris les conversations et qui ont porté plainte.

Menaces

Boutin a fait des menaces à la mère de la victime par message texte.

« Tout se base sur la déclaration de l’accusé. Il a fait des aveux aux policiers. Il voulait tester l’adolescente pour voir si elle allait divulguer les photos ou pas. Si la jeune lui avait transmis des photos, il se serait retrouvé en possession de pornographie juvénile », explique Me Gagnon.

La peine a été imposée à la suite d’une suggestion commune de l’avocat de la défense Me Benoit Gagnon de l’aide juridique et de la procureure aux poursuites criminelles Me Isabelle Dorion.

« Je reconnais mes erreurs. J’ai fait les menaces parce qu’on m’a fait des menaces. J’étais sur l’alcool. Je le regrette », a affirmé Israël Boutin.

La victime n’a pas déposé de déclaration d’impact du crime.

« J’ai communiqué avec le père de la victime. Depuis ces événements, il y a eu une dégringolade. La victime a des difficultés à l’école. Je ne peux vous faire une preuve des conséquences. De toute évidence, il y a un impact », plaide Me Dorion.

Une probation de trois ans a été imposée à Israël Boutin. Il ne pourra utiliser Internet pour communiquer avec des mineurs ni utiliser les réseaux sociaux sauf pour les études ou le travail. Il ne pourra communiquer avec la victime au dossier et sa famille.

Il devra poursuivre son suivi sur le plan psychiatrique.

Son nom sera inscrit pour dix ans au Registre des délinquants sexuels.