Le Séminaire de Sherbrooke acquiert le Collège du Sacré-Cœur pour en faire son campus collégial. L’annonce a été faite par le président du conseil d’administration, Pierre Rodier, aux côtés de la présidente du CA du Séminaire de Sherbrooke, Pascale Desgagnés, Caroline Champeau, rectrice-directrice générale du Séminaire, et Raymond Lepage, directeur général par intérim du CSC.

Le Collège du Sacré-Coeur accueillera le collégial du Séminaire

Le Séminaire de Sherbrooke aura son campus collégial sur la rue Belvédère Nord. L’institution privée a annoncé, mercredi, l’acquisition de l’édifice abritant le Collège du Sacré-Cœur (CSC), qui fermera officiellement le 1er juillet. Le Séminaire de Sherbrooke y établira son ordre collégial à compter de la rentrée 2020-2021.

L’établissement de la rue Marquette est à l’étroit, explique la rectrice-directrice générale, Caroline Champeau. Tant l’école secondaire privée (1015 élèves) que l’ordre collégial (340 étudiants) sont en croissance. L’institution emploie environ 300 personnes, incluant les chargés de cours.

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Le CSC, dont la capacité est d’environ 500 élèves, permettra donc au Séminaire de poursuivre sa croissance au collégial, en plus d’avoir un campus à part entière à quelques pas de l’édifice de la rue Marquette.

Le Séminaire de Sherbrooke deviendra officiellement propriétaire du 155 Belvédère Nord le 1er septembre. 

Le président du conseil d’administration du CSC, Pierre Rodier, qui a été nommé liquidateur, a annoncé qu’une entente avait été conclue entre les deux institutions. 

M. Rodier a fait valoir que, dans les circonstances, il s’agit de la meilleure entente possible : celle-ci permettra de conserver la vocation éducative de l’établissement. 

« Bien que la situation du CSC ne soit pas souhaitable pour aucun établissement scolaire, pour notre collégial, il a fallu le voir comme une solution aux problèmes d’espace que l’on vit présentement. Nous commençons à être à l’étroit et nous envisageons des rénovations majeures. De plus, l’accessibilité à l’ordre collégial n’est pas optimale. Ce bâtiment-là répond à un besoin imminent. Nous avons aussi le souci d’offrir à nos deux clientèles grandissantes des espaces répondant à leurs besoins distincts... » indique Mme Champeau. 

« Dès l’automne prochain, nous entamerons des comités de travail afin de nous doter d’espaces collaboratifs, technologiques et créatifs. Nous en sommes aussi à repenser nos programmes, à les actualiser. Nous profiterons de cette vague de nouveautés pour réinventer nos pratiques pédagogiques », note Mme Champeau, qui évoque la possibilité d’offrir un nouveau programme l’an prochain.

Caroline Champeau

Travaux dès d’automne

Les appels d’offres donnant le coup d’envoi aux travaux de réaménagement devraient être lancés cet automne, pour une ouverture officielle en août 2020. 

Les deux partenaires n’ont pas voulu dévoiler le montant de la transaction, indiquant qu’une entente de confidentialité avait été conclue. La valeur de l’édifice et du terrain est d’environ 5,3 M$ au rôle municipal.

L’acquisition permettra du même coup au Séminaire de Sherbrooke de réduire la pression sur ses stationnements. Plusieurs étudiants du collégial viennent de l’extérieur et ne prennent donc pas le transport en commun, note Mme Champeau.

L’annonce survient alors que l’établissement de la rue Marquette mène plusieurs projets de front, dont la réfection de ses classes de sciences. Le Séminaire a lancé l’année dernière un des plus importants projets de rénovation de son histoire, avec la refonte de sa cour intérieure. Le projet de l’ordre de 4 M$ comprenant plusieurs phases prévoit notamment l’aménagement d’un espace vert et la construction d’un terrain multifonctionnel.

Une page d’histoire se tourne

Le CSC a été le tout premier collège classique féminin en Estrie. Il a été fondé en 1945 par les Filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus. 

L’établissement, qui comptait environ 180 élèves, a annoncé sa fermeture en février dernier après 74 ans d’activités. L’institution connaissait une baisse de clientèle depuis quelques années; il y a cinq ans, il comptait environ 500 jeunes filles. Le CSC a tout tenté avant d’en arriver à une fermeture, dont ouvrir ses portes à une clientèle masculine. Seulement six adolescents s’étaient toutefois inscrits en vue de la prochaine rentrée scolaire. Des scénarios de fusion avaient été évoqués; la structure de coopérative a aussi rendu les démarches plus difficiles.

La plupart des élèves du CSC poursuivront leurs études au Séminaire de Sherbrooke et au Collège du Mont Notre-Dame, tous les deux situés dans le même secteur. 

« Ce qui est intéressant, pour boucler la boucle, plusieurs élèves ont choisi le Séminaire de Sherbrooke pour le cinquième secondaire. Pour elles, il y aura une opportunité de revenir dans leur alma mater en 2020-2021 », souligne le directeur général par intérim, Raymond Lepage. 

Le Séminaire a lancé l’année dernière un des plus importants projets de rénovation de son histoire, avec la refonte de sa cour intérieure. Le projet de l’ordre de 4 M$ comprenant plusieurs phases prévoit notamment l’aménagement d’un espace vert et la construction d’un terrain multifonctionnel.

La plupart des enseignants sont toujours disponibles

Une bonne partie des enseignants du Collège du Sacré-Cœur (CSC) doit trouver un nouvel emploi à la rentrée scolaire. Jusqu’à maintenant, seulement quelques membres du corps professoral ont réussi à dénicher un autre poste, selon le directeur général par intérim Raymond Lepage. 

« Il reste encore une bonne partie à relocaliser. Il faut savoir qu’autant du côté des écoles privées que des écoles publiques, les contrats de travail sont confirmés en août et en septembre. Il y a eu de belles rencontres entre les membres de notre personnel et d’autres organisations, autant au privé qu’au secteur public. D’ailleurs, on a eu une belle collaboration de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), qui a vraiment démontré une belle ouverture à accueillir notre personnel », commente M. Lepage. 

Avec la fin de ce mandat à titre de directeur général par intérim, M. Lepage, qui était auparavant directeur général du Salésien, retourne à la retraite. 

Beaucoup d’intérêt pour le CSC

Selon le président du conseil d’administration du CSC, Pierre Rodier, une dizaine de personnes ou d’organisations avaient approché le Collège du Sacré-Cœur pour acheter l’édifice, dont des entreprises de construction et des organisations du milieu de l’éducation.  

Une fois le processus de vente terminé, les sommes disponibles seront versées à des coopératives; la loi oblige les liquidateurs à verser les surplus de la vente à des organisations coopératives, précise M. Rodier, qui est un des liquidateurs. 

Les coopératives impliquées dans le milieu estrien seront favorisées, comme il a été déterminé lors d’une assemblée générale. À la toute fin du processus, les trois liquidateurs (Pierre Rodier, Patrick Turcotte et Normand Jacques) devront rendre un rapport. 

Ces derniers ont entamé des démarches deux mois avant leur entrée en fonction officielle, prévue le 1er juillet initialement. 

Depuis deux semaines, l’équipe du CSC travaille à archiver tous les documents administratifs et historiques de l’établissement. « On a signé une entente avec Bureau et Archives nationales du Québec (BANQ) qui va héberger nos documents semi-actifs, donc les documents administratifs. Tout le volet historique va être hébergé au centre Mgr-Antoine-Racine, qui a une vocation particulière au niveau éducatif et religieux. Ça va être déposé d’ici l’automne. »

« Ça a été le premier collège pour jeunes filles en Estrie, et l’histoire est importante à préserver », note M. Lepage. 

Le CSC compte une vingtaine d’employés, incluant les professeurs et le personnel non enseignant.