Robin-Marie Coleman, directrice générale adjointe, volet santé physique, au CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Le CIUSSS se prépare pour les débordements de l’hiver

SHERBROOKE — L’hiver passé fut particulièrement difficile dans les différentes installations du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Les lits étant fort occupés à tous les niveaux, tant du côté de la courte durée que de l’hébergement, de nombreux patients sont restés cloués à leurs civières dans les salles d’urgence, qui ont atteint des taux d’occupation record.

Forte de cette expérience acquise à la dure, la direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS a créé un groupe de travail dont le but est de documenter une démarche de surcapacité. Les objectifs? Maintenir l’accessibilité à l’ensemble de l’offre de soins et services en fonction des besoins différents prévisibles de la population et se doter d’un plan de surcapacité sur tout le continuum de soins et services.

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La première étape est de maintenir un « caucus journalier », instauré l’an passé, entre différents acteurs des principales installations du CIUSSS, dont les hôpitaux Fleurimont, Hôtel-Dieu, Brome-Missisquoi-Perkins et Granby pour faire un état précis de la situation. Il pourrait y avoir deux caucus par jour dans les périodes plus achalandées.

« Dans ce caucus, on fait le point sur le taux d’occupation des patients sur civière à l’urgence, le nombre de demandes d’hospitalisation santé physique et santé mentale, le nombre de congés prévus et de chirurgies le lendemain, des lits de débordement ouverts, s’il y a lieu, et de la main-d’œuvre disponible. Comme ça, tout le monde a la même information en même temps, ce qui fait, en fin de compte, gagner un temps fou aux gestionnaires », soutient Robin-Marie Coleman, directrice générale adjointe, volet santé physique, au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Du matériel supplémentaire a aussi été commandé, comme des lits tout neufs, afin qu’ils soient prêts très rapidement dès que la décision d’ouvrir des lits de surcapacité a été prise.

Un inventaire de tous les lieux disponibles pour ouvrir des lits de surcapacité a aussi été fait et sera complété au cours des prochains mois.

Des travaux seront également faits à certains endroits prévus pour des débordements pour les rendre plus sécuritaires.

La présidente-directrice générale du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Patricia Gauthier, soutient que l’hiver dernier aurait été beaucoup plus difficile avant la création du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, alors que chaque ex-établissement devait gérer ses propres lits.

« Ç’aurait donné une situation comme celle-ci : le directeur général de l’Hôpital de Magog aurait téléphoné au CHUS en disant qu’il était débordé et mal pris et pour savoir s’il pouvait détourner des ambulances vers Sherbrooke. Au CHUS, on lui aurait répondu : désolé, on est mal pris aussi, on ne peut pas t’aider, mais j’espère qu’on va pouvoir t’aider demain peut-être. Maintenant, nous partageons la même information et nous pouvons gérer l’arrivée des ambulances et les hospitalisations en fonction de l’ensemble des disponibilités dans les différents établissements », a expliqué Mme Gauthier.

Tout cela servira assurément cet hiver lorsque la saison de l’influenza et de la gastro seront à leur plus fort. Cela pourrait aussi servir dans le cas d’une « catastrophe externe » qui amènerait un grand lot de blessés en même temps dans les hôpitaux. Mais ça ne règle en rien le problème de fond.

En Estrie actuellement, il y a 44 000 aînés de plus de 75 ans. Le chiffre bondira à 90 000 en 2038.

« Une démarche en surcapacité, c’est comme mettre un pansement, ce n’est pas ça qui va nous permettre de répondre aux besoins en évolution de la population. Nous travaillons très activement pour trouver les façons dont nous allons offrir les services dans l’avenir », a expliqué Robin-Marie Coleman.