Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS s’est doté d’un Guide de chaleur extrême pour faire face à de tels épisodes dans ses CHSLD.

Le CIUSSS s’arme pour gérer les épisodes de chaleur extrême en CHSLD

Quand il fait très chaud, est-ce que la présence d’un ventilateur dans une pièce aide réellement à avoir moins chaud? La réponse est oui... à condition que le ventilateur soit bien placé. Et la réponse est non s’il n’est pas placé adéquatement. C’est ce genre de détails, précis et pourtant très importants, que le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a indiqués dans son tout nouveau Guide de chaleur extrême en CHSLD : maintenir la santé et le bien-être des résidents.

Rappelons que quinze personnes de l’Estrie ont succombé à l’épisode de chaleur extrême survenu l’été passé du 30 juin au 6 juillet, dont une personne résidant dans un CHSLD et deux dans des résidences privées pour aînés (RPA). Cet épisode de chaleur extrême a été meurtrier partout au Québec.

C’est pourquoi le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a demandé cet hiver aux différents CIUSSS d’élaborer un guide permettant de faire face aux épisodes de chaleur extrêmes dans les CHSLD afin de permettre que la procédure à suivre en cas de chaleur extrême puisse être suivie à la lettre et de façon uniforme sur le territoire.

Les « épisodes de chaleur extrêmes » sont plutôt rares. La direction de la Santé publique de l’Estrie a déclenché ses mesures d’urgence en 2010 et en 2018. « Pour parler de chaleur extrême, il faut parler de trois jours consécutifs à 31 degrés Celsius ou plus le jour et 18 degrés minimum la nuit. On fait plus souvent face à des épisodes de chaleur accablante où il doit faire 30 degrés avec un humidex à 40 », nuance Nancy Desautels, adjointe au président-directeur général adjoint du CIUSSS de l’Estrie-CHUS et responsable de la sécurité civile.

Il faut aussi savoir que les CHSLD

avaient tous un plan déjà plus ou moins personnalisé auparavant, mais « c’était à géométrie variable ». Rien n’avait été harmonisé depuis la création du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.


« Dans tous nos CHSLD, les couloirs sont tous climatisés et plusieurs pièces communes aussi. »
Nancy Desautels

Climatisation

Dans les CHSLD du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, il y a environ le tiers des chambres qui sont climatisées, soit 614 sur 1913. Toutes les climatiser ne serait pas la solution idéale. « Il faut savoir que les personnes âgées ont toujours froid. Elles ne perçoivent pas le froid comme les gens plus jeunes et actifs. Elles fuient souvent la climatisation, qui brime leur confort », fait savoir Mme Desautels.

« Par contre, dans tous nos CHSLD, les couloirs sont tous climatisés et plusieurs pièces communes aussi, comme la cafétéria ou des salons pour les usagers », mentionne-t-elle.

Dans le contexte où la climatisation n’est pas prisée, on mise davantage en CHSLD sur la déshumidification des installations, ce qui a quand même un impact considérable sur la température ressentie.

Le CIUSSS a donc fait un bilan complet de l’ensemble de son parc immobilier en termes de climatisation et de déshumidification.

De la formation et de la sensibilisation seront effectuées auprès du personnel, des familles et des bénévoles dans les CHSLD.

Le guide aborde aussi d’autres questions pointues mais si importantes pourtant, par exemple sur la question des résidents qui refusent de sortir de leur chambre pour aller passer du temps dans une pièce climatisée. « Nous avons inclus des avis éthiques pour aider le personnel de soins à mieux réagir lorsque surviennent des situations délicates. Nous posons la question : jusqu’où doit-on aller pour le confort des personnes? », mentionne Nancy Desautels.