Joanne Roberts est directrice de la qualité, de l’éthique, de la performance et du partenariat au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Le CIUSSS adopte des règles claires contre la maltraitance des aînés

Au moins 7 % des aînés subissent une forme ou une autre de maltraitance. En Estrie, cela représente environ 7000 personnes âgées. Pour mieux identifier les cas de violence, pour mieux les circonscrire, pour les signaler plus efficacement et pour mieux évaluer les besoins des victimes, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a adopté sa Politique visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité.

Cette politique vient d’une loi adoptée en mai 2017 par le gouvernement du Québec dans l’esprit de protéger toute personne majeure en situation de vulnérabilité en raison d’un handicap ou d’une déficience intellectuelle par exemple. S’il existait déjà des politiques protégeant les aînés et les enfants, les autres personnes majeures vulnérables étaient toutefois laissées de côté.

« Avant, nous avions une chartre de la bientraitance. Maintenant, c’est une politique qui est plus large », explique Joanne Roberts, directrice de la qualité, de l’éthique, de la performance et du partenariat au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« La grande nouveauté, c’est que la politique assure une plus grande protection à des adultes vulnérables », précise-t-elle.

La maltraitance prend ici toutes les formes possibles et peut être survenue à une seule occasion ou à répétition. « Il peut s’agir de négligence, de violence psychologique ou financière... » cite en exemples Mme Roberts.

La politique couvre l’ensemble des employés du CIUSSS de l’Estrie, y compris bien sûr ceux qui œuvrent dans le soutien à domicile. Elle leur indique de façon claire et précise comment agir s’ils sont témoins de gestes de violence envers les usagers du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Mais il faut savoir que la plupart des cas de maltraitance sont effectués par des proches ou par d’autres usagers, pas par des employés », précise la directrice.

C’est maintenant clair pour tous les employés du CIUSSS : s’ils ont des doutes de maltraitance, ils ont l’obligation de signaler la situation au Commissaire aux plaintes et à la qualité des services du CIUSSS de l’Estrie. Sans attendre.

Le Commissaire aux plaintes et à la qualité des services du CIUSSS de l’Estrie-CHUS devra gérer tous les signalements reçus. Dans le cadre de cette politique, son rôle est crucial.

Depuis janvier, le commissaire est également mieux équipé pour classer les plaintes reçues. Jusqu’en décembre, le motif de plainte « maltraitance » n’existait pas, et de tels cas se retrouvaient classés sous d’autres types de plaintes sans qu’il soit possible de les regrouper et donc de les dénombrer. Le motif « maltraitance » comprendra aussi plusieurs sous-types spécifiques.

La violence institutionnelle est aussi incluse dans la politique. Des usagers pourront porter plainte s’ils sont insatisfaits des soins reçus dans un CHSLD, par exemple.

La directrice de la qualité, de l’éthique, de la performance et du partenariat au CIUSSS de l’Estrie-CHUS s’engage à ce que le processus de vérification soit rapide quand une plainte est déposée. « Notre objectif comme organisation est d’agir très rapidement quand des situations nous seront rapportées », précise Mme Roberts.

La police pourra être appelée en renfort si le commissaire aux plaintes le juge nécessaire. Mais pour les employés du CIUSSS qui seraient témoins de gestes de maltraitance, l’usage est de frapper à la porte du commissaire aux plaintes.

« Les plaintes au service de police en premier lieu sont réservées si un employé est témoin de maltraitance chez une personne qui n’est pas une usagère de nos services ou si la sécurité immédiate est menacée », précise Joanne Roberts.