L’ancien président français Jacques Chirac a séjourné durant trois semaines à l’Auberge Hatley avec son épouse en 2003, où il a pu s’entretenir avec le premier ministre de l’époque, Jean Charest.

Le chef Alain Labrie se souvient de Chirac

La visite de Jacques Chirac à l’Auberge Hatley, en 2003, reste gravée dans la mémoire du chef Alain Labrie. « C’est l’homme le plus important pour lequel j’ai cuisiné dans ma vie », révèle le propriétaire du restaurant La Table du chef à Sherbrooke.

Décédé jeudi matin, l’ancien président français a séjourné durant trois semaines à l’Auberge Hatley en 2003. Cet établissement hôtelier cinq étoiles profitait d’une solide réputation à l’époque. Mais il a été détruit par un incendie en 2006 et n’a pas été reconstruit.

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L’ancien président français Jacques Chirac était un grand ami du Québec

Entre autres, Jacques Chirac avait côtoyé l’ex-premier ministre du Québec Jean Charest au cours de sa visite en Estrie. M. Charest possédait alors un pied-à-terre dans le village de North Haltey, où se trouvait la fameuse auberge.

« J’avais parlé avec lui lors de sa visite, se souvient Alain Labrie. Ça avait été bien plaisant de le recevoir à l’auberge. En fait, j’en garde un excellent souvenir. On avait été très gâté. Ce n’était pas un client exigeant. Les gens le saluaient sans trop l’approcher et lui il leur rendait leur salutation gentiment. Il semblait être un homme agréable », raconte le restaurateur.

M. Labrie confie qu’il avait rapidement souligné à Jacques Chirac que l’Auberge Hatley se trouvait à la campagne, ceci afin de le prévenir que l’approvisionnement dans un établissement semblable relevait d’un processus plus lent que dans une ville comme Paris.


« J’en garde un excellent souvenir. On avait été très gâté. Ce n’était pas un client exigeant. Les gens le saluaient sans trop l’approcher et lui il leur rendait leur salutation gentiment. Il semblait être un homme agréable. »
Alain Labrie
Alain Labrie

Demandes spéciales

Au cours de son séjour, le président Chirac avait soumis quelques demandes spéciales au chef des cuisines de l’Auberge Hatley, qui avait fait le nécessaire pour les satisfaire.

« Ce n’était rien de compliqué. Il nous a entre autres demandé du poulet rôti et un spaghetti sauce bolognaise. Pour les pâtes, j’avais demandé à ma conjointe, Joëlle Beaupré, de me fournir sa sauce parce que moi je n’en faisais pas et que celle qu’elle prépare est excellente. »

Par ailleurs, Alain Labrie se rappelle qu’on l’avait prévenu que Jacques Chirac avait un faible pour les desserts. Mais, pendant son séjour, il n’en aurait pas même avalé un seul. « De toute évidence, on m’avait mal informé. »

L’équipe affectée à la salle à manger et aux cuisines de l’auberge a fait de son mieux pour répondre aux besoins du président. Or, sa mission était d’autant plus difficile à accomplir qu’elle ne pouvait se permettre de négliger le reste des 80 clients de l’établissement en raison de la présence de l’ancien politicien français.

Sécurité omniprésente

D’après les souvenirs d’Alain Labrie, plusieurs agents de sécurité étaient chargés de voir à la protection du président. « Il avait lui-même une équipe de cinq à six personnes autour de lui. Mais un gros groupe de la Gendarmerie royale du Canada travaillait en plus à l’extérieur de l’auberge », note-t-il.

Avant la venue de Jacques Chirac, les services de sécurité français avaient réalisé une enquête sur chacun des employés de l’établissement hôtelier qui étaient susceptibles de croiser le président. « On n’était pas nombreux à pouvoir l’approcher », relate M. Labrie.

Celui-ci rapporte enfin que, avant de quitter la région, Jacques Chirac avait invité au restaurant tous les membres de la GRC qui avaient été affectés à sa surveillance durant son séjour à North Hatley.